Les Maîtres

 Présentation de maîtres à partir de textes de François Brousse

Ci-dessus, une liste non exhaustive de maîtres, considérés comme tels par François Brousse,

à partir d’extraits d’ouvrages, d’entretiens, de conférences, avec aussi des pensées et des poèmes de l’auteur

Chaque mois, découvrez une nouvelle figure, homme ou femme d’exception.

À l’origine des temps, il existe de grands poèmes métaphysiques. Le plus célèbre est celui de Rama. Dans le Ramayana, Rama est le héros qui a transmis au monde un message d’amour, de force et de pureté.

Le Ramayana nous apprend que l’éternel Brahman a trois têtes qui peuvent s’appeler Brahmâ, Vishnou et Siva.

Ces trois têtes jettent sur la Terre des regards resplendissants, chacun de ces regards s’incarnant dans un homme exceptionnel.

Les regards de Vishnou sont les réformateurs religieux, par exemple Jésus, Bouddha, Krishna, peut-être Mahomet, Confucius, Lao-Tseu, Orphée, qui apportent une sagesse nouvelle à toute l’humanité.

Les regards de Siva, brûlants, flamboyants, pénétrants, bouleversant le cœur et les entrailles de l’humanité, s’appellent les métaphysiciens. Toujours, à l’origine des temps, de vastes esprits ont voulu expliquer l’humanité, non pas sur un plan banal, ni à travers la science – inexistante à ce moment-là – mais à travers une explication colossale de l’univers dans son ensemble et dans sa profondeur. On les appelle dans la suite des siècles Patanjali, Sankaracharya, Ramanuja, Rabindranath Tagore et surtout Aurobindo Ghose. Parmi les Européens, si j’ose dire, on rencontre Pythagore, Apollonios de Tyane, Platon, pratiquement tous les Alexandrins, les philosophes néo-alexandrins de Florence avec Campanella et Giordano Bruno, et le dernier plus ou moins à l’éclair de nos jours, serait Jasper. À travers ces êtres extraordinaires et d’autres encore, se manifeste la toute-puissance de Siva.

D’autres sont enfin les regards brillants, colorés, radieux, irisés de Brahma, l’esprit pur, l’intelligence parfaite. Il s’est par exemple incarné dans Valmiki, le poète qui a chanté les exploits de Rama, tandis que Vishnou s’incarnait dans Rama, le héros civilisateur. Il y a donc toujours eu au commencement des temps de grands poètes, essentiellement des poètes civilisateurs et aussi des poètes visionnaires. […] Voilà une idée du poète : il est avant tout un grand métaphysicien et un grand visionnaire.

En effet, j’ai signalé que les métaphysiciens sortaient du regard flamboyant de Siva, les héros civilisateurs du regard plus doux de Vishnou et les grands poètes du regard irisé de Brahma, mais il est certain que dans chacun de ces trois types d’homme se retrouvent les qualités des deux autres. En somme le grand métaphysicien est aussi, au second plan, un grand poète et un grand réformateur religieux –, de même chaque réformateur religieux est à la fois un grand poète et un grand métaphysicien ; enfin, chaque grand poète est également un grand métaphysicien et un grand réformateur religieux. Voilà des éléments nouveaux qui font partie de la trinité sacrée de l’intelligence humaine.

François Brousse

Poésie langage de l’âme, Vitrolles, Éd. de la Neuvième Licorne,  2008, p. 12-14

 

Maître à l’honneur

Novembre 2026

AKH-EN-ATON

Égypte, 1372-~1352/1358 av. J.-C.

Aton représente le Disque solaire, symbole du Dieu unique

dont la bonté soutient la vie des mondes.

Aton fut adoré par le fameux Aménophis IV [Akh-en-ATon],

premier monothéiste, premier pacifiste et premier féministe de l’histoire.

 

François Brousse
Les Secrets kabbalistiques de Victor Hugo, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1985, p. 93 

Akh-en-Aton, fils d’Aton

Ce surhomme au visage souriant adorait Dieu, l’Invisible Roi, et son image éblouissante, le disque solaire.

Il se proclamait le Fils d’Aton, l’Inspiré du Créateur. Plus encore, le pharaon transcendé affirma que seul l’amour peut nous conduire à l’immortalité. Sans doute faisait il allusion à la doctrine secrète des réincarnations, familière aux Initiés d’Hermès Trismégiste.

Mais ces derniers supposaient (quelques-uns d’entre eux) que la magie rituélique suffisait pour arracher l’âme des morts à la fascination des vies successives, et des chaînes planétaires. L’Aigle atonien volait plus haut et voyait de plus vastes horizons. Il proclamait que l’amour, supérieur à la magie, était seul capable de briser le carcan des réincarnations. Les humains au cœur plein d’amour montaient, après leur trépas, dans la gloire éternelle de Dieu.

Énorme révolution que son temps, et peut être le nôtre, sont incapables de comprendre. C’est pourquoi, à l’amour, son disciple Moïse substitua la justice, plus proche de l’esprit humain.

Ce mage sublime régna dix-huit ans sur la vie bouleversée de 1370 à 1352 avant l’ère chrétienne.

François Brousse
« L’année pyramidale » dans Revue BMP N°3, août 1983

LES FRÈRES INVISIBLES

Ô Frères dont les cœurs se mettent à genoux
À côté de mon cœur dans l’Église ignorée !
Ô Frères dont les mains effleurent mes yeux fous
Qu’enveloppe l’encens aux bleuâtres fumées !

Enlacés par l’ivresse unanime des vers
Venez des tours dorées de Thèbes et de Palmyre,
Venez, vous dont les chants surnaturels gémirent
Le rythme merveilleux dont vibre l’univers !

Pareils aux aigles bleus survolant les pilastres,
Venez du fond sombre des nues,
Ô Rois vaincus du Rêve, inspirés par les astres
De constellations inconnues !

Vous dont le sang jaillit dans les hauteurs glacées
Par un gel éternel et noir,
Venez poser vos mains d’opales condensées,
Sur le front de mon désespoir.

Vous qui viviez recrus par les effluves lourds
De la vie aux splendeurs sauvages,
Imperators du songe, emportez mon amour
Dans la spirale des nuages !

Vos souffles se brisant en convulsions tragiques
Sont devenus un hymne ardent…
Emportez-moi vivant dans les palais magiques
Entre la Croix et le Trident !

Prenez mes yeux, prenez mon coeur, prenez mon front
Comme des fleurs de fer dans vos pâles mains blondes
Et leurs corolles redoutables grandiront
Dans l’atmosphère d’or traversée par les mondes.

François Brousse

Le Rythme d’or, dans Œuvres poétiques – Tome 1, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, p. 174