Steiner l’anthroposophe
Pédagogue génial, philosophe éminent, ésotériste de premier ordre, il fit d’abord partie de la Société théosophique, puis brisa avec elle en 1913.
Il voulut édifier une anthrophosophie, une science de l’homme pour l’opposer à la théosophie, une science de Dieu.
En réalité, les deux sciences se rejoignent sous les yeux de l’aigle qui plane.
François Brousse
Nostradamus ressuscité, t. 3, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1998, p. 326
La perle inaltérable de la Science divine a fait palpiter bien des mains savantes,
les Rishis du Gange, les Initiés de l’Égypte, les mages de Babylone et de Persépolis,
les druides de la Celtide, les philosophes de l’Hellade, les gnostiques du christianisme,
les soufis de l’islam, les chevaliers du Temple et de la rose croix, les albigeois du Midi rayonnant,
les théosophes de Blavatsky, les anthroposophes de Steiner,
tous les chercheurs de l’absolu…
François Brousse
La Trinosophie de l’étoile Polaire, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1990, p. 39
Un grand initié
Rudolf Steiner est un personnage extraordinaire et on peut dire qu’il fait partie des grands initiés.
Des grands initiés d’Occident, il en a pratiquement toutes les qualités y compris la croyance en la réincarnation et au karma qu’il a toujours affirmée, dont il ne s’est jamais départi. Il a commencé par être le représentant de la Société théosophique en Allemagne. Puis il s’en est séparé, pourquoi ? C’est très difficile à dire. Il admettait comme Annie Besant et Blavatsky la réincarnation, le karma ainsi que la succession des maîtres.
Qu’est-ce qui l’empêchait d’être toujours théosophe ? Eh bien c’est Jésus et c’est Krishnamurti.
Pour les théosophes, le maître le plus grand qui a paru sur la Terre, c’est le Bouddha. Et pour Rudolf Steiner, c’était semble-t-il Jésus. De là, une opposition.
La deuxième opposition est venue de quelque chose de beaucoup plus grave, avec Krishnamurti. On avait présenté Krishnamurti comme étant la réincarnation de Jésus et Rudolf Steiner ne l’a jamais admis. Il prétendait que Jésus est l’axe essentiel du monde et qu’à partir de lui, le monde a changé de direction et qu’il a été sauvé. C’est un point de vue intéressant, un point de vue que j’appellerai christique, qui n’est peut-être pas absolument convaincant.
Le Goetheanum
C’est un être assez extraordinaire. Il avait bâti le Goetheanum à Dornach [Suisse] , dans lequel il enseignait toutes les sciences possibles, y compris une nouvelle éducation, une nouvelle biologie et on peut dire qu’il aurait presque trouvé le remède contre le cancer. C’est un personnage. Dans le Goetheanum, Il y avait tout, de l’alchimie, de l’astrologie, de la biologie, pratiquement toutes les sciences possibles et imaginables.
Il était un admirateur éperdu de Goethe et on le comprend. Goethe – de là le mot Goetheanum –, Goethe étant un très grand initié, presque – pas tout à fait quand même – de la taille de Hugo et il est normal qu’il ait fasciné un esprit aussi remarquable que Rudolf Steiner.
Il lui est arrivé une désagréable aventure : le Goetheanum a été brûlé. Dans quelles étranges circonstances ? C’est difficile à dire. Il semble qu’il l’ait été volontairement. Le Goetheanum a été incendié et celui qui a mis le feu serait un jésuite de la ville de Dornach. On l’a retrouvé mort d’ailleurs, le personnage en question, au milieu des flammes, victime de son propre crime.
Le Goetheanum a été reconstruit et je crois qu’il est un véritable centre de spiritualité universelle.
François Brousse
Conférence « L’Apocalypse (17, 3-4) », Prades, 21 avril 1977
Steiner, personnage fabuleux qui a laissé une marque ineffaçable dans l’histoire du monde.
Je laisse de côté ses livres d’une merveilleuse beauté, notamment les commentaires de Marc, Luc, Matthieu, Jean, de l’Apocalypse, son ouvrage sur les mystères chrétiens et les mystères antiques, son manuel sur l’Initiation et d’autres, par exemple Essai d’une cosmologie psychologique (1), résultat de dix-huit conférences absolument fantastiques, secrètes d’ailleurs, et qui ont été relatées par le grand écrivain français Édouard Schuré, son disciple émerveillé.
