Plotin

Égypte, 205 – Italie, 270

 

Deux siècles après Jésus, voici surgir Plotin (205‑270),

ce sublime épanouissement de la pensée platonicienne

« Le message de Gavroche » dans Revue BMP N°168-169, sept.-oct. 1998

 

 

Plotin, le nouvel aigle

Si le Lion prend le visage du Nazaréen [Jésus], l’Aigle s’incarne dans le plus grand et le plus profond des philosophes d’Alexandrie, dans Plotin. En lui sagesse grecque et sagesse égyptienne fusionnent pour engendrer un esprit divin.

Lycopolis, en Égypte, eut l’honneur de voir naître le nouveau penseur. Alexandrie, la capitale intellectuelle du monde, attira son adolescence passionnée d’harmonie et de vérité. Dans son corps frêle vivait l’âme du grand Platon dont le verbe musical avait subjugué l’Hellade. Et Platon cherchait Socrate. La recherche fut pénible : de nombreux philosophes péroraient, enflés de vide et de suffisance. Plotin sentait de jour en jour une profonde tristesse le mordre au coeur, comme un tourbillon de mouches vaines. Quand trouverait‑il le Maître qui, d’un geste, lui soulèverait les horizons de l’abîme ?

Il le trouva. La providence lui fit connaître un ancien porte­faix, devenu apôtre d’un idéalisme mystique aux troublantes attiran­ces, le noble Ammonius Saccas. Cet homme étrange, qui fonda le néoplatonisme, n’était autre que Socrate réincarné. Comme Socrate, il possédait un magnétisme extraordinaire qui lui suscitait de nombreux disciples. Plotin, en rencontrant Saccas, reçut un choc qui l’éveilla à la grande vie métaphysique. Platon et Socrate, à travers les siècles, s’étaient retrouvés : une lumière nouvelle inon­da la Terre.

Pendant onze ans – chiffre de la force –, Plotin suivit les leçons d’Ammonius, jusqu’à la mort du Maître. Deux ans plus tard, sûr de son génie, Plotin alla enseigner à Rome, la reine des peuples. Auparavant, ce doux rêveur, ce végétarien, avait suivi les armées romaines, entraînées par l’empereur Gordien contre les Perses, pour étudier sur place la mystérieuse doctrine des mages. Il espérait même atteindre l’Inde, se retremper aux mers bouillonnantes de l’infinie sagesse…

François Brousse
Les Secrets kabbalistiques de la Bible, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1987, p. 192-193

Plotin est un des plus grands disciples de Platon et l’un des plus puissants métaphysiciens de tous les temps.

François Brousse
Conf. « Les mystères de la mort », Perpignan, 06-02-1979 

 

Le magicien Olympius, jaloux de la grandeur de Plotin, essaya de l’envoûter. Les enchantements maléfiques, se heurtant à l’invisi­ble lumière qui défendait le sage, revenaient à son auteur et le faisaient souffrir. Olympius se déclara vaincu par la magie plus haute de l’esprit. C’est là un exemple frappant de ce que les occultistes appellent le choc en retour.

Plotin savait que Dieu, l’Absolu, l’Un, repose dans d’ineffables ténèbres, au‑delà même de la Pensée. Toutefois, la Pensée divine, où rayonnent les modèles des univers, jaillit éternellement de l’Un. Et l’âme du Monde éternellement procède de la Pensée divine.

Plotin, le nouvel aigle (Suite)

Gordien, après son expédition à demie victorieuse, ne tarda pas à être assassiné par l’arabe Philippe, qui ceignit la couronne. Philippe, à son tour, fut tué dans une guerre civile contre Décius. Et l’on massacra le malheureux fils de Philippe, qui n’avait jamais ri depuis la montée de son père sur le trône impérial. Par contre­coup, Décius, persécuteur des chrétiens, périt avec son fils dans une embuscade. Gallus, qui les a trahis, devient empereur, mais ses troupes se révoltent et le tuent. Emilien succède à Gallus, dans la pourpre de l’empire et de la mort. Ses soldats mutinés se rallient à Valérien. Ce dernier ne manquait pas de grandeur, mais il fut fait prisonnier par le roi des Perses, Sapor, qui se servait de lui comme marchepied pour monter à cheval et fit, à la mort de l’ancien maître du monde, suspendre sa peau, tannée, aux voûtes d’un temple zoroastrien.

