Le Saint Graal
Le Saint Graal
Méditations sur le Graal universel
Le Saint Graal est le symbole de la perfection humaine et divine, la coupe où les âmes éprises d’absolu vont étancher leur soif.
Il compte parmi les images pleines d’épouvante et de ravissement qui planent, comme des aigles, dans les cieux métaphysiques. Les chevaliers vêtus de pureté traversent des forêts maléfiques, terrassent des monstres, délivrent des peuples enchaînés, chevauchent des êtres ailés, à la recherche du Graal, où bouillonne le sang de Dieu. En buvant ce sang, ils deviennent semblables à l’Éternel. La légende du Saint Graal tourne autour d’un invisible axe de diamant, c’est la fameuse parole biblique qui s’adresse à tous les hommes de bonne volonté : – J’ai dit : Vous êtes des Dieux, vous êtes tous des fils du Très Haut. (Psaumes, LXXXII, 8)
La conquête du Saint Graal se confond avec l’éveil, au fond de notre âme humaine, de l’âme divine dont le souffle roule les constellations et enivre les archanges.
Aventure prodigieuse qu’entreprennent les plus ardents esprits de l’humanité, soit dans les limites d’une religion, soit en dehors de toute croyance fixe. Trois obstacles se dressent sur la route illuminée : la mort, la folie, la destruction de la volonté ; mais, si l’on triomphe, on ceint la Couronne des Mages.
Bien entendu, un tel symbolisme n’est pas spécifiquement chrétien. Son rayonnement, comme celui du soleil, enveloppe tous les peuples vivants. Il est le cœur exaltant des révélations. Dans les profondeurs de l’histoire, fantasmagorisées d’androgynes et de dragons, écoutez la grande voix de la Chine :
Que le sage méprise richesses et honneurs, qu’il dédaigne tous les biens du monde. Que sa gloire soit d’avoir compris que tous les êtres sont un seul complexe universel, que la mort et la vie sont deux modalités d’un seul être. (Tchouang Tseu)
Et l’Inde, avec ses vols de cygnes sous les neiges immaculées du mont Mérou, avec ses lions roux dans les vertes forêts, l’Inde dit à l’homme pensif :
Tu portes en toi même un ami sublime que tu ne connais pas. Car Dieu réside dans l’intérieur de tout homme, mais peu savent le trouver. (Baghavad Gita)
Les tourelles bleues du soufisme, dans les jardins d’Iran aux roses brûlantes, soupirent doucement avec les poètes de l’âme.
Je suis ce monde-ci et le monde à venir. Je suis l’homme et le génie et la perte de l’océan de l’Être, je suis la montagne et la plaine, la pierre précieuse et l’océan. (Djalal Al Din Rumi)
Bref, d’un bout à l’autre du monde, les grandes voix s’accordent, pour proclamer la doctrine de l’identité. Identité de l’Homme et de Dieu. Cette lumière vivante est le flambeau mystérieux des peuples.
François Brousse
« Méditations sur le Graal universel » dans Revue BMP N°51, nov. 1987
Méditations sur le Graal universel
Le Saint Graal est le symbole de la perfection humaine et divine, la coupe où les âmes éprises d’absolu vont étancher leur soif.
Il compte parmi les images pleines d’épouvante et de ravissement qui planent, comme des aigles, dans les cieux métaphysiques. Les chevaliers vêtus de pureté traversent des forêts maléfiques, terrassent des monstres, délivrent des peuples enchaînés, chevauchent des êtres ailés, à la recherche du Graal, où bouillonne le sang de Dieu. En buvant ce sang, ils deviennent semblables à l’Éternel. La légende du Saint Graal tourne autour d’un invisible axe de diamant, c’est la fameuse parole biblique qui s’adresse à tous les hommes de bonne volonté : – J’ai dit : Vous êtes des Dieux, vous êtes tous des fils du Très Haut. (Psaumes, LXXXII, 8)
La conquête du Saint Graal se confond avec l’éveil, au fond de notre âme humaine, de l’âme divine dont le souffle roule les constellations et enivre les archanges.
Aventure prodigieuse qu’entreprennent les plus ardents esprits de l’humanité, soit dans les limites d’une religion, soit en dehors de toute croyance fixe. Trois obstacles se dressent sur la route illuminée : la mort, la folie, la destruction de la volonté ; mais, si l’on triomphe, on ceint la Couronne des Mages.
Bien entendu, un tel symbolisme n’est pas spécifiquement chrétien. Son rayonnement, comme celui du soleil, enveloppe tous les peuples vivants. Il est le cœur exaltant des révélations. Dans les profondeurs de l’histoire, fantasmagorisées d’androgynes et de dragons, écoutez la grande voix de la Chine :
Que le sage méprise richesses et honneurs, qu’il dédaigne tous les biens du monde. Que sa gloire soit d’avoir compris que tous les êtres sont un seul complexe universel, que la mort et la vie sont deux modalités d’un seul être. (Tchouang Tseu)
Et l’Inde, avec ses vols de cygnes sous les neiges immaculées du mont Mérou, avec ses lions roux dans les vertes forêts, l’Inde dit à l’homme pensif :
Tu portes en toi même un ami sublime que tu ne connais pas. Car Dieu réside dans l’intérieur de tout homme, mais peu savent le trouver. (Baghavad Gita)
Les tourelles bleues du soufisme, dans les jardins d’Iran aux roses brûlantes, soupirent doucement avec les poètes de l’âme.
Je suis ce monde-ci et le monde à venir. Je suis l’homme et le génie et la perte de l’océan de l’Être, je suis la montagne et la plaine, la pierre précieuse et l’océan. (Djalal Al Din Rumi)
Bref, d’un bout à l’autre du monde, les grandes voix s’accordent, pour proclamer la doctrine de l’identité. Identité de l’Homme et de Dieu. Cette lumière vivante est le flambeau mystérieux des peuples.
François Brousse
« Méditations sur le Graal universel » dans Revue BMP N°51, nov. 1987
Le Saint-Graal est l’urne mystérieuse où Joseph d’Arimathie recueillit le sang de Jésus.
Les meilleurs chevaliers du monde partent à la conquête de cette relique prodigieuse.
Le Saint Graal symbolise sans doute la sagesse divine.