(1) – L’ouvrage correspond à L’Ésotérisme chrétien : Esquisse d’une cosmogonie psychologique, regroupant des conférences données à Paris en 1906 par Rudolf Steiner et transcrites par l’écrivain Édouard Schuré.
François Brousse
Conf. « Les mystères de la mort », Perpignan, 6 févr. 1979
dans Le Livre des révélations – Tome I, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 81
Rudolf Steiner a eu une enfance extraordinaire.
Il est entré en contact avec tous les génies de la Forêt noire. Sa jeunesse fut marquée par l’empreinte
du rêve et du fantastique.
François Brousse
« Propos de table – François Brousse répond aux questions de ses amis » dans Revue BMP N°91, juill. 1991
Rudolf Steiner était il un maître ?
F.B. : Je crois réellement qu’il était un maître. Cependant il plaçait Jésus au-dessus de tous les maîtres et, là, c’était une erreur himalayenne.
Jésus était un grand maître, Bouddha était un maître aussi grand, Krishna était un maître sans doute plus grand encore.
Il y a une multitude d’erreurs dans Steiner, mais, à part ce détail, on peut considérer que ce fut un grand maître.
Tous ne sont pas parfaits, loin de là !
François Brousse
Entretien (Extrait), 27 juin 1992, Clamart, dans Revue BMP N°158-159, oct.-nov. 1997
Le grand Rudolf Steiner a en quelque sorte trouvé la perfection,
il est un des maîtres de la pensée humaine et divine.
Le seul défaut qu’on puisse peut-être trouver en lui, c’est qu’il semble croire que Jésus est le plus parfait,
que le Christ est le plus parfait des êtres, mais en réalité il existe une infinité d’êtres
qui sont encore plus parfaits que lui et qui s’étagent à l’infini.
Après une perfection, on trouve une autre perfection, après cette seconde perfection,
on trouve une troisième perfection…
On peut considérer Steiner comme l’un des grands maîtres de l’humanité.
François Brousse
Conf. « Le Symbolisme du Graal », Paris, 19 nov. 1993
Steiner et Blavatsky
Rudolf Steiner semble avoir connu, lui, le fondateur de l’anthroposophie, les mystères les plus étranges et les plus profonds du cosmos. Entre lui et Blavatsky, deux simples divergences. Elles contiennent, l’une et l’autre, une certaine part de vérité.
Première différence : pour Steiner, l’axe fondamental du cosmos, c’est l’incarnation du Christ ; tandis que pour Blavatsky, Jésus n’est qu’un homme de la sixième race, et il existe un homme de la septième race, le Bouddha. Elle place donc le Bouddha au-dessus de Jésus. Ce que nous pouvons peut-être dire, nous, c’est que l’un et l’autre atteignent un degré de connaissance parfaite et d’illumination totale.
La deuxième différence se ramifie à propos du diable. Pour Steiner, le démon serait une entité réelle. Il n’affirme pas qu’elle soit éternelle, non, bien entendu. Mais il affirme qu’il s’agit d’une entité consciente qui agit consciemment sur le cosmos. Tandis que pour Blavatsky, ce serait plutôt une entité inconsciente, une grande force impersonnelle qui ne pourrait pas nous marquer d’une manière précise.
Les deux théories sont probablement vraies l’une et l’autre et nous pouvons croire qu’il y a Typhon, la grande force astrale impersonnelle, le tourbillon purificateur, la flamme rénovatrice et dévorante qui tue les audacieux, les téméraires et les impurs – c’est assez dur ce que je dis là –, qui transfigure les purs et qui, par conséquent, joue un rôle immense dans l’assainissement du cosmos.
Mais il se peut très bien qu’à côté de cela existent des entités tombées qui agissent d’une manière personnelle. Parmi ces entités, on peut compter celui que l’on appelle Lucifer et dont la Bible nous parle en termes extrêmement voilés.
François Brousse
L’Évangile de Philippe de Lyon, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1994, p. 25
Plusieurs grands prophètes peuvent s’incarner en même temps sur divers points du globe, de manière à tendre un filet de lumière où seront prises les âmes. Ils apporteront des doctrines différentes, quoique parallèles, et formeront en leur multiplicité, une seule Incarnation divine. Chacun d’eux contient un fragment du même esprit collectif. C’est le mystère de l’Un dans le multiple, et du multiple dans l’Un, mystère spirituel par excellence.