Le fils de Valérien, Gallien, avait une âme double, où le courage et le sybaritisme se mélangeaient extravagamment. Il voua une admiration profonde au tranquille Plotin qui, pendant ces convulsions de la terre, enseignait la sagesse des Dieux à Rome recueillie.

Plotin exerçait sur tous ses disciples une invincible fascination. Son œil voyait les âmes et discernait, d’un simple regard, les pensées secrètes, les tendances voilées de son interlocuteur. Ce pouvoir, assez fréquent chez les mages, lui permit de sauver la vie au philosophe Porphyre qui, blessé d’une terrible tristesse, avait décidé, dans la solitude de son esprit, de se donner la mort. Plotin aux yeux irrésistibles l’en dissuada. Porphyre devint son ardent adorateur.

 

 

Les âmes individuelles, filles impérissables de l’Âme du mon­de, tendent à revenir vers l’Unité. Elles transmigrent de forme en forme, peuvent retomber dans les plantes ou les animaux, recommencer longtemps le bagne des vies humaines, mais par la dialectique, puis l’intuition, enfin l’extase, elles retrouvent le Dieu ineffable. 

Cette extase, qui est une fusion amoureuse, un enivrement sacré, Plotin l’éprouva plusieurs fois dans sa vie. Il baignait directe­ment dans l’infini océan de nectar, dans le resplendissement de Dieu. Plotin a réussi, en son coeur, la synthèse de la sagesse et de la sainteté.

L’empereur Gallien lui permit d’entreprendre la construction d’une ville, Plotinopolis, où les lois de la république platonicienne auraient pris corps. Platon, jadis, avait échoué lorsqu’il voulut transformer Syracuse suivant ses utopies sublimes. Le nouveau Platon mourut, en 270, sans avoir le temps de matérialiser son rêve. Il mourut avec une sérénité surhumaine, en prononçant ces paroles :

 Je réunis ce qu’il y a de divin en moi à ce qu’il y a de divin dans l’univers.

Au moment de sa mort, le médecin vit un mystérieux serpent s’enfuir le long de la paroi. C’était l’esprit protecteur de Plotin, momentanément visible sous la forme du serpent, symbole de la sagesse dans la vieille Égypte.

François Brousse
Les Secrets kabbalistiques de la Bible, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1987, p. 192-193

Il faut étudier les grands philosophes, il y en a vingt-deux.

Il faut étudier les plus grands : Platon, Plotin, Kant, Bergson.

François Brousse
Revue BMP N°176-177 – mai-juin 1999

Le végétarisme

La purification de l’âme vitale est très simple ; nous avons en nous une âme vitale qui est à la base de notre appétit, de nos instincts de reproduction, comme de l’épanouissement de notre être matériel ; or cette âme vitale se manifeste par notre nourriture. C’est le premier pas et vous retrouvez cette idée dans tous les Védas comme dans tous les Upanishads, et aussi dans les doctrines secrètes de la Grèce antique, avec Pythagore, avec Apollonius de Tyane, avec Plotin.

Si vous voulez entrer sur le sentier de la vérité et du bonheur, vous devez commencer par éliminer toutes les nourritures impures, c’est-à-dire la nourriture carnée. Il n’y a aucune raison que nous fassions souffrir des millions d’êtres et que nous les immolions pour notre gourmandise ou notre satisfaction puisque nous pouvons vivre sans massacrer des animaux innocents. D’autant plus qu’il existe un équilibre. J’aime à rappeler la phrase d’Isaïe qui est un prophète un peu brutal : La vie d’un bœuf vaut la vie d’un homme. Je pense qu’il exagère, mais il y a quand même un équilibre entre la vie des animaux et celle des êtres humains.

En réalité, si nous souffrons tant et si nous avons tant de meurtres et de crimes, c’est parce que, tous les jours, nous causons par notre nourriture le massacre d’une multitude d’animaux infortunés qui souffrent. Il semble donc que ce soit l’une des bases de la dialectique de la sagesse éternelle.