Il a derrière lui les fantômes de l’Inde éprise d’absolu,
de l’Égypte éprise de mystère, de la Grèce éprise d’idéal.
C’est une des plus nobles légendes de la Terre.
« L’épopée française » dans Revue BMP N°132, avr. 1995
D’après la légende, le Graal aurait été une émeraude brillant au front de Lucifer.
À la chute de Lucifer, l’émeraude est tombée sur la Terre ; les druides celtes la recueillirent et elle passa entre les mains de Joseph d’Arimathie ou Joseph de Rama qui recueillit dans cette émeraude le sang du Christ lorsqu’il fut crucifié. L’émeraude et le sang forment le Graal. L’émeraude représente l’intelligence et l’amour et aussi Vénus, et le sang représente le sacrifice, c’est-à-dire Jésus.
L’alliance de l’intelligence et de l’amour-sacrifice est symbolisée par le Graal. C’est pourquoi le Graal est représenté comme un merveilleux talisman procurant la vision des vies antérieures sitôt qu’on le touche et si on boit le sang du Christ, on a la conscience cosmique et on devient Un avec la divinité.
François Brousse
Entretien, Clamart, 29 août 1989
Merlin a créé une sorte d’ordre initiatique appelé l’Ordre des Chevaliers de la Table Ronde, qui est parti à la recherche du Graal.
Le Graal naturellement est une coupe d’émeraude. C’est l’émeraude tombée du front de Lucifer lorsqu’il s’écroula du haut des cieux dont il était chassé, et cette émeraude fut trouvée par des druides, elle fut creusée en forme de coupe et c’est Joseph d’Arimathie qui recueillit dans cette coupe le sang du Christ. Ce qui fait que le Saint Graal représente à la fois la sagesse de Lucifer et la sagesse de Jésus.
Les douze chevaliers de la Table ronde sont partis à la recherche précisément des secrets suprêmes.
C’étaient des sages, des mages, des kabbalistes, et nullement des chevaliers couverts comme des scarabées d’une armure étincelante et brandissant des lances et des glaives.
François Brousse
Conf. « L’Avatar », lieu et date inconnus
Le Graal a été découvert – toujours d’après la légende – par les cathares qui l’ont enfermé dans les souterrains de Montségur.
Lorsque Montségur fut pris par les armées du roi de France, Esclarmonde de Foix prit la forme d’une colombe et elle emporta dans son bec le Graal dans une tour d’ivoire en Inde, tour gardée par une licorne qui ne laisse pénétrer que les êtres purs sinon elle vous transperce.
Ce Graal sera la possession du futur chevalier, du nouveau Galaad, du nouveau Parcifal qui révèlera au monde la vérité du Graal. Il doit subir plusieurs baptêmes et plusieurs épreuves et notamment avoir reçu l’épreuve de la science de Merlin.
François Brousse
Entretien, Clamart, 29 août 1989
Les vérité éternelles
Il y a environ cinq vérités […] ; elles sont le socle, la pierre fondamentale de votre certitude.
C’est en quelque sorte la Pierre philosophale, celle qui est représentée comme un rubis flamboyant dans le cœur d’une coupe éblouissante. C’est le Saint Graal avec la Pierre philosophale qui resplendit et qui remplit le ciel et la Terre de son immense clarté.
Ces cinq vérités que vous retrouvez à travers tous les temps, que vous retrouvez à travers tous les lieux, que vous retrouvez aussi bien dans la religion égyptienne que dans la rose-croix chrétienne, sont :
• l’existence de Dieu, c’est-à-dire d’un Être éternel, existant par lui-même, infini et
parfait ;
• l’existence de l’âme, c’est-à-dire d’un être immortel qui probablement n’a jamais commencé et ne finira jamais ; il n’est pas autre chose qu’une énergie de l’Être divin ;
• les réincarnations, c’est-à-dire une série d’existences à travers lesquelles l’âme prend lentement conscience de ses infinies possibilités ;
• ensuite, le Karma qui est simplement une loi de rétribution ; c’est la loi qu’avait trouvée l’initié Isaac Newton lorsqu’il a fondé la physique en déclarant qu’à toute action correspond une réaction égale et de sens contraire.
• Enfin l’existence des Frères Aînés.
François Brousse
Conf. « L’initiation », Prades, 10 sept. 1978
LE SAINT GRAAL
Quand Lucifer tomba sous sa cuirasse d’astres,
Comme une foudre affreuse aux ailes de vautour,
Sur terre, le remous produit par son désastre
Déracina les tours.
L’émeraude flambante en son front angélique
S’envola dans sa chute ainsi qu’un oiseau vif
Et se perdit au fond inconnu de l’Afrique,
Par un désert pensif.
Éliphas, le grand mage errant parmi les rêves,
Devant qui les jaguars et les panthères jouent,
À l’heure où le Soleil perd sa brûlante sève,
Trouva l’ardent bijou.
Sous la nuit qui tendait ses maléfiques mailles,
Le joyau rayonna, plus vivant et plus pur.
Le feu de Lucifer dans ses fibres tressaille
Comme les rayons dans l’azur. […]
François Brousse
Le Chant cosmique de Merlin, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1995, p. 28
NATURE OU SURNATURE
Ils demandaient la vie éternelle à genoux.
Et le bonze, attentif au hurlement des loups,
Contemplait un troupeau de démons, yeux de braises,
Dans l’espace où les grands ouragans sont à l’aise
Le don des langues vole en farouches visions.
Mais, à travers le noir torrent de ces images,
La jeunesse jaillit du fond blême des âges.
Sous le vol inquiet des constellations,
Si tu veux te risquer dans l’immense aventure,
Bois le graal de ta véritable nature…
Sache cueillir la rose aux farouches parfums
Tu comprendras alors que toi et Dieu sont Un.
3 novembre 1987
François Brousse
Le Graal d’or aux mille soleils, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1989, p. 65
Ogmios
En plus du prophète fondamental Orphée, il y eut en Gaule et dans les îles Britanniques des prophètes dont les traditions locales nous ont conservé la figure. Le plus remarquable d’entre eux, nommé Ogmios par la Gaule, Brân par la Grande Bretagne et Manannan par l’Irlande, possédait un trésor magique qu’il défendait opiniâtrement contre les démons.
