Un sage de bonne compagnie

François Brousse, poète et philosophe (1913-1995)

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Exposition – Rencontre avec François Brousse

Du 11 au 22 mars 2014 – Médiathèque de Prades

Réalisation : Thomas Harlay en collaboration avec Jean-Pierre Wenger

Photos

Panneaux de l’exposition

Visite aléatoire

Presse

L’Indépendant, édition Prades, le 13 mars 2014

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François Brousse un sage de bonne compagnie

Chaîne dédiée à la pensée et l’œuvre du poète et philosophe François Brousse (1913-1995)

François Brousse un sage de bonne compagnie
Rudolf Steiner était il un maître ?
F.B. : Je crois réellement qu'il était un maître. Cependant il plaçait, si je ne me trompe, Jésus au dessus de tous les maîtres et, là, c'était une erreur himalayenne. Jésus était un grand maître c’est certain, Bouddha était un maître aussi grand, Krishna était un maître sans doute plus grand encore. Il y a donc une multitude d'erreurs dans Steiner, mais, à part ce détail, on peut considérer que ce fut un grand maître. Tous ne sont pas parfaits, loin de là !
[…]

Peut on dire que l'humanité n'a que les maîtres qu'elle mérite ?
F.B. : C'est tout à fait vrai. L'humanité est un être collectif qui a les maîtres qu’il mérite. Pour l'instant, l'humanité a les maîtres qu'elle mérite, c'est à dire, les fous, les dangereux, les exterminateurs, les destructeurs et les torturants. Chacun a les maîtres qu’il mérite ! L'humanité est dans un état de décadence presque absolu. Elle ne peut être que détruite. J'espère qu'elle ne le sera pas. Il suffirait qu'il y ait une série d'êtres purs, végétariens, non violents et qui suivent les préceptes de la Vérité infinie, pour que l'humanité ne soit pas détruite en l'an 2015, malgré toutes les prophéties qui jaillissent du fond des âges. Il n'y a jamais d'absolue nécessité ni de fatalité. On peut toujours se tirer des situations les plus extraordinaires, par un effort qu'il faut qualifier d'extraordinaire aussi.

Cénacle du 27 juin 1992 paru dans le B.M.P., n°158 & 159 – octobre & novembre 1997
Entretien François Brousse - 27 juin 1992 - Rudolf Steiner – Maître – Végétarisme – Non-violence
Entretien avec François Brousse

Que penses tu de la poésie surréaliste ?
F.B. : Elle est admirable en ce sens qu'elle est en dehors du réalisme. Mais le grand maître de la poésie surréaliste est avant tout André Breton si je ne me trompe. Il est arrivé à ceci qu’il a dépassé et de beaucoup les petitesses du surréalisme. Le surréalisme, cela peut être par exemple : je pose mon pied au milieu d'une flaque d'eau et j'ai immédiatement une sensation. Cette sensation nouvelle, inattendue, ferait partie d'une poésie, d'accord ! Mais si je pose mon pied au milieu d'un océan d'astres, j'ai également une autre sensation et cette sensation est peut être bien plus vaste et bien plus profonde. Le surréalisme commence un peu naïvement par le dadaïsme et il finit splendidement par la contemplation des cieux étoilés. Je crois que Breton a commencé effectivement cette évolution, il n'est pas allé jusqu'au bout, mais il n'en était pas très loin. C'est quand même un très grand poète et il aurait pu, je crois, arriver à être le poète essentiel de l'illimité et de l'infini. 

[…]

Est ce que le comte de Saint Germain était un conteur ?
Il a raconté tellement de choses merveilleuses et fantasmagoriques qu'on peut le considérer comme le plus étonnant des conteurs. Ce qu'il dit est toujours très beau, non seulement très beau, mais, en même temps, étonnant, fantastique. Il dépasse de beaucoup la pensée habituelle qui ne va infiniment pas plus haut que le physique, le sensuel et le sensoriel. Donc il est un étonnant conteur. Et il me l'a démontré à chaque instant dans tout ce qu'il a dit, notamment dans ses Mémoires. Dans tout ce qu’il a dit, il parle d'une merveilleuse manière, de façon à raconter sans cesse d'effarantes réalités qui tiennent plus de l'imagination et du rêve que du réel, mais qu'importe. […]

Il a écrit un curieux poème où il dit :

Les temps vont arriver où la France imprudente
Parvenue aux malheurs qu'elle eût pu s'éviter,
Rappellera l'enfer tel que l'a peint le Dante.
Reine, ce jour est proche, il n'en faut plus douter !

Et il déclare qu'il y aura d'effroyables démences qui régneront et il conclut :

Enfin, fermant l'abîme et né d'un noir tombeau
Grandit un jeune lys plus heureux et plus beau .