François Brousse
Philosophies, Clamart, Éd. La Licorne Ailée,  2011, p. 94-95

Plotin, émerveillé par Platon, a demandé à l’empereur Gallien de lui offrir une cité, Gallien accepta et lui donna une ville appelée Plotinopolis où Plotin voulait établir les lois de Platon,
mais il mourut avant d’avoir établi la cité idéale. 

François Brousse
Conf. « Platon et la sagesse éternelle », Paris, 23-03-1990

La métempsycose

Il y a ce que l’on appelle la métempsycose. C’est-à-dire qu’une fois arrivé sur le plan de l’humanité, l’homme, puisqu’il est libre, peut retomber.

Cette idée de métempsycose a été combattue par de nombreux esprits. Je dois pourtant dire qu’elle fait partie de la tradition la plus authentique de l’Occident, car la tradition la plus authentique de l’Occident passe par-dessus les spirites et les rose-croix pour aller, semble-t-il, jusqu’aux druides. Et les druides croyaient à la métempsycose. Elle va à travers les druides, au-delà et à coté, du côté de Platon et de Pythagore. Platon et Pythagore croyaient à la métempsycose. Et il est parfaitement vain de dire que ce sont des points de vue simplement symboliques, car on ne fait ce choix symbolique que parce qu’on ne veut pas voir la vérité.

La vérité, c’est que Platon, Pythagore, ainsi que les druides, croyaient absolument à la métempsycose. On retrouve leurs arguments surtout chez les néoplatoniciens, notamment Plotin qui disait :


 

Il y a trois manières d’être homme :

 

– Ou bien agir, penser et vouloir comme un homme, auquel cas on renaît sous la peau d’un être humain ;

– Ou bien agir, penser et vouloir comme un dieu, auquel cas on dépasse la sphère humaine et on rentre dans la sphère des Idées éternelles où nous voyons le Beau, le Bien, le Juste et l’Être parfait face à face ;

– Ou bien nous pensons, nous agissons et nous désirons comme des animaux, et, dans ce cas, nous retombons dans la sphère animale.

François Brousse
Conférence, Dimanche 15 décembre 1985, Paris, « Victor Hugo »

Siva représente une autre lignée de géants, les grands métaphysiciens, les philosophes qui montent sur le haut du cosmos et sont capables de tout comprendre, de tout expliquer et de tout approfondir.

C’est Spinoza dans un certain sens, Aurobindo Ghose, Bergson dans un autre,

Pythagore, Platon, Plotin, tous les néo-alexandrins, tous ceux qui arrivent par leur puissance magique, par l’ampleur de leur esprit, à comprendre les rouages de l’univers.

Ceux-là sont des reflets de Siva.  

François Brousse
Poésie langage de l’âme, Vitrolles, Éd. de la Neuvième Licorne, 2008, p. 62

Plotin, à vingt-huit ans, connut la vivante doctrine d’Ammonius,

qui suscita dans le cœur de son disciple l’intarissable jaillissement des sagesses.

François Brousse
« Les oracles d’Isaïe contre l’Égypte – Première partie » dans revue BMP N°107, janvier 1993

Plotin et Ammonius Saccas

Plotin est un très grand homme, il a commencé par être la réincarnation de Platon. Platon s’est réincarné, quelque six cents ans après, dans Plotin – c’est assez normal, c’est le même nom.

Un autre, c’est-à-dire Socrate, le maître de Platon, s’est réincarné dans Ammonius Saccas[1]. Entre Socrate et Saccas, la différence n’est pas très grande non plus.