Ce trésor renfermait, à côté d’une armure invulnérable, d’une invincible épée, d’un manteau ayant la vertu de rendre invisible, un récipient talismanique où les morts ressuscitaient et d’où jaillissaient la science et l’inspiration.
La divine légende du Saint Graal a probablement pour source la Coupe magique d’Ogmios. Le trésor lui-même lui prend son origine dans la mythologie hindoue : ce sont les merveilles sorties du mystérieux océan de lait, merveilles comptant dans leur nombre la vache nourricière du monde, l’arbre du Paradis au parfum infini, un fabuleux cheval volant, un joyau de miracle destiné à la poitrine de Vishnou et, enfin, le médecin des dieux tenant en main la Coupe d’immortalité.
Derrière le voile de tous ces symboles se dresse une grande idée, comme le soleil qui luit à travers les déchirures des nuages : c’est la soif de l’absolu, l’audace humaine brisant les serrures du ciel, c’est le sage devenant Dieu.
François Brousse
La Coupe d’Ogmios, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1993, p. 35
Celui qui réussit à s’emparer du saint Graal découvre le Moi divin qui étincelle en lui.
Il plane au delà du temps, de l’espace et de la causalité.
Pour atteindre à de telles hauteurs, il faut traverser
les forêts du corps, les forêts de l’âme et les forêts de l’esprit.
François Brousse
Le Livre des révélations, t. I, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 10
On représente le signe du Verseau sous la forme d’un adolescent divin qui laisse choir de son amphore renversée des cascades d’astres. Le Graal Universel sourit énigmatiquement dans les constellations. Et ce n’est pas une simple coïncidence ; les traditions astrologiques nous ont conservé la signification du Verseau, c’est celle du Graal. Le Verseau s’appelle Amphora, l’Urne, forme moderne du Graal médiéval.
Dans la mythologie hellénique, le Verseau prend le visage de Ganymède, que Zeus, le roi des Dieux, ayant emprunté la forme d’un aigle, emporta dans l’Olympe rayonnant. Dès lors, Ganymède devint l’échanson des Dieux. Il versait dans leurs coupes d’or le nectar, la liqueur de l’immortalité.
La coupe sacrée brille encore entre les mains de Dionysos, le maître des ivresses créatrices. Dionysos ressemble curieusement au Christ, son illustre successeur. Ils chevauchent tous les deux l’animal paisible par excellence : l’âne. Tous les deux sont tués par les puissances du mal, tous les deux ressuscitent. Ils montent au ciel, l’un et l’autre. L’un et l’autre visitent le séjour des morts. Bref, la coupe de Dionysos Zagreus préfigure le Graal de Jésus‑Christ.
Une autre ébauche grandiose du Christ, c’est Asclépios, le Dieu des guérisons merveilleuses. Tout enfant, un éclat surnaturel l’environnait, les bergers se prosternaient devant sa gloire. Sa coupe radieuse, pleine du sang de la Gorgone, revivifiait les malades et ressuscitait les morts. Par un étrange contraste, le sang du monstre gorgonien préfigure le sang du Sauveur christique. Du sang de Méduse, en effet, naquit le cheval aux ailes immenses, le vainqueur des espaces étoilés : Pégase.
Méduse unit énigmatiquement les caractères de Satan et du Christ. Elle a une chevelure de serpents, mais des ailes d’or. Son œil unique pétrifie les mortels, mais son sang donne l’immortalité.
Nos aïeux, les Celtes, portaient, dans leur subconscience collective, les idées fascinantes du Saint Graal : on les voit flotter à travers les brumes de leur mythologie, comme des germes chargés d’avenirs radieux. Si nous en croyons César, les Gaulois prétendaient avoir pour ancêtre le Dieu des morts, le mystérieux Dis Pater. Sous le nom de Sucellus, il tient dans sa main gauche un maillet à long manche, et dans sa main droite, un grand vase. J’interprète le maillet comme un marteau de Thor, image du tonnerre et de la destruction, quant au vase, c’est évidemment le réceptacle de la vie éternelle. Sucellus est le grand distributeur de la mort et de la vie, le Dieu des réincarnations – cette croyance fondamentale de l’âme celtique.
En Irlande, il s’appelle Brân et revêt une forme gigantesque. Ce titan règne dans l’empire souterrain des trépassés ; et son chaudron magique – encore un Graal ! – ressuscite les morts. Blessé d’une flèche dévorante, Brân se fait couper la tête, pour tarir le flot noir des douleurs. Mais sa tête vivante continue à rendre des oracles pendant 87 années… Comme la tête d’Orphée qui, roulant sur les eaux de la bleue Méditerranée, murmurait des vers sibyllins, comme la tête de Mimir qui, embaumée par Odin, lui dévoilait les secrets du monde…
Odin lui‑même possédait le Graal universel, « l’hydromel des poètes ». Ksavir, le fils des Dieux et des Titans, était le plus sage des hommes. Deux nains maléfiques le tuèrent et mélangèrent son sang avec du miel, puis l’hydromel magique fut caché dans les palais souterrains du géant Suttung. Odin ayant pris la forme d’un serpent, se glissa par une ouverture dans les entrailles de la terre, déroba ce breuvage transcendantal, et s’enfuit sous la figure d’un aigle. Odin, le poète vertige, s’incarna dans les deux animaux du Verbe, le serpent Sagesse et l’aigle Inspiration.
Sous le masque d’Odin, le héros scandinave, transparaît le visage d’Ogmios, le héros celte. Ogmios était le Dieu de la poésie et de la science, le roi des révélateurs, l’empereur des Mages. Les bardes l’appelaient Gwyon et lui donnaient la coupe de régénération, dont trois gouttes brûlantes suffisaient à dévoiler les arcanes de l’avenir.
Ogmios‑Odin, pour rajeunir le monde, se blessa de sa lance divine et fut suspendu aux branches prodigieuses du chêne Yggdrasil, dont les racines plongent au cœur des mystères. Pendant neuf jours, il agonisa sur ce gibet indestructible. Puis le nain Mimir le ressuscita en lui faisant boire l’hydromel des poètes et des sages.
D’après d’antiques traditions, le Saint Graal est formé d’une gemme magnifique et terrible, l’émeraude tombée du front de Lucifer quand l’archange foudroyé s’écroula dans l’abîme ! Si bien que le Saint Graal synthétise en lui toutes les gloires de l’homme : la révolte luciférienne et l’Amour.
