Guerre et paix – II/II
Guerre et paix – II/II
Il ne faut pas qu’un peuple soit séparé d’un autre peuple,
qu’une nation soit séparée d’une autre nation.
Les nations, les peuples existent, ils sont les organes d’un même corps grandiose qui s’appelle l’humanité ; ces organes sont faits pour s’entendre
et non pas pour se dévorer les uns les autres ;
ils se complètent, ils ne se détruisent pas ; quand ils se détruisent, c’est évidemment la mort de l’humanité elle-même. Ce sont en tout cas de graves maladies qui s’abattent sur le corps général de l’humanité. Si jamais cette maladie se développe de manière terrible, nous avons le cancer généralisé que l’on appellera la troisième guerre mondiale et dans laquelle tout disparaîtra : la vie intégrale de l’humanité sera anéantie.
François Brousse
Commentaires sur les Proverbes de Salomon – t. I, Clamart, éd. La Licorne Ailée, 2015, p. 250
Comment éviter la troisième guerre
mondiale ?
Une mutation très difficile et très simple. Primo, purifier son corps ; secundo, purifier son âme ; tertio, purifier son esprit.
On devrait commencer par une alimentation pure, des pensées pures et des aspirations pures. L’alimentation pure, c’est l’alimentation végétarienne. Tant que vous ne serez pas végétarien, vous n’arriverez pas à l’illumination complète et totale car se dresse entre vous et Dieu une multitude de cadavres d’animaux et de corps astrals qui vous empêcheront d’ouvrir la porte du jardin éternel. Je l’ai constaté mainte et mainte fois, la plupart des êtres qui n’arrivent pas à changer leur alimentation, sont arrêtés et ne vont pas plus loin que la deuxième ou troisième initiation, quand ils y arrivent.
Il existe un équilibre effrayant à travers le monde. Dans cet équilibre, nous voyons se dresser une énorme balance. Sur un plateau, pèse la souffrance des animaux et, sur l’autre, la souffrance des hommes. Tant que vous ferez souffrir des animaux et que vous les tuerez pour votre propre plaisir, votre plateau portera la mort, souvent la torture et, en tout cas, l’asservissement des humains.
Il faut également une autre chose, c’est la puissance de la pensée. Dans l’univers, il n’existe qu’une seule puissance, c’est la pensée.
La pensée, la nôtre, est remplie de violence, de colère, de désir de destruction, de rancune, de rancœur. Tout ceci découpe dans l’astral universel et le mental cosmique une série de tourbillons dévastateurs qui se traduisent par la guerre, la révolution, des tremblements de terre, des épidémies, des catastrophes de toute espèce s’abattant sur les malheureux humains. Il faudrait donc supprimer toutes ces pensées de haine, de fureur, et les remplacer par des pensées d’amour. Le seul moyen serait d’envoyer, suivant la méthode bouddhique, des bénédictions dans tous les coins de l’univers. Vous vous considérez comme le centre du monde, et vous l’êtes, et vous envoyez des bénédictions :
Que tous les êtres soient heureux au Nord,
Que tous les êtres soient heureux au Sud,
Que tous les êtres soient heureux à l’Est,
Que tous les êtres soient heureux à l’Ouest,
Que tous les êtres soient heureux au Nadir (dans la profondeur),
Que tous les êtres soient heureux au Zénith (dans la hauteur angélique),
Et que moi même je sois heureux ou heureuse en mon être fondamental.
Il est facile à réaliser et, par la suppression des pensées de destruction, vous arriverez à la purification de votre âme.
Reste la purification de l’esprit. Il ne faut pas oublier que votre esprit doit être habité uniquement de pensées divines et de sensations surhumaines.
Comme le disait notre ami Jésus : « Vous êtes des dieux, vous êtes tous les enfants du Très Haut. »
Or, si vous êtes des dieux et des enfants du Très Haut, vous devez penser, agir, rêver, si j’ose dire, comme des dieux et non pas comme des animaux ou même comme des êtres humains. Il faut donc remplir notre esprit de pensées idéales, d’aspirations divines, d’admirations esthétiques. De cette manière, nous parviendrons à purifier notre esprit comme nous avons purifié notre âme.
Essayons de découvrir la Vérité, cette splendeur de Dieu.
François Brousse
Le Livre des révélations – Tome 2, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 102
Comment éviter la troisième guerre mondiale ?