Quelques siècles après, ils se sont retrouvés sur les quais d’Alexandrie et Ammonius Saccas, qui méditait sous les étoiles, a donné à Plotin sa première leçon de vérité. Plotin était un peu désespéré, il avait visité toutes les Églises philosophiques, tous les courants philosophiques de l’époque et aucun ne l’avait satisfait. Et, un soir qu’il méditait sur le port d’Alexandrie, il aperçut un homme qui méditait sous les étoiles, c’était Ammonius Saccas qui lui demanda : – Que fais-tu là ? L’autre lui répondit : – Je cherche Dieu. – Quel est le dieu que tu cherches ? Et de raisonnements en raisonnements, ils arrivèrent à s’entendre admirablement et, comme Ammonius Saccas avait une puissance magnétique et magique prodigieuse, Plotin ressentit au fond de lui-même un choc créateur. C’est ce que l’on appelle habituellement une initiation. Quand vous ressentez au fond de votre cœur un choc divin, c’est que vous avez reçu du Dieu éternel une véritable initiation. Plotin se mit alors à enseigner les nouveaux dogmes qui sont immuables, c’est-à-dire l’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme, la réincarnation, la loi d’amour, de sagesse et de beauté. Quand vous avez compris tout ceci, vous êtes prêt pour le grand départ, vous n’avez plus qu’à ouvrir vos ailes et à vous enfoncer dans l’Infini ; vous n’avez plus besoin de revenir, sauf si vous êtes un bodhisattva. C’est-à-dire que, bien qu’ayant atteint la Libération, vous y renoncez – sans y renoncer d’ailleurs – volontairement pour apporter aux hommes un peu de sagesse, un peu d’amour, un peu de beauté. C’est ce qu’on appelle les révélations et il y aura toujours des révélations.

[1] Ammonius Saccas (IIIe siècle) est un philosophe grec d’Alexandrie, considéré comme le maître de Plotin de 232 à 242.

François Brousse
Entretien, Clamart, 18 nov. 1992

Ammonius Saccas

Plotin et les trois hypostases 

 

[…] Avant de quitter la féconde Antiquité, interrogeons l’ultime titan de ces âges méconnu : Plotin. L’empereur Gallien, sa femme Salomine et tout le peuple de Rome vénéraient ce philosophe comme un dieu : il le méritait bien. Sa douceur, la noblesse de son caractère, la beauté de sa doctrine dépassent l’horizon de l’homme.

Au sommet de l’Être ineffable se trouve l’Un, dont on ne peut rien dire sinon qu’Il est. Il plane au-delà de l’intelligence, car l’intelligence, comprenant sujet et objet, demeure dans la dyade. L’Un s’élève encore au-delà du vouloir, car la volonté aspire vers le meilleur, et Lui se nomme Perfection. Mais l’Un, l’inconcevable Perfection, émane éternellement la deuxième hypostase, l’Intelligence, dans laquelle brillent les Idées, modèles immuables des choses. L’Intelligence se contemple elle-même et contemple l’Un mystérieux. Elle émane éternellement l’Âme divine, principe de vie et de mouvement, en dehors des normes temporelles. L’Âme fait sortir de soi une infinité de génies, de dieux, d’entités supérieures, qui bâtissent un pont de lumière entre les trois hypostases éternelles et le monde obscur des phénomènes.

Mais l’expir de l’Être a pour contrepartie un aspic cosmique. Après la cascade descendante, la vapeur qui monte. Les êtres progressent vers l’Être des êtres. Ils s’élancent vers l’Âme divine, vers l’Intelligence, vers l’Unité. Tout l’univers soupire d’amour vers l’insondable Perfection.

On reconnaît dans la doctrine de Plotin l’empreinte géante du tigre hindou, et peut-être les germes de la Trinité chrétienne. Mais les chrétiens ont égalisé et confondu les trois hypostases. C’est une autre manière de considérer le grand mystère.

L’Un pourrait s’identifier au Père, l’Intelligence à l’Esprit-Saint, et le Christ à l’Âme divine. Siva, Brahma et Vishnou, l’énergie créatrice et destructrice, la pensée ineffable, et l’amour salvateur.

François Brousse
« Dieu » (extrait de l’article) dans BMP N°262-263-264, janvier-février-mars 2007

Méthode

Plotin  avait mis au point une véritable méthode de concentration et de méditation.

Il déclarait :

Imaginez un cosmos sous la forme d’une série de cercles concentriques. Le premier cercle était celui des dieux ; à l’intérieur, le cercle des hommes, puis le cercle des animaux, puis le cercle des végétaux, puis le cercle des minéraux. Il faut effacer par la pensée tous ces cercles et il ne vous reste plus que l’infini et l’absolu qui est l’Un-sans-second. Et lorsque vous serez Un avec l’Un-sans-second, vous aurez atteint la grande illumination.