Quand Joseph d’Arimathie eut recueilli dans l’émeraude de Lucifer le sang du Christ, il porta l’extraordinaire talisman dans la terre des Gaules au fond des forêts incommensurables. À sa mort, la Coupe fut transmise aux bardes, dont les harpes d’or chantaient la vie des âmes à travers les cercles de l’Au‑delà. Des bardes, chanteurs mystiques, elle passa aux mains des albigeois, ces gnostiques médiévaux, ces hérétiques épris de pureté et de lumière, ces Christs vivants, que crucifia Rome !
Leur héroïne, la Jeanne d’Arc des Purs, la Velléda du midi, ne mourut pas dans les ruines grandioses de Montségur. Pendant que les soldats du Démon massacraient les enfants de Dieu, Esclarmonde prit la forme d’une colombe et, quittant le château incendié, s’envola dans une lumière surnaturelle, emportant dans son bec le Saint Graal. On assure qu’elle a gagné l’Inde, la terre des mystères infinis.
À la cime d’une montagne secrète, derrière des forêts inconnues, au cœur d’une tour énigmatique, Esclarmonde a repris son apparence de Vierge. Une licorne au poil de neige repose auprès d’elle. Et toutes deux gardent la coupe divino‑démoniaque, qui attend le futur chevalier, le sublime adolescent annoncé par les prophéties, celui dont les lèvres révèleront au monde la vérité du Saint-Graal…
François Brousse
« Méditations sur le Graal universel » dans Revue BMP N°51, nov. 1987
L’être qui arrive à découvrir le Saint Graal doit pour cela vaincre une multitude d’obstacles et parmi ceux-ci, une licorne. La licorne est un animal d’une pureté absolue ; elle veille au pied d’une tour d’ivoire, tout en haut de laquelle se trouve le Saint Graal. Il faut donc qu’il arrive à vaincre cette forme lumineuse qui n’est détruite, qui n’est vaincue que par les êtres totalement divins. Le chevalier du Saint Graal doit être arrivé à la conscience divine.
Ensuite, il y a, à l’intérieur de la tour, une vierge aux pouvoirs terrifiants qui garde aussi le Saint Graal. Il faut donc qu’il séduise la vierge. S’il ne parvient pas à la séduire, il est perdu et la vierge d’un regard de ses beaux yeux le foudroie […]. Il doit donc vaincre la vierge et la licorne qui représente l’initié. Il faut qu’il arrive à découvrir l’œil sublime qui est en soi et qui est le troisième œil, qui est symbolisé par la corne de la licorne. Ensuite la vierge représente l’âme : il faut donc qu’il arrive à dominer son âme intégralement, et à ce moment-là, s’il la séduit, il aura le Saint Graal, c’est-à-dire l’union de l’âme humaine représentée par Lucifer et de l’âme divine représentée par Jésus. Il boira par conséquent le sang du Saint Graal et deviendra un homme-Dieu, un nouveau Christ, un Frère Aîné qui prendra place dans l’assemblée des sages de la grande Fraternité blanche.
Voilà très rapidement ce que c’est que le Saint Graal et il faut pour y arriver les quatre initiations, celle de l’eau, de la terre, de l’air et du feu.
Il faut surtout que le chevalier – car c’est un chevalier – se voue intégralement et totalement à son maître. S’il a le moindre doute vis-à-vis de son maître qui est le grand initiateur, il n’arrivera jamais au Saint Graal.
Il faut qu’il se dévoue intégralement, corps, âme et esprit au maître qui l’aura envoyé et qui est un sage. Ce peut être l’enchanteur Merlin par exemple, qui lui a donné toutes les directives nécessaires pour découvrir le Saint Graal. J’insiste un peu sur ce détail : s’il n’y a pas la confiance absolue dans le maître, tout est perdu et l’on ne fera jamais un pas en avant.
François Brousse
« Questions – Réponses », Perpignan, 12 sept. 1983
Le seul fait d’être incarné et de se mettre en relation magnétique avec un Maître te procure l’aide de ce Maître ; il faut en plus lui envoyer chaque jour des pensées d’amour ainsi qu’à l’Univers.
On doit essayer de communiquer le bonheur aux autres quand on est heureux, même s’ils ne l’acceptent pas, tu leur envoies quand même des pensées d’amour. Ces pensées d’amour adressées aux Maîtres les aident à répandre le bonheur sur l’humanité.
Le vase, le Saint Graal est rempli de toutes les pensées d’amour adressées à Dieu et aux Maîtres.
Il est bien certain que ni Dieu, ni les Maîtres n’en ont besoin, mais ils puisent dans ce Saint Graal l’onde d’amour qu’ils répandent sur les peuples.
Ce qui fait que, lorsque nous sommes heureux, nous avons le devoir, le dharma d’envoyer des pensées d’amour à l’univers, aux Maîtres et à Dieu : ils s’en servent pour aider les êtres humains.
Pour être aidé, il faut donner quelque chose. Les Maîtres continuent de rayonner, à tout moment, l’amour, la sagesse et la beauté sur la Terre. Si quelqu’un est en relation magnétique par l’amour avec eux, leur puissance se répand beaucoup plus fortement sur lui car il a en quelque sorte ouvert un canal.
Le rayonnement du Maître s’étend partout, certains sont capables de le sentir et d’autres non ; si tu envoies d’intenses pensées d’amour au Maître, tu crées un canal magnétique entre toi et lui, et par conséquent la pensée et la puissance magnétique du Maître viennent sur toi et te protègent ; il te protège spécialement, parce que, spécialement, tu lui as adressé des pensées d’amour. Il ajoute les pensées d’amour qu’on lui adresse à son propre rayonnement ; tu peux augmenter la puissance de rayonnement des Maîtres en leur envoyant des pensées d’amour. Les pensées d’amour adressées à Dieu – qui n’en a pas besoin évidemment – sont automatiquement utilisées par les Maîtres.
On participe de cette façon-là au triomphe des forces du bien sur les forces du mal.