Ce lys, c'est la poésie et c'est la vision, car en réalité, après la mort du roi Louis XVI et les convulsions révolutionnaires, l'être qui est venu n'était ni plus beau ni plus grand. Ce fut Louis XVIII, intelligent sans doute, mais sans aucune véritable grandeur dans l'esprit. Le lys représente l'ouverture du troisième œil qui se produit au milieu des convulsions du monde. Ceux qui arrivent à voir dans le monde, au delà de ces convulsions, le souffle qui les entraîne vers l'évolution divine, ceux là sont, en quelque sorte, sauvés et ils goûteront le baiser de l'infini, comme je l'ai dit.

Cénacle du 23 novembre 1991 paru dans Revue BMP N°176-177, mai-juin 1999
Entretien François Brousse - 23 novembre 1991 - Poésie – Surréalisme – André Breton – Saint-Germain
Qu'entend-on par soleil noir ?
F.B. : Il y a plusieurs soleils, mais le soleil noir est celui qui existe au-dessous dans le dernier des chakras, le chakra le plus bas qui est en effet un soleil noir. Dans ce soleil noir, il y a la transparence de notre être le plus inférieur et, si nous arrivons à le connaître, la seule puissance de notre regard suffira pour le détruire. C’est évidemment extrêmement difficile. 
Une autre interprétation du soleil noir, c'est en réalité la vision suprême. Lorsque nous arrivons à l'absolu, c'est l'union du yang et du yin, de la nuit et du jour, c'est le soleil noir. La contemplation du soleil noir est la preuve que nous avons atteint l'illumination. C'est ce que Hugo a dit au dernier moment de sa vie : « Je vois de la lumière noire. » Effectivement, cette lumière noire, c'est le soleil noir, c'est le resplendissement, c'est la perfection et l'union de tous les contraires. Nous arrivons à l'unité divine au-delà du temps, de l'espace et de la causalité. Le temps est alors aboli, nous remontons le temps. L'espace est alors aboli, nous ignorons l'espace pour reconnaître l'infini. La causalité est abolie, nous détruisons la causalité pour atteindre à la liberté absolue et suprême. Mais cela, nous le verrons plus tard.

Est-ce que c'est le même symbole que la Pierre noire des musulmans ?
F.B. : Exactement. Les mêmes symboles se retrouvent : la Ka’ba est la Pierre noire des musulmans. Certaines sectes musulmanes ont d'ailleurs dit, à un moment donné, que c’était la pierre autour de laquelle le monde avait été construit, qu'elle était antérieure à l'univers et qu'elle serait ultérieure à l'univers. Quand l'univers sera détruit, subsistera la Pierre noire. 

[...]
Que penses-tu de la puissance et de la gloire ?
F.B. : La puissance sur un plan inférieur, c’est d’avoir la puissance sur les êtres humains grâce à sa position sociale, et la gloire c'est d’avoir la puissance sur les êtres divins grâce à l'éveil du septième chakra, grâce à l'éveil, si l'on peut dire, de l’Être. Comme le disaient d’ailleurs certains sages, notre âme plane au-dessus de notre corps à environ cinquante centimètres au-dessus de la tête. C'est inattendu ! Il suffit de se concentrer sur cet être prodigieux, qui est un soleil resplendissant et infini, pour être en quelque sorte arraché à la tristesse du monde terrestre, car le monde terrestre est triste. Nous sommes un des mondes les plus imparfaits qui soit. C'est là qu'il y a le plus de déments et de démons. Nous en sortirons quand même, car le sage bâtit le paradis au creux même de l'enfer. C'est ce que nous faisons. Si nous arrivons par les respirations, par les méditations et par la concentration mentale à faire une véritable hotte de lumière autour de nous, nous serons sauvés et nous pourrons créer le ciel jusque dans le creux de l'enfer. 

Est-ce qu'il existe une relation entre le soleil noir qui est dans le chakra au-dessous de nos pieds et toutes les énergies telluriques qui montent de la Terre ? 
F.B. : Oui d’accord ! Comme je vous l'ai dit, il y a un soleil noir à l'intérieur de la Terre, un soleil magnifique mais sombre. Autour de ce soleil tournent plusieurs mondes, trois habituellement : le monde des gnomes, le monde des fées et le monde intermédiaire. Ces mondes s'entrecroisent et j'ajouterai que les tremblements de terre proviennent souvent de la non-entente entre ces trois mondes, ce qui fait que, à la fin des temps, ces trois mondes seront dans une telle mésentente qu’un tremblement de terre parcourra toute la planète et que toutes les montagnes s'effondreront. Nous n'en sommes pas encore là, et je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir que nous avons d'être ensemble par cette vision infiniment destructrice de l'univers. 

D'où vient leur mésentente ?
F.B. : Elle vient de ce que chacun veut parfois s'imposer à titre personnel au lieu d'admettre qu'il est une harmonie avec les autres. C’est toujours la fameuse histoire. On ne sait jamais où il faut aller. Surtout actuellement, nous sommes à la fin des âges, nous sommes à la fin du Kali Yuga, et chaque période est plus mauvaise que la période précédente. On en est encore à l’histoire des enfants du Verseau, mais les enfants du Verseau seront pires que les enfants des ères précédentes. C'est mauvais tout ce que je dis là, mais c'est malheureusement vrai et parce que c'est vrai, nous pouvons nous en apercevoir et si nous en prenons conscience, nous pourrons le dépasser. Il suffit de lire le vers de Hugo : « L'œil de Dieu reste ouvert dans l'ombre de mon âme  », et si l'œil de dieu est toujours ouvert, tout s'effacera. Il suffit donc que l'œil de Dieu regarde une imperfection pour que cette imperfection disparaisse. Encore faut-il devenir Un avec l'œil de Dieu. 