Ainsi, parurent presque simultanément Pythagore en Grèce, Bouddha et Jaïn, aux Indes, Lao Tseu et Confucius en Chine. Cinq lumières vivantes ! Et nous touchons là un nouvel aspect du Pentacle.
À l’époque de Jésus, Jean Baptiste, fondateur des nazoréens, le Maître de Justice, réformateur des esséniens, Apollonius de Tyane, rénovateur de l’hellénisme, et le dernier Hermès Trismégiste, complètent l’arbre de vie aux cinq brillantes fleurs.
Nous devons donc nous attendre à cinq prophètes du Verseau, comme un bosquet de cèdres chargé d’espérances et de puissances.
Une femme, Helena Blavatsky, créatrice de la Société théosophique, a ouvert la galerie des cinq surhommes. Une femme, car nous sommes dans l’âge du Verseau, qui se pénètre d’effluves féminins.
Puis, un des plus grands voyants de tous les temps, formateur de l’anthroposophie, ou sagesse de l’homme : Rudolf Steiner.
Enfin, Krishnamurti, l’âme qui s’est assimilée à la vie universelle. Ce dernier, plus dur, plus âpre que les autres, mais supérieurement inspiré.
Restent deux alcôves encore vides, où se poseront les deux statues divines. Quels sont les noms prestigieux de ces Grands Messagers ?
François Brousse
Une Torche aux astres allumée, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1989, p. 88-89
La flamme la plus pure de la gnose chrétienne est l’albigéisme,
que le poing de fer de l’Inquisition éteignit. […]
Il renaît actuellement, sous l’influence des lois cycliques.
Des organisations cathares, cathédrales de cœurs inspirés, lancent leurs flèches d’azur
vers le zénith qu’emplit le vol de l’Esprit saint.
L’une d’elles, en France, s’apparente à l’étoile anthroposophique,
allumée par Rudolf Steiner, sur les pures montagnes.
Rudolf Steiner considérait Goethe comme son maître spirituel.
François Brousse
Une Torche aux astres allumée, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1989, p. 102
Les Astéroïdes
Ce fleuve de planètes roule ses milliers de flots entre Mars sanglant et l’énorme Jupiter. De nombreux mondes-pygmés s’entrecroisent là où l’on s’attendrait à trouver une grande planète, maillon normal de la chaîne Mercure-Saturne.
Ce phénomène s’explique-t-il par l’attraction toute puissante du géant Jupiter qui, empêchant la nébuleuse voisine de s’agglomérer en un seul astre, l’aurait émiettée en débris infimes ? La matière nébulaire incapable de former un seul titan aurait enfanté une multitude de nains. La frappe céleste, ne pouvant créer une pièce d’or, l’aurait monnayée en myriades de sous…
Une autre explication admet au contraire la formation primitive d’une vaste planète qui, par la suite d’un cataclysme cosmique, aurait éclaté en flamboyants débris. Les Astéroïdes seraient donc les fragments d’une explosion énorme.
Une planète entière, disloquée par un feu terrible et s’évanouissant en astéroïdes, telle serait l’hypothèse. Rudolf Steiner, le puissant voyant, déclarait que ces microbes de l’azur provenaient d’un monde détruit par les lois divines.
Sur ce monde maudit, les anges rebelles voulurent construire une race de surhommes qui, rejetant Dieu, trouvaient en eux-mêmes toutes les jouissances ; mais cette tentative impie aboutit à l’écrasement des lucifériens et à la désagrégation de leur planète.
Sans adopter l’hypothèse du grand anthroposophe, on peut se demander si cette terre disparue n’avait pas engendré, comme la nôtre, des plantes, des animaux et des hommes qui, de progrès en progrès, connurent les redoutables secrets atomiques. Mais ils parvinrent, eux, à libérer complètement la prodigieuse énergie que nous libérons seulement en partie. Leur orgueil et leur méchanceté firent le reste. Le feu des forces cachées embrasa leur globe, le désintégra dans les ténèbres de l’espace.