François Brousse
Entretien, Perpignan, 2 sept. 1985
L’Aventure de la conscience (1) comme dit Satprem [1923-2007] n’est pas une simple aventure. Nous devons arriver à découvrir en nous l’être divin qui est nous-mêmes. Mais il y a des dangers, il y en a quatre :
o Le premier danger c’est la folie. Les quatre compagnons de l’absolu sont montés sur la montagne où se dresse le jardin divin. Le premier a ouvert la porte et il est devenu fou, une sorte de démence insensée l’a saisi.
o Le deuxième a essayé de monter, de grimper par les murailles et il a été foudroyé, il est tombé mort.
o Le troisième a pénétré et quand il a vu toutes les plantes, tous les arbres, tous les rochers qui existaient dans ce merveilleux jardin, il est devenu un rocher lui-même, c’est-à-dire, après la mort et la démence, c’est la perte de toute volonté.
o Le quatrième a réussi à pénétrer et à voler une mandragore et grâce à cette mandragore prise au jardin céleste, il a pu devenir un des maîtres du monde, aller de victoire en victoire entraînant derrière lui des multitudes fanatisées et il a fait beaucoup de mal à l’univers.
o Ce n’est que le cinquième qui a réussi à pénétrer dans le sanctuaire divin, à boire l’eau de l’immortalité dans le Saint Graal de l’inspiration. Celui-ci est devenu un maître. Il y en a très peu dans le cosmos.
SATPREM, Sri Aurobindo ou L’Aventure de la Conscience, Paris, 3e éd. Buchet Chastel, 2003 (1ère éd.1964)
François Brousse
Le Livre des révélations – Tome 2, Clamart,Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 45-47
À ce propos, puisque je vous ai parlé de la grande, de l’étonnante émeraude venue de Sirius, je vous parlerai aussi de l’Aggartha, mais d’une manière rapide et voilée. L’Aggartha possède tous les talismans, d’abord, la fameuse émeraude. Elle possède aussi l’autre pierre, l’escarboucle du Graal.
Elle a ceci de particulier que, si vous la regardez intensément, vous arriverez à découvrir, à l’intérieur de cette pierre, non seulement votre destin individuel, mais également le destin de tous les peuples de la Terre. Vous verrez apparaître les visages des futurs hommes qui marqueront l’histoire de l’humanité. Et vous entendrez également retentir dans vos oreilles leurs noms. Cette escarboucle est connue des mythologues. Et vous la retrouverez, en particulier, dans le Roman de la Rose. On la confond fréquemment avec la Pierre philosophale. Ainsi, Jean de Meung parle de la fontaine de jouvence, aux eaux miraculeusement belles, et dominée par un olivier qui monte au ciel et que l’on pourrait comparer à l’arbre Yggdrasil, si connu des Scandinaves. Au fond de cette source enchanteresse, vibre une pierre d’un éclat fabuleux. Celui qui possède la pierre a le pouvoir de changer tous les métaux vils en or et de changer son âme humaine en âme divine.
C’est la pierre philosophale, et elle recèle également une autre possibilité. C’est la force de supprimer toutes les maladies et de donner à son possesseur la jeunesse éternelle. Cette pierre est universellement connue mais extrêmement rare. Très peu d’alchimistes en sont maîtres.
François Brousse
Le Livre des révélations, t. I, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 23
Monté sur un cheval vert émeraude, je suis un paladin vêtu d’une armure d’or, avec un casque à visière. Un panache de plumes blanches frissonne sur le casque. Je pousse mon cheval vers le haut d’une montagne où se dresse la tour d’ivoire qui contient le Saint-Graal.
Cette tour est gardée par une vierge dont les regards peuvent être mortels. Le cavalier traverse une vaste forêt. Il rencontre dans une clairière un nain monstrueux juché sur un bloc de porphyre, dont les veines semblent rouler un sang tragique. Le nain me dit : « Je ne te laisserai passer que si tu réponds à trois énigmes. Le passage est la récompense de l’intelligence. »
Le chevalier riposte : – Je t’écoute.
Première énigme : – Quelle est la chose la plus longue ?
– C’est le temps, il n’a ni commencement ni fin. Et si par hasard il se fige en éternité, l’éternité elle-même est du temps immobile, alors que le temps est une mobile éternité. Dans tous les cas, il n’a pas de fin.
Le nain fit une grimace et continua :
- Quelle est la chose la plus brillante ?
- La Vérité. Son éclat dépasse celui de mille soleils car elle illumine l’œil de l’âme. La vérité brille intemporellement, alors que le soleil a commencé et finira.
Le nain fit une grimace encore plus laide que la première et poursuivit :
- Quel est le poids de monde ?
- Tu entends par monde l’univers‑bulle avec ses milliards de galaxies, chacune comprenant des milliards d’étoiles. Or les galaxies entretiennent entre elles des relations attractives et répulsives qui combinent un équilibre parfait. Ainsi, lorsque Dieu, dans sa large main, prend le globe du cosmos, ce globe ne pèse rien. Le poids des mondes est égal à zéro !
Le nain fit entendre un grognement sourd comme une bête blessée et sauta simiesquement parmi les feuillages ou il s’évanouit. Et je poursuivis mon chemin. Voici la tour d’ivoire, gardée par la vierge aux yeux meurtriers, assise sur un trône d’argent. Devant elle s’arrête le paladin. Il déclare : – Je veux le Saint‑Graal !
La vierge répondit : – Tu as trop de passions !
Il réplique : – J’en ai moins que Salomon, accompagné de mille épouses, et que Krishna, orné de 16218 gopis ! Cela n’a pas empêché Salomon d’être le plus grand sage de son siècle et Krishna d’unir en lui la perfection de l’homme à la perfection de Dieu !
Sans répondre la vierge lance un regard mortel. J’avais prévu le choc et abaissé ma visière d’or, tout en murmurant le mantram thibétain : Om Mani Padme Aum.
Malgré cette double défense, le casque d’or est dévoré par le regard de mort qui pénètre dans mes deux prunelles et fait couler un froid mortel dans ma tête. Le froid progresse et descend dans le corps, mais il s’arrête devant mon cœur. Ce centre de forces se met flamboyer comme un bloc de braise. En contrecoup, ma glande pinéale se réveille et brille comme une étoile de feu. Pris entre ces deux flammes, le froid mortel disparaît et mes yeux se remplissent d’étincelles belliqueuses. Elles vont frapper les yeux de la vierge guerrière qui tombe évanouie sur l’herbe, au pied de la tour d’ivoire. Je me penche sur la vaincue et lui dérobe un baiser sauvage. Elle ouvre ses yeux et me dit : – Le Saint Graal est maintenant ta proie !