Cette méthode ne manquait pas de noblesse et Plotin a réussi à la pratiquer. Il aurait atteint cinq fois l’illumination intégrale dans sa vie, ce qui est tout de même fort joli.

Plotin reste l’un des plus grands sages de l’humanité.

François Brousse
Revue BMP N°262-264 – janv.-mars 2007

Le génie de Plotin

Plotin fut mis en contact avec le grand prêtre d’Isis qui vivait à Alexandrie.

Ce grand prêtre avait l’habitude de voir les génies des humains, car chaque humain est environné par un génie, un ange gardien ou un daïmon comme on disait alors.

Plotin parut devant le grand prêtre et il se mit en méditation ; le grand prêtre l’observa et se prosterna aux pieds du philosophe en lui disant qu’autour de lui, ce n’était pas un simple daïmon, mais sans doute un des plus grands dieux de l’univers qui l’accompagnait toujours. 

François Brousse
Conf. « La magie de l’ancienne Égypte », Paris, 12-03-1986

L’Un

Plotin s’est senti Un avec la création tout entière.

Elle était une grande sphère divisée en plusieurs cercles. Il y avait le cercle des rochers, le cercle des plantes, le cercle des animaux, des hommes et, au centre, le cercle de Dieu. Il est devenu un avec tout cela.

On reconnaît l’expansion cosmique.

François Brousse
Philosophies, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, p. 34

Platon et Plotin

Platon croyait que le monde n’existe qu’en participant de façon mystérieuse à la nature des Idées. Les Idées, incorruptibles et rayonnantes, sont la base immortelle des univers. Plotin, le philosophe illuminé, fit des Idées un seul être divin : le Logos, émanation de l’absolu.

François Brousse
Dans la Lumière ésotérique, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1999, p. 35

DISTIQUES ANTIQUES 

Le cygne scande dans l’aurore
Les Vers dorés de Pythagore. 

Le rossignol haussant le ton
Chante les rêves de Platon 

L’albatros porte dans sa barque
Tous les Grands Hommes de Plutarque. 

La fauvette déclame au thym
Les Ennéades de Plotin 

L’alouette dit à l’almée
L’Âne d’or du grand Apulée 

Le gypaète Olympien
Plane sur le front de Julien 

L’aigle jette des cris splendides
À Merlin, pontife des druides.

François Brousse
Le Graal d’or aux mille soleils, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, p. 79

Imaginez une sphère transparente, placée en dehors du spectateur, et dans laquelle on puisse, en y plongeant le regard, voir tout ce qu’elle renferme, d’abord le soleil et les autres étoiles ensemble, puis la mer, la terre et tous les animaux.

Au moment où vous vous représentez ainsi par la pensée une sphère transparente, qui renferme toutes les choses qui sont en mouvement ou tantôt au repos, tout en conservant la forme de cette sphère, supprimez en la masse, supprimez en l’étendue, écartez en toute notion de matière, sans cependant concevoir cette sphère plus petite. Invoquez alors le Dieu qui a fait ce monde dont vous venez de vous former une image, et suppliez le d’y descendre.
Ce Dieu, un et multiple tout ensemble, viendra pour orner ce monde avec tous les dieux qui sont en lui, dont chacun contient en soi tous les autres.

Cette page, merveilleusement inspirée de Plotin , contient un des exercices spirituels les plus étonnants pour atteindre la sublimisation.

Le grand philosophe devient facilement un mage.

François Brousse
Revue BMP N°126-127, octobre-novembre 1994

 

 

Mort de Plotin

Le grand Plotin, qui a édifié cette tour de Babel aux pierres multicolores que l’on appelle le néoplatonisme, avant de mourir, prononça cette parole merveilleuse :

« Je rejoins ce qu’il y a de divin en mon être à ce qu’il y a de divin dans l’Univers »

 

et l’on vit surgir de dessous du philosophe un énorme serpent resplendissant de lumière qui s’enfonça dans le mur et disparut. Et ses disciples comprirent que l’âme du divin Plotin avait rejoint le ciel de lumière d’où elle était venue..

François Brousse
« Chakras – Siddheswarananda », Perpignan, 08-11-1977