Et nous pouvons voir rouler, avec les Astéroïdes, les menaces qui s’accumulent sur toute l’humanité ayant perdu le sens du divin et acquis la science de la mort.
François Brousse
Le Secret des tombes royales, Clamart,Éd. La Licorne Ailée, 1991, p. 40-41
Question: Parlez-nous de Rudolf Steiner.
Il a eu une enfance extraordinaire. Il est entré en contact avec tous les génies de la Forêt noire. Sa jeunesse fut marquée par l’empreinte du rêve et du fantastique. Il entra à la Société théosophique et créa en Allemagne une structure ésotérique extrêmement puissante. Ensuite, il se sépara de la Société théosophique [1913] pour deux raisons.
D’abord Jésus. Pour lui, Jésus était l’axe essentiel de l’univers et si son incarnation n’avait pas eu lieu, le monde aurait continué de descendre dans les abîmes, les bas-fonds. Or, pour les théosophes, l’être essentiel, ce n’est pas Jésus, c’est Bouddha.
D’une manière générale, on pourrait dire que les théosophes admettent que Jésus est un homme de la sixième race et Bouddha un homme de la septième. Jésus aurait atteint la plénitude du génie de la race bleue, et Bouddha la plénitude du génie de la race violette, c’est-à-dire qu’il serait l’un des êtres les plus développés de la Terre. Il me semble que cette croyance est exacte et que la grandeur du Bouddha dépasse celle de Jésus. L’erreur de Rudolf Steiner, c’est d’avoir fait de Jésus-Christ l’axe même de l’univers.
La deuxième erreur, à mon avis, c’est de croire que Satan existe réellement. Steiner savait pourtant que Satan serait transformé, est-ce ou non une erreur pour les théosophes de cette époque ? Ils pensaient que Satan n’était qu’une force impersonnelle et destructrice, alors qu’il en faisait, lui, un être conscient, une puissance maléfique envers les téméraires ou les ignorants.
Steiner s’était amusé à évoquer Satan dans son Goetheanum, son temple laboratoire ainsi nommé parce qu’il considérait Goethe comme le plus grand des initiés. Rudolf avait reçu directement une initiation de l’esprit de Goethe passé dans des plans merveilleusement supérieurs. Il pensait qu’il était prédestiné à la fois à dévoiler les arcanes de Goethe et les arcanes du cosmos.
Il a recréé dans son Goetheanum tous les arts et toutes les sciences. Il a écrit des pièces de théâtre absolument magnifiques. Il fonda une nouvelle médecine basée essentiellement sur le gui, et grâce aux différentes espèces de gui, il pouvait, semble-t-il, guérir tous les cancers.
Il connaissait également une manière de quitter son corps pour s’élancer dans les espaces infinis.
Il s’est heurté d’une manière extrêmement curieuse aux jésuites de Dornach qui l’empoisonnèrent en 1924. Je ne parle pas de l’ordre général des jésuites, mais de quelques individus fanatiques. Ils ont d’abord mis le feu au Goetheanum, espérant bien que Steiner serait brûlé dans l’incendie. Il s’en est échappé. C’est comme une préfiguration de l’incendie du Reichstag. On a retrouvé dans les ruines calcinées du Goetheanum les débris d’un homme bossu, or il n’y en avait qu’un seul à Dornach, c’était un jésuite. On ne l’a plus revu. Il a été pris par sa propre criminalité. Il a mis le feu et n’a pas pu s’enfuir. […]
Il avait créé l’anthroposophie, sagesse de l’homme, par réaction à la théosophie, sagesse de Dieu. Il déclarait que vouloir connaître la sagesse de Dieu était beaucoup trop ambitieux. Il a étudié les différents mécanismes de l’être humain. Ce qu’il dit est habituellement vrai, sauf ce point de vue d’axer tout sur Jésus-Christ. Il a créé une nouvelle forme d’éducation, qui donne des résultats remarquables.
Enfin, il est sur un autre plan la réincarnation de l’apôtre André. « André » veut dire l’homme et
« Anthropos » également.
Il n’est pas dit qu’il ait rencontré Philippe de Lyon, mort en 1905, réincarnation d’un autre apôtre, Philippe. Toutefois, ils ont pu communiquer sur le plan astral.