Je pénètre dans la tour en poussant la porte de fer qui s’ouvre sans résistance. Le Saint Graal surgit brusquement dans une inexprimable splendeur. C’est une sphère de lumière éblouissante, embrassant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel qui rutilent et bougent dans un éclat sans cesse renouvelé. Au centre, une coupe de substance fluide et rayonnant de la huitième couleur, la gloire des initiés. Je m’empare du Saint Graal et bois à longs traits la liqueur prodigieuse qui frissonne dans son cratère. Elle contient les secrets de l’éternité, de l’infini, de la perfection, de l’absolu et ruisselle en ondes de suavité à travers tout mon organisme. Mon corps astral s’agrandit à la stature de l’univers aux spirales d’étoiles et je devins le nouveau Galaad, le maître de la science transcendantale.
François Brousse
« La conquête du saint Graal » dans Revue BMP N°184-185 – janvier-février 2000
L’infini contient l’absolu, l’éternité, la perfection car si tout ceci n’était pas contenu dans l’infini, cet infini cesserait d’être infini.
L’infini est la chose essentielle, fondamentale que l’on doit trouver dans la recherche du Graal.
François Brousse
Conf. « Le symbolisme du Graal », Paris, 19 nov. 1993
Méthode pour contacter le Graal
Le véritable Graal est dans la profondeur de la montagne et on peut le trouver en corps astral.
– Envoyer une bénédiction à l’univers ;
– Envoyer une bénédiction à chacun de vos maîtres en leur demandant de vous mettre en contact avec le Graal ;
– Imaginez :
que vous sortez de votre corps,
que vous allez dans la profondeur de la montagne de Montségur,
que vous trouvez-là un vase en or,
que vous le prenez,
que vous y buvez car il contient un nectar astral qui vous communique la sagesse parfaite.
La conquête du Saint Graal
La recherche du Saint Graal demandait beaucoup de qualités : le courage naturellement et aussi la pureté intérieure.
Pour conquérir ce Saint Graal, il fallait traverser d’immenses abîmes, vaincre des dragons, déjouer la malice diabolique des nains, s’écarter, si j’ose dire, des tentations de royauté, de grandeur, pour arriver enfin à la tour mystérieuse, la tour d’ivoire où reposait le Saint Graal. Cette tour était gardée par une licorne. Après avoir vaincu nains et géants, dragons et embûches subtils, on devait être totalement pur, sinon, la licorne guerrière et invincible veillant aux portes du château nous transperçait purement et simplement.
Toutes ces légendes proviennent en réalité de conceptions magiques et de conceptions ésotériques. Elles sont en quelque sorte la transcription poétique d’une vérité métaphysique éternelle.
François Brousse
Poésie langage de l’âme, Vitrolles, Éd. de la Neuvième Licorne, 2008, p. 14-15
L’émeraude
Cette émeraude serait une météorite tombée d’une étoile lointaine ou proche et qui se trouverait d’ailleurs toujours en possession des maîtres de l’Aggartha.
Par ces exploits, on conquiert le saint Graal qui, sur le plan symbolique, est à la fois une émeraude, un rubis, une pierre escarboucle, par laquelle tous les secrets peuvent être lus et notamment les secrets intérieurs de notre être.
Une fois vus, nous sommes capables d’accéder – aux dires des mythologies celtiques – au Saint Graal qui peut nous permettre, si on boit trois gouttes du liquide qu’il contient, de comprendre le cosmos, et si on en boit sept, d’être absolument pareil au Christ et à Dieu.
François Brousse
Poésie langage de l’âme, Vitrolles,
Éd. de la Neuvième Licorne, 2008, p. 71
Joseph d’Arimathie, comme Jean de Pathmos, semble le continuateur du Christ ; c’est pourquoi, la légende lui fait recueillir le sang du Christ dans un vase sacré, formé par l’émeraude éblouissante qui tomba de la couronne de Lucifer, quand cet archange fut précipité dans l’abîme.
L’initiation de Joseph d’Arimathie, réunissant la voie christique et la voie luciférienne, constitue l’initiation parfaite. Il vint fonder, dans le Midi de la Gaule, une Église celtique dont les racines, pénétrées de sève druidique, poussèrent plus tard l’arbre de la science albigeoise.
François Brousse
Dans la Lumière ésotérique, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1999, p. 159
Le Graal est en quelque sorte la poignée de diamants que Dieu nous jette et ce Graal est, sous un certain sens, la connaissance parfaite, tellement parfaite qu’elle dépasse, j’allais presque dire, la perfection.
François Brousse
Conf. « Le symbolisme du Graal », Paris, 19 nov. 1993
Merlin avait fondé un groupe intitulé les Chevaliers de la Table Ronde et ce groupe était composé de douze initiés. Il fallait subir douze épreuves pour être capable de goûter toute la profondeur divine du saint Graal.
Après, le saint Graal passa entre les mains des cathares et notamment de Guilhabert de Castres, mélange d’histoire et de légende, puis dans les mains d’Esclarmonde de Foix qui resta avec les Maîtres qui défendaient Montségur et, si vous vous rappelez la légende rapportée par Otto Rahn, au moment où les légions catholiques environnaient les murs sacrés de la forteresse, Esclarmonde de Foix, sous la forme d’une colombe, s’est envolée du cœur de la montagne éventrée qui s’est ouverte magiquement ; Esclarmonde de Foix portant dans son bec, le saint Graal, est partie pour l’Inde. Là, elle a été le déposer tout en haut d’une tour d’ivoire gardée à la fois par une vierge et une licorne.
Le futur maître de l’Esprit, le futur chevalier du saint Graal ira conquérir les trésors de la sagesse inépuisable. Tout ceci est une légende, une légende extrêmement belle.
François Brousse
Conf. « Le saint Graal », Perpignan, 02 nov. 1981
Dans le Saint Graal, on pourrait trouver kabbalistiquement le Gal ou Gaulois, autrement dit le Français, et Râ, le soleil égyptien avec son ésotérisme, et le nombre cinq du Tarot (Saint) qui représente les Maîtres de la sagesse.