Une mutation très difficile et très simple. Primo, purifier son corps ; secundo, purifier son âme ; tertio, purifier son esprit.
On devrait commencer par une alimentation pure, des pensées pures et des aspirations pures. L’alimentation pure, c’est l’alimentation végétarienne. Tant que vous ne serez pas végétarien, vous n’arriverez pas à l’illumination complète et totale car se dresse entre vous et Dieu une multitude de cadavres d’animaux et de corps astrals qui vous empêcheront d’ouvrir la porte du jardin éternel. Je l’ai constaté mainte et mainte fois, la plupart des êtres qui n’arrivent pas à changer leur alimentation, sont arrêtés et ne vont pas plus loin que la deuxième ou troisième initiation, quand ils y arrivent.
Il existe un équilibre effrayant à travers le monde. Dans cet équilibre, nous voyons se dresser une énorme balance. Sur un plateau, pèse la souffrance des animaux et, sur l’autre, la souffrance des hommes. Tant que vous ferez souffrir des animaux et que vous les tuerez pour votre propre plaisir, votre plateau portera la mort, souvent la torture et, en tout cas, l’asservissement des humains.
Il faut également une autre chose, c’est la puissance de la pensée. Dans l’univers, il n’existe qu’une seule puissance, c’est la pensée.
La pensée, la nôtre, est remplie de violence, de colère, de désir de destruction, de rancune, de rancœur. Tout ceci découpe dans l’astral universel et le mental cosmique une série de tourbillons dévastateurs qui se traduisent par la guerre, la révolution, des tremblements de terre, des épidémies, des catastrophes de toute espèce s’abattant sur les malheureux humains. Il faudrait donc supprimer toutes ces pensées de haine, de fureur, et les remplacer par des pensées d’amour. Le seul moyen serait d’envoyer, suivant la méthode bouddhique, des bénédictions dans tous les coins de l’univers. Vous vous considérez comme le centre du monde, et vous l’êtes, et vous envoyez des bénédictions :
Que tous les êtres soient heureux au Nord,
Que tous les êtres soient heureux au Sud,
Que tous les êtres soient heureux à l’Est,
Que tous les êtres soient heureux à l’Ouest,
Que tous les êtres soient heureux au Nadir (dans la profondeur),
Que tous les êtres soient heureux au Zénith (dans la hauteur angélique),
Et que moi même je sois heureux ou heureuse en mon être fondamental.
Il est facile à réaliser et, par la suppression des pensées de destruction, vous arriverez à la purification de votre âme.
Reste la purification de l’esprit. Il ne faut pas oublier que votre esprit doit être habité uniquement de pensées divines et de sensations surhumaines.
Comme le disait notre ami Jésus : « Vous êtes des dieux, vous êtes tous les enfants du Très Haut. »
Or, si vous êtes des dieux et des enfants du Très Haut, vous devez penser, agir, rêver, si j’ose dire, comme des dieux et non pas comme des animaux ou même comme des êtres humains. Il faut donc remplir notre esprit de pensées idéales, d’aspirations divines, d’admirations esthétiques. De cette manière, nous parviendrons à purifier notre esprit comme nous avons purifié notre âme.
Essayons de découvrir la Vérité, cette splendeur de Dieu.
François Brousse
Le Livre des révélations – Tome 2, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 102
Il ne faut tuer personne, il ne faut faire de mal à aucun être vivant.
Il convient de se libérer de tous les faux idéaux, la guerre au service d’une idée ou d’une passion, ou la domination d’un homme sur les autres. C’est en se libérant de toutes ces erreurs monstrueuses que l’approche de l’homme vers l’homme sera rendue plus facile, libéré de l’idée de nation, libéré de l’idée de race, libéré de l’idée de supériorité […].
Il ne faut pas mettre le travail spirituel au dessus du travail matériel, ni le travail matériel au dessus du travail spirituel. Tous les deux doivent être appréciés de la même manière et nous arriverons ainsi à la compréhension totale.
Pas de racisme, pas de primauté nationale, pas de guerre au nom d’une idéologie quelconque et nous arriverons normalement, à travers une lucidité complète et totale, à la fraternité universelle.
François Brousse
Le Livre des révélations – Tome 2, 1992, p. 39
Babel, la tour hautaine qui s’élève pierre à pierre contre Dieu, symbolise la civilisation technique uniquement fondée sur l’égoïsme corporel, et oubliant les splendeurs de l’Esprit.