Un autre détail révélateur. Steiner faisait partie dans un certain sens de l’Avatar du XIXe siècle. Et cela explique pourquoi il a parlé avec tant d’admiration de Hugo, surtout dans son livre La Vie après la mort, petit opuscule dans lequel il donne les réincarnations des grands hommes. Je ne sais pas s’il parle de Jean à propos de Hugo, mais il déclara qu’Olympio [Nom secret de Hugo] a été un très grand initié, et il indique comment cet initié est arrivé dans le monde celtique à une aventure vertigineuse et comment avant de naître sur la Terre, en tant que Victor Hugo, il avait reçu l’initiation de Saturne, ce qui lui permettait de connaître l’avenir du monde.
Rudolf Steiner a eu comme disciple un certain Édouard Schuré. Aussitôt qu’il l’a vu, Schuré a compris qu’il avait affaire à son maître. Il s’est dévoué intégralement à lui. […]
L’erreur de cette adoration unique envers Jésus, comme le fit également Papus, aboutit à des conséquences plus ou moins aberrantes. Notamment cette affirmation que le monde va aller de mieux en mieux, et que nous allons vers l’âge d’or, à cause de Jésus, ce qui n’est pas tellement évident. Quand Jésus est arrivé, le monde était abominable, et quand il est parti, l’univers était plus abominable encore ! Depuis, cela va en se dégradant. On distingue dans les affirmations de Steiner cette erreur énorme.
Il a écrit le livre L’Initiation dans lequel il donne des méthodes extrêmement efficaces pour aboutir à l’éveil de l’esprit divin en nous. Lui-même était allé très loin dans la clairvoyance. On l’avait défié de reconnaître immédiatement si un objet est vivant ou inerte. Il se prêta à l’expérience. Sur mille grains de blé, qu’on lui présenta, deux étaient stérilisés. Il les a trouvés immédiatement. Un exploit assez fabuleux !
Steiner était aussi capable de quitter son corps. On l’a accusé d’avoir été le conseiller d’hindenburg et de ludendorff. On a prétendu sans preuve qu’il aurait été l’inspirateur de cette effroyable offensive de 1918 qui a failli faire capituler la France et l’Angleterre. Il n’existe aucun document pour étayer cette affirmation. Il avait une vision cosmique de l’univers, très peu nationaliste.
François Brousse
« Propos de table – François Brousse répond aux questions de ses amis » dans Revue BMP N°91, juill. 1991
L’évolution universelle
« Tout progrès se paye par un recul inverse et proportionnel. »
Cette affirmation de Rudolf Steiner me parait un rocher d’erreurs. Le monde serait alors une agitation stérile de boules noires et blanches, enfermées dans un cercle infernal.
Je crois au progrès universel jusqu’au soleil des perfections.
Sans doute, comme Steiner l’a compris, toute avance détermine un recul. Mais il subsiste un minime gain de lumière. La nature d’obscurité laisse vivre une lettre étincelante. De la ligne engloutie surnage une virgule d’or. Ces virgules s’enlacent en mots qui finissent par écrire le message victorieux de la vie éternelle.
Quand un homme devient dieu, un autre homme devient animal. Toutefois l’avance est définitive, le recul temporaire. L’homme dieu rentre dans la sphère des Infaillibles, l’homme animal remontera. Le premier ne peut plus descendre, l’autre peut toujours recommencer son ascension. Le bien triomphe inévitablement, car il atteint l’Absolu.
Cette loi, vraie pour l’individu, est vraie aussi pour les planètes, les soleils, les assemblages d’étoiles. Parfois tout un globe bascule dans l’angélisme tandis que le globe complémentaire rétrograde vers l’animalité. Le globe angélique se sauve pour toujours, le globe bestial ne se perd que momentanément. Et, complication inattendue, les deux globes laissent en marge une poussière d’âmes humaines, qui formera un globe nouveau.
Même sur le plan relatif, l’avance dépasse le recul. Trois pas en avant, deux pas en arrière. Ainsi, l’humanité parcourt la route immense, péniblement, inlassablement. Les planètes ouvrent leurs auberges passagères devant les pas du pèlerin sidéral.
François Brousse
Revue BMP N°63, déc. 1988-janv. 1989
Steiner et Einstein
L’initiation de Pierre s’est curieusement matérialisée à notre époque. Elle s’est matérialisée de deux façons par deux hommes exceptionnels, l’un est Steiner et l’autre est Einstein.