François Brousse
Entretien, Clamart, 24 avril 1993 dans Revue BMP N°195 – janvier 2001
Entretien François Brousse - 24 avr. 1993 - Soleil noir - L’absolu – Kali Yuga – l’ère du Verseau
Bachelard dit que l'instant poétique est vertical alors que l'instant de la prose est horizontal, que penses-tu de cette idée ?
F.B. : L'instant poétique est vertical parce qu'il s'envole et la prose n’est jamais qu’horizontale, elle reste banalement dans le monde. 

Cela dépend qui l'a écrite. 
Maintenant il s’agit de s'entendre sur la prose ! Parce que si c’est Hugo qui l’a écrite, c’est prodigieux, d'accord ! Évidemment si c'est Prévert cela ne va pas très haut !

Et Boileau ?
F.B. : Boileau est quand même curieux. Il est arrivé à être un peu poète. La grâce touche tout le monde, c'est le propre de la grâce, elle tombe sur quelqu'un qui ne le mérite pas ou qui ne semble pas l'avoir méritée et, brusquement, ce quelqu'un écrit un chef-d'œuvre. 

C'est le cas de François Coppée.
F.B. : Oui. C'est le cas de Coppée par exemple, l’auteur de « L’hirondelle du Bouddha  ». Il a écrit cette chose prodigieuse et il ne le savait pas. Il a été touché par la grâce, c'est tout ce qu'on lui demande. Vous remarquerez d'ailleurs que la plupart des poètes, quand ils s'entêtent, finissent par écrire un vrai chef-d'œuvre, et puis c'est fini, mais enfin, ils l'ont écrit. Par leur entêtement et leur amour pour la poésie ils rencontrent Dieu, si l'on peut dire, car Dieu est toujours là, Il est en train de nous guetter : nous avons beau nous rouler dans l'imperfection, Il est là et Il tâche de nous éveiller en nous tirant l'oreille par exemple. Il se débrouille toujours pour être le chasseur des âmes et quand les âmes sont prises par Lui, elles rentrent dans l'éternité. Mais attention, je redis ce que je disais : il faut être végétarien, non-violent et avoir une foi parfaite dans son Maître, c'est tout mais cela suffit. 

François Brousse
Cénacle du Samedi 26 juin 1993 paru dans Revue BMP N°198 à 202, mars-juill. 2001
Entretien François Brousse - 26 juin 1993 - Bachelard – Poésie – Prose – Hugo – Prévert – Grâce
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François Brousse (1913-1995), poète, essayiste, conférencier, penseur français, auteur d’une centaine d'ouvrages : poésie, métaphysique, ésotérisme...

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Maître à l'honneur Rudolf Steiner (1861-1925)

Extraits :

Rudolf Steiner est un personnage extraordinaire et on peut dire qu’il fait partie des grands initiés. 

François Brousse
Conf. « L’Apocalypse (17, 3-4) », Prades, 21 avril 1977

Pédagogue génial, philosophe éminent, ésotériste de premier ordre, Rudolf Steiner fit d’abord partie de 
la Société théosophique, puis brisa avec elle en 1913.

Il voulut édifier une anthroposophie, une science de l’homme pour l’opposer à la théosophie, une science de Dieu.

En réalité, les deux sciences se rejoignent sous les yeux de l’aigle 
qui plane.

François Brousse
Nostradamus ressuscité, t. 3, Clamart, 
Éd. La Licorne Ailée, 1998, p. 326

Rudolf Steiner admettait comme Annie Besant et Blavatsky la réincarnation, le karma ainsi que la succession des maîtres.

Qu’est-ce qui l’empêchait d’être toujours théosophe ? Eh bien c’est Jésus et c’est Krishnamurti.

Pour les théosophes, le maître le plus grand qui a paru sur la Terre, c’est 
le Bouddha. Et pour Rudolf Steiner, c’était semble-t-il Jésus. De là, une opposition.

La deuxième opposition est venue avec Krishnamurti. On avait présenté Krishnamurti comme étant la réincarnation de Jésus et Rudolf Steiner ne l’a jamais admis. Il prétendait que Jésus est l’axe essentiel du monde et qu’à partir de lui, le monde a changé de direction et qu’il a été sauvé. 

François Brousse
Conf. « L’Apocalypse (17, 3-4) », 
Prades, 21 avril 1977

Le grand Rudolf Steiner a en quelque sorte trouvé la perfection, il est un des maîtres de la pensée humaine et divine.

François Brousse
Conf. « Le symbolisme du Graal », 
Paris, 19 nov. 1993

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