François Brousse
« Otto Rahn et la fraternité polaire » dans Revue BMP N°29, nov. 1985
Le Saint Graal : si on envoie des pensées d’amour dans cette coupe fabuleuse, le nectar s’y matérialise, un liquide à la fois matériel et spirituel.
En le buvant, on a la connaissance intégrale et la conscience cosmique.
François Brousse
Entretien, Clamart, 19 janv. 1989
SAINT GRAAL
Tu es parti, ô chevalier,
Pour retrouver le saint Graal,
Un éblouissant idéal
À ton aventure est lié !
Tu dois franchir d’affreux décombres,
Traverser des zones sans fin
Deviner les énigmes sombres
Qui font pâlir les séraphins !
Ne doutes jamais de ton maître !
Il brandit le glaive soleil !
Tu dois à chaque instant renaître
Les aubes craignent son orteil !
Tu seras l’aigle et le lion
Car pour dominer les étoiles
Tu déchireras tous les voiles
Dans l’unique religion !
1er juillet 1995
François Brousse
Le Pas des songes, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 2001, p. 122
La quête du Saint Graal est la puissante aventure de l’humanité
à la recherche du Dieu enfermé dans son cœur.
François Brousse
Revue BMP N°33, mars 1986
SAINT GRAAL
Le Saint Graal s’impose
Dans la sérénité,
Un jaillissement rose
Crée le nouvel été.
Une idéale gnose
Sur la gloire a chanté.
On contemple en soi même
Les lois de l’infini,
La volupté suprême
S’éveille au fond des nids.
Une émeraude extrême
Nous a tous rajeunis.
Le créateur d’extases
Pour le ciboire dort,
Mais son cratère embrase
Le fourmillant décor.
Dans l’ample paraphrase
L’homme et Dieu sont d’accord.
23 juin 1993
François Brousse
L’Homme aux semelles de tempête, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1995, p. 69
Vassaphanta et le Saint Graal
Le Brahmane Vassaphanta, forme antique du Comte de Saint Germain, fleurissait dans l’Inde, à l’époque du roi Ménandre. Il vivait tantôt dans le calme infini des montagnes tiarées de neiges et de rapaces, tantôt dans le tumulte bigarré des villes. Il possédait une coupe miraculeuse dans les parois de laquelle apparaissaient les scènes de l’avenir, le visage des morts, la danse des asuras verdâtres et la gloire des dieux.Quand Vassaphanta inclinait sa coupe d’or, il en coulait un ruisseau de feu. Le sage l’utilisait pour allumer le bûcher des sacrifices. Étranges sacrifices d’ailleurs car le Brahmane aux prodiges ne mettait sur le bûcher odorant que des fleurs et des fruits. Les Hindous considéraient Vassaphanta comme un Avatar du dieu Agni, bélier et flamme.Vassaphanta méditait solitaire dans la profondeur vertigineuse des forêts. Les tigres et les pythons obéissaient à sa parole. On voyait autour de lui un cercle de gazelles et de bêtes fauves, tandis que des oiseaux multicolores voltigeaient dans l’air vibrant d’amour.On lui apportait sur des civières les moribonds et il leur redonnait force et vigueur rien qu’en les effleurant de sa coupe d’or. La nuit il s’endormait au pied d’un banian et trois énormes singes roux veillaient sur son sommeil.Un jour, peu après le lever de l’aurore, une grande lumière d’émeraude fit explosion dans le ciel. Les paysans se prosternè¬rent et dirent qu’ils avaient vu passer le Char de Krishna. Mais Vassaphanta déclara : – C’est le signe de ma disparition physique.
Il embrassa ses neuf disciples, donna sa coupe d’or au Brahmane Brapu, saisit son bâton à sept noeuds et marcha vers l’Himalaya. C’est ainsi qu’il disparut du monde vers l’an 300 avant Jésus Christ. Brapu fit de nombreux miracles avec la coupe d’or de Vassaphanta. Mais à sa mort, elle fut volée par une femme tamoule, aux yeux bril¬lants et à la peau sombre. Depuis on n’a plus parlé du talisman divin. […]
On est tenté d’identifier la coupe d’or de Vassaphanta et le fameux Saint‑Graal, qui hante les romans de chevalerie. Que le talisman d’un sage brahmane soit devenu le réceptacle du sang de Jésus‑Christ, quoi de plus normal ? Les preuves historiques manquent totalement, et les correspondances analogiques y joignent leurs guirlandes transparentes.
De Vassaphanta, incarné plus tard dans le Comte de Saint‑Germain, la coupe d’or passa aux mains du Messie. Par quels crépusculaires chemins ? Si réellement Jésus est allé en Inde, les tronçons du glaive se reforment.
Vassaphanta, Brapu, la femme tamoule, l’initiateur hindou du Galiléen, et son génial initié, créateur du Christianisme. Joseph d’Arimathie ou « de Rama », reçut la coupe d’or et recueillit dans ce royal cratère le sang du Christ crucifié. Le sang d’un maître a des vertus souveraines et surnaturelles.
Puis les voyages du saint Graal demeurent enveloppés de mystère. Joseph, de Rama l’a-t-il porté chez les druides de la blanche Angleterre, nid de cygnes dans le saphir des mers ? Le saint Graal, ensuite, serait passé entre les mains de l’Enchanteur Merlin, dominateur des pierres et du feu, amant extatique de la fée Viviane. Nous voici déjà au huitième siècle de l’ère chrétienne.
Les initiés celtiques, à la mort de Merlin, conservèrent la coupe miraculeuse dans leur ermitage au cœur des forêts de Brocéliande. Elle servait à déclencher des orages et à faire lever le Soleil. À l’époque de Charlemagne, elle tomba au pouvoir d’un sage, connu sous le nom du nain Obéron, par les romans de chevalerie. Obéron, au visage plus radieux que le matin, porta le Saint Graal en Orient, dans les lieux tout parfumés par le souvenir du Nazoréen. Le roi des génies aériens confia le talisman christique aux mandéens qui vivaient encore sur les bords du Jourdain. Les pontifes mandéens en furent dépouillés par les musulmans. Et voici qu’entre en scène le curieux Bernard de Clairvaux, fondateur de l’Ordre du Temple. Ce saint étrange a-t-il suscité l’inutile deuxième Croisade dans le but secret de récupérer le Graal ? Napoléon lui-même s’est penché sur l’énigme de la coupe fantastique. Le bassin hexagonal en émeraude, contenant quatre perles au fond de son hémisphère et que l’Église de Gênes prétendait être le saint Graal, fut amené à Paris. Mais l’année 1806 s’avéra fatale pour la légende. L’émeraude n’était que du cristal vert. De toute manière, selon la nouvelle optique, le Graal n’était pas une pierre précieuse creusée, mais de l’or alchimique. Que deviennent Parsifal et les Chevaliers de la Table Ronde ? Ils font partie des initiés de Brocéliande, successeurs de l’Enchanteur Merlin.