Je ne vous apprendrai rien en disant que « stein » veut dire « pierre ». « Ein-stein », cela veut dire « une pierre » et c’est lui qui a brisé l’atome et a fait sortir de cet atome des forces démesurées, ce qui fait que l’humanité actuellement est bien dans l’ère de la terre, de l’atome. L’atome est détruit et pour la première fois, ce singe furieux qui s’appelle l’homme a dans ses mains la possibilité de se détruire. Jusqu’alors il ne l’avait pas, il avait tout au plus la possibilité – la guerre de 14-18 l’a démontré et celle de 39-45 – de supprimer quinze millions d’hommes d’un côté et soixante millions de l’autre. Maintenant, grâce à la destruction de l’atome, il pourra détruire l’humanité tout entière. […]
Une autre qualité, c’est Steiner. Steiner, le tailleur de pierre, Rudolf Steiner. En face d’Einstein, la pierre détruite, Rudolf Steiner le tailleur est en quelque sorte le bâtisseur, le constructeur, celui qui essaie d’approfondir le christianisme jusqu’au moment où ce christianisme deviendra la croyance universelle de l’humanité. La croyance universelle de l’humanité ne sera d’ailleurs pas le christianisme, ce sera une union des cinq branches de l’Étoile flamboyante, c’est-à-dire une synthèse du judaïsme, du christianisme, du bouddhisme, de l’islam et de l’hindouisme ; c’est la construction du temple de Salomon et c’est la fabrication de la nouvelle pyramide d’Égypte qui sera la pyramide du monde et la cime la plus haute où puisse parvenir l’intelligence universelle actuelle. Des êtres dans le genre de Steiner l’ont en quelque sorte trouvée.
François Brousse
Conf. « L’Apocalypse », 20 juin 1975
Steiner et Philippe de Lyon
Rudolf Steiner ne partageait pas tout à fait les mêmes erreurs que Philippe de Lyon. Il était végétarien. Il ne croyait pas non plus qu’il soit absolument et toujours nécessaire de souffrir pour arriver à l’illumination.
Mais il admettait, comme Philippe, que Jésus était le plus grand de tous les mages passés, présents et futurs et que c’est à partir de lui que l’évolution avait amorcé une courbe essentielle de remontée vers les étoiles. Nous sommes obligés de constater qu’il n’en est rien et que, depuis l’arrivée de Jésus, l’humanité ne s’est pas améliorée. On pourrait même dire qu’elle est peut-être, en ce XXe siècle, aussi mauvaise qu’à l’époque où les Romains gouvernaient toute la Terre.
François Brousse
L’Évangile de Philippe de Lyon, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1994, p. 216
Steiner et Nietzsche
Il y a en nous une force démesurée qui est la force divine et lorsque cette force apparaît, il faut être prêt pour en supporter le choc. Si nous ne sommes pas prêts, nous risquons la mort ou la folie ou le fanatisme destructeur ; ce sont les trois dangers qui environnent l’ouverture du Lotus à mille pétales.
Parmi ces dangers, je vous ai mentionné la folie, c’est ce qui est arrivé à Nietzsche, il n’était pas prêt, il est arrivé très haut et il a eu comme une fulguration du Lotus divin : résultat, il est devenu fou, et il l’ est resté fou – ce qui est assez rare –, il est resté fou de 1888 à 1900.
Je vous rappelle néanmoins la fameuse vision de Rudolf Steiner : lorsque la sœur de Nietzsche l’a introduit dans la chambre du malade, il a vu immédiatement au-dessus de la tête de Nietzsche une espèce de tourbillon resplendissant : c’était l’âme radieuse de l’écrivain, de l’homme de génie, qui était sortie de son corps et qui n’arrivait ni à être dans son corps ni dans le plan divin, elle était en quelque sorte dans un plan intermédiaire.
François Brousse
Conf. « L’Apocalypse », Prades, 25 mai 1971
Rudolf Steiner n’est pas réincarné et il est normal qu’il ne le soit pas.
C’est un esprit extrêmement évolué et il n’y a aucune raison pour qu’il se réincarne tout de suite.
Si, il y en a une, mais je ne crois pas qu’elle joue.
Il pourrait se réincarner tout de suite pour suivre ses disciples et les emporter vers les cieux.
Cela peut arriver, mais il y a aussi la contrepartie, l’idée que c’est un maître
et que les maîtres, ma foi, restent habituellement dans l’espace immense du ciel et de l’infini.
Avant de s’incarner, ils restent assez longtemps à jouir de leur joie infinie.
François Brousse
Entretien, Clamart, 20 octobre 1993
Steiner, un sage réalisé
- Ou bien il est le sage parfaitement réalisé, celui qui connaît la vérité suprême et qui vit dans l’illumination et la conscience cosmique
- Ou bien, il est le sage imparfaitement réalisé, qui vit parfois dans l’illumination et la conscience divine et parfois dans la conscience humaine
Ce qui m’a permis quand même de le situer assez bien au point de vue clairvoyance, il était capable d’après l’aura éthérique de discerner si quelque chose était vivant ou ne l’était pas.
On avait mille grains de blé parmi lesquels deux étaient stériles et il fallait qu’il les découvre… et il les a découvert d’après leur aura. C’est quand même pas mal, c’est même assez extraordinaire. […]
Il avait comme grand Maître, comme Dieu, comme chef, Goethe, qui est effectivement un être parfaitement réalisé, le poète Goethe qui fait partie précisément de ceux qui ont quitté le plan humain pour entrer dans le plan divin.
C’était la réunion d’un grand poète, d’un grand penseur et d’un grand apôtre.
François Brousse
Entretien, Perpignan, 28 janv. 1982
1925 – Mort de Rudolf Steiner, qui créa l’anthroposophie, et dont les yeux visionnaires fouillèrent les gouffres du cosmos.
D’après ce sage, Hermès donna aux Égyptiens les mystères de l’espace, et Moïse aux Hébreux les mystères du temps.
François Brousse
« Les oracles d’Isaïe contre l’Égypte » dans Revue BMP N°109, mars 1993
Initations avant la naissance
Si vous avez vu La Vie après la mort de Steiner, qui est un étonnant visionnaire – il est à peu près de la même taille que Leadbeater –, eh bien, vous vous apercevrez que, selon Steiner, on reçoit des initiations avant de naître.
Naturellement, il parle de plusieurs qui ont reçu des initiations dans l’Au-delà, et notamment de Voltaire qui aurait reçu des initiations de Mars. On peut dire que c’est parfaitement exact parce que Voltaire fut un combattant permanent et il ne s’est jamais arrêté de combattre, les armes à la main, avec une énergie, une ardeur, une fureur et une verve incomparables.[…]
Le deuxième ayant reçu une initiation, d’après Rudolf Steiner, c’est Hugo. Hugo aurait reçu l’initiation de Saturne avant de naître. Et selon Steiner, elle nous confère l’initiation du temps et de l’éternité. C’est pourquoi on trouve tant de visions merveilleuses dans Hugo et tant de prophéties qui se sont réalisées et se réaliseront.
François Brousse
Conf. « Les Maîtres de l’Aggartha », Perpignan, 31 oct. 1983
Le pont grandiose
Entre chaque plan du monde et le plan supérieur existent des voies de communication, des ponts, des arches.
Les mythologies ont symbolisé cette haute vérité sous la forme de l’arc-en-ciel, pont immense par où viennent les âmes. Ces ponts, à certaines époques, sont rompus. Alors, les masses populaires s’avèrent incapables de recevoir les souffles d’en haut. Et même d’admirables esprits suivent leur aveuglement.
Ainsi, pendant tout le Moyen Âge, l’arche unissant la sphère mentale à la sphère astrale n’existait plus. Sa reconstruction imposa l’arrivée de hautes intelligences – Paracelse, Cardan, Nostradamus, Marcile Ficin – qui agirent comme des ponts vivants. Leurs efforts mentaux renouèrent les liens mystérieux.
Il s’agit maintenant d’édifier le pont surmental. Hegel, Hugo, Blavatsky, Saint-Yves d’Alveydre, Rudolf Steiner, Leadbeater, Krishnamurti, Aurobindo Ghose, travaillent dans l’invisible à ériger le pont grandiose.
François Brousse
Revue BMP N°79-80, juin-juill. 1990
Conscience cosmique
Rudolf Steiner prétend que, pendant la nuit, le corps astral des dormeurs se dilate immensément, recouvre toutes les planètes et atteint les limites du système solaire.