Pérille, prince grec, aurait reçu le Graal du magicien sublime et la Gaule le nomma roi du Graal.
De Pérille le vase sacré devient propriété de Tirturel, puis de son fils Frimutelle, mort pour la belle Florarnie, puis de son fils Amfortas, blessé d’amour et navré par la lance d’un ennemi, qui lui infligea une plaie inguérissable.
Enfin, le conquérant du Graal se nomme Perceval ou Parsifal, que l’Allemand Otto Rahn identifie à Trencavel, dernier défenseur des libertés occitanes.
De même le Montsalvat de Wolfram d’Eschenbach s’assimile au Montségur, forteresse sainte des albigeois.
Donc le Saint Graal se trouverait dans le trésor des cathares, avec la Table d’Émeraude d’Hermès Trismégiste et le Chandelier à sept branches de Salomon.
Plus qu’un bijou ciselé, le saint Graal est une étincelle spirituelle. Il représente notamment la synthèse des religions dans la vérité suprême. Le mot Graal, décomposé selon les méthodes kabbalistiques, donne G, la lettre mystique des francs-maçons, Ra, le dieu soleil des Égyptiens, et Al ou Allah, le Miséricordieux selon les soufis. La lettre G délivre la génération sur le plan biologique, la géométrie sur le plan mental, Ganymède sur le plan du Verseau, et Gnose sur le plan métaphysique.
Le Graal représente aussi l’union transcendantale entre l’âme humaine et l’âme divine, l’extase des noces éternelles. Il peut encore exprimer une des méthodes pour atteindre l’illumination : le goût du nectar. Il suffit aux initiés de mettre le bout de leur langue contre le haut du palais, aussi loin que possible sans effort, et de concentrer l’esprit sur ce point de rencontre pour susciter une saveur extraordinaire, plus intense que toutes les succulences terrestres. Cette méthode peut nous conduire à de très hautes réalisations. […]
La Croisade des Albigeois est dominée, si l’on en croit la tradition méridionale, par Esclarmonde de Foix, dont le nom contient la clarté, l’éclat, l’escarboucle du monde et la splendeur de la foi cathare. Elle s’est envolée, d’après les récits légendaires sous la forme d’une colombe, emportant dans son bec le saint Graal. Les hordes de l’ignorance ont eu beau s’emparer de l’héroïque Montségur, la sagesse impérissable a été sauvée et bouillonne en ivresses sacrées dans la coupe du Brahmane Vassaphanta et du Nazaréen Jésus-Christ.
François Brousse
« Vassaphanta et le Saint Graal dans Revue BMP N°218-222, janv.-mai 2003
La transformation du mental inférieur de l’homme en mental supérieur, c’est ce qu’on appelle le Graal. […] Celui qui boit le sang du Saint Graal devient Dieu, il est l’égal de Jésus et l’égal de Dieu.
François Brousse
Entretien, Clamart, 26 mai 1988
GRAAL
L’inapaisable mer comme une tourterelle
Gémit dans le parfum des nuits surnaturelles ;
J’écoute le vent clair qui courbe les airelles
Et mon cœur ébloui, sous cet arc triomphal,
Rêve au mont du Soleil où gravit Parcifal.
La mer est une perle éclatante qui chante.
Ô souffles du lointain gonflés de voix touchantes !
À travers le poignard des ténèbres méchantes,
Nous goûterons, malgré les rires du néant,
Le fabuleux Graal où boivent les géants.
François Brousse
Vie lyrique, Clamart, Éd. la Licorne Ailée, 2006, p. 186
Le graal et les pensées d’amour
Comment peut on faire du bien à un dieu ?
F.B. : En lui envoyant des pensées d’amour. Il en a besoin. S’il n’en a pas besoin, il va s’en servir. Il les mettra dans une espèce de Graal et il s’en servira pour les autres.
C’est cela le Graal ?
F.B. : Oui, le graal, c’est cela même. Vous envoyez des pensées d’amour à Dieu. Il n’en a pas besoin, Il est l’Être parfait. Il se sert de toutes ces pensées d’amour pour les enfermer dans une sorte de Graal précieux et, ensuite, Il les répand sur le monde. Il se sert de vous comme d’une espèce d’abondance permanente, de source inépuisable. Plus vous lui envoyez des pensées d’amour, plus vous contribuez à l’élévation du genre humain et à la lente montée de l’espèce humaine vers la lumière éternelle.
Le fait de dire leur nom avec amour, cela suffit-il ?
F.B. : Oui, avec beaucoup d’amour. Il faudrait le faire assez longtemps.
Et quand on prononce le nom des maîtres de l’Aggartha ?
F.B. : Si vous envoyez des pensées d’amour à chacun des maîtres de l’Aggartha, ils s’en servent. Ils utilisent les pensées qui leur sont adressées pour les répandre sur toute la Terre.
C’est un des secrets qu’Apollonius de Tyane avait appris des sages éternels du Tibet.
François Brousse
Entretien, Clamart, 27 août 1991 dans Revue BMP N°166, juin 1998
Galaad
Le nouveau Galaad, sous le ciel rouge et vert,
Dégaine son épée au flamboiement tragique,
Il s’en va conquérir, pour sauver l’univers,
Le Graal bouillonnant de mixtures magiques.
Quel destrier d’Égypte envoie avec ivresse
Ses crins de flamme rousse au mercure des flots ?
Mais quand la lune irrémissible les caresse
Le chevalier entend chanter dans des sanglots
Au vent fou de l’étoile une reine en détresse…
24 mai 1990
François Brousse
Ivresses et sommeils, Imp. Labau, Perpignan, 1980, p. 68