Cette extension n’est vraisemblablement valable que pour les maîtres de l’esprit, les Initiés. Les autres se contentent de dédoublements plus ou moins conscients.
Toutefois, même initié, il est rare de connaître lucidement ce phénomène prodigieux qui donne au sage pour membres les mondes roulant dans l’espace et pour tête une resplendissante étoile.
François Brousse
Les Secrets kabbalistiques de Victor Hugo,
Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1985, p. 139
Identité de saint Jean et Lazare selon Steiner
La suprématie de Jean sur les autres apôtres a été corroborée par une découverte saisissante de Rudolf Steiner. Le prince des anthroposophes établit l’identité de Lazare, le mystérieux ressuscité, avec saint Jean.
En effet, si l’on sonde les Écritures, l’affirmation steinérienne prend corps. Le miracle éclatant de Lazare – le plus extraordinaire du Christ – offre cette particularité d’être spécial à l’Évangile johannite. Les autres Évangiles n’en parlent pas. Or, Jean précise que la résurrection de Lazare causa la colère et l’inquiétude des pontifes juifs. Ils résolurent alors de faire mourir Jésus (Jean, XI, 47 53). Le miracle de Lazare a donc une importance centrale dans la biographie du Maître : il explique l’arrestation et la crucifixion de l’Homme Dieu. Jean est pourtant le seul à en parler. Sans doute parce qu’il en fut le principal témoin. N’importe ! Au point de vue historique, le silence des Synoptiques, ne laisse pas d’être troublant. […]
Quoi qu’il en soit, Jean paraît avoir joué un rôle principal dans la résurrection de Lazare. Et ce soupçon reçoit une solidité stupéfiante lorsque l’Évangile donne à Lazare le même titre qu’à Jean lui‑même. Jean, dans le quatrième Évangile, est appelé « le disciple que Jésus aimait. » Lazare aussi.
Il y avait un homme malade, Lazare de Béthanie, ville de Marie et de Marthe, sa sœur. C’était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade. Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : – Seigneur voici que celui que tu aimes est malade.(Évangile selon saint Jean, XI, 1‑3)
Ce texte établit donc l’identité de Jean et de Lazare. « Celui que tu aimes » désigne à la fois l’apôtre et le ressuscité.
François Brousse
Thot Hermès le prince de l’éternité, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 2010, p. 133-135
Steiner est un maître réalisé, et en sa qualité de maître réalisé, il avait donc la connaissance des mondes parallèles, mais il a pensé que sa mission n’était pas d’apporter cette connaissance.
Chaque maître a une mission particulière ; les uns apportent la vision astrale, les autres, la vision supramentale ; d’autres peuvent apporter
les mondes parallèles…
François Brousse
Conf. « Les mondes parallèles », Paris, 18 sept. 1992
CORPS ET ESPRITS
Sous les jours lumineux et les nuits enchantées
S’effacent les vivants avec rapidité,
Comme une eau que tarit la chaleur de l’été.
L’homme avec joie salue la gloire de l’aurore,
La gloire du couchant il la salue encore
Et ne s’aperçoit pas que les ans s’évaporent.
Comme, sur l’âpre mer des branchages flottants
Se séparent, après s’être joints un instant,
De même époux, amis, s’éloignent dans le temps.
L’astre brillant du jour doit monter au solstice,
L’oiseau doit traverser les flots qui retentissent,
L’âme, fragment de Dieu, doit chercher la justice.
L’esprit, vivant flambeau, regarde avec dédain
Les ans se disperser comme un troupeau de daims,
Car il se sait promis aux gloires de l’Éden.
Pareille à l’aigle noir s’envolant des ravines,
La mort, dans cet azur que les sages devinent,
Rend la pensée du juste à sa patrie divine.
François Brousse
Rama aux yeux de lotus bleu, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1983, p. 24
Ces tercets traduisent l’accablement qui saisit le mental devant la fuite irrémissible des choses, mais aussi la certitude éblouie de l’immortalité personnelle, proclamée, du haut des siècles, par les plus éminents esprits de la Terre :
Krishna, Pythagore, Jésus, Manès, Moïse de Léon, Dante, Shakespeare, Hugo et Rudolf Steiner.
François Brousse
Revue BMP N°308, mars 2011