Une telle construction, ayant pour base la violence, ne peut que susciter le contrecoup du destin. L’homme, sans loi morale, se déchirera lui même, à moins qu’il ne fasse régner la justice et la paix sur toute la Terre. Nous n’en prenons pas le chemin. […] Nos enfants ou nos petits enfants risquent de contempler le tableau solennel de la fin d’un monde. Il nous reste à restaurer dans nos cœurs les autels abolis : la sagesse, l’amour, la beauté. Les Dieux meurent, mais l’Esprit demeure.
Jéhovah est vieillissant, Jésus touche à son déclin, Allah commence à sentir les neiges de l’hiver. Par delà les religions moribondes, l’art, la poésie, la métaphysique, nous ouvrent les portes de Dieu.
Nous sommes des Principes immortels, et nous devons prendre conscience de notre immortalité. Nous sommes des intelligences assoiffées de Vérité, et nous devons boire aux fleuves de la vérité suprême. Nous sommes des âmes aspirant au bonheur, et nous devons conquérir la joie totale, qui se confond avec l’amour universel.
François Brousse
« Quatre initiés à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale (II/II) » dans Revue BMP N°22, avril 1985
Je pense que si l’on supprimait les frontières, nous arriverions à un état de paix universelle.
Mais il faudrait évidemment aboutir à développer l’intelligence, l’idéalisme et le sens de la perfection. À ces deux conditions : suppression des frontières, des armées permanentes – Gandhi déclarait même suppression de la police ! – et évolution spirituelle de l’univers, nous arriverions à effacer la guerre. Elle est un état permanent en ce sens que tous les êtres sont en proie à une volonté de puissance. Mais si nous arrivons à la dominer ou à la diriger, on peut suppri¬mer la guerre parmi les humains. […]
Malheureusement, nous pensons actuellement à fabriquer surtout des bombes capables d’anéantir toute l’humanité, notamment la bombe du Jugement dernier qui, je vous le rappelle, est je crois de dix-mille mégatonnes. Nous avons construit des bombes de cent mégatonnes et nous en construirons de dix-mille. À ce moment-là, la trompette de l’Apocalypse retentira sur toute la Terre.
François Brousse
L’Évangile de Philippe de Lyon, 1994, p. 414-415
La guerre sainte
Il s’agit pour les êtres humains, de trouver quelque chose d’éternel, qui s’appelle le bonheur et la vérité. Comment allons-nous trouver le bonheur et la vérité dans un monde rempli de violence, de folie, de haine, de destruction, de mort, de guerre, de déchirement permanent et d’angoisse ?
Comment parvenir à ce résultat ? Comment allons-nous faire pour dépasser cet océan monstrueux de sanglots et de désespoir qui se répand actuellement sur la Terre ?
Je vous ferai observer une chose très simple, c’est que cette période a été connue depuis la plus haute antiquité. Nous savons que l’univers a été partagé en plusieurs cycles, et que nous entrons actuellement dans le Kali Yuga ; les hindous, depuis des millénaires, ont divisé l’histoire du monde en quatre grandes périodes que l’on retrouve d’ailleurs à travers toutes les mythologies, notamment la mythologie grecque dans laquelle elle est peut-être exprimée d’une manière beaucoup plus claire que dans les autres immenses constructions cosmogoniques des religions.
Vous avez quatre périodes, l’âge d’or, l’âge d’argent, l’âge d’airain, l’âge de fer, qui correspondent à des périodes hindoues, c’est-à-dire, l’âge des brahmanes, l’âge des ksatriyas, l’âge des vaysias et l’âge des sudras, qui est aussi le Kali Yuga ou l’âge noir. Nous sommes dans cet âge noir. […] Donc, quatre âges se succèdent dans l’histoire même de l’univers ; nous entrons dans le dernier âge ; il est caractérisé par la violence et en même temps par l’ignorance. Comment en sortir ?
[…] Toutes les religions sont identiques lorsque l’on monte vers les hauteurs illuminées ; que ce soit le christianisme ou le judaïsme, ou l’islam, ou le bouddhisme, ou l’hindouisme, ou le confucianisme, ou le taoïsme, vous avez presque toujours la même doctrine qui a été exprimée de manière éclatante par Jésus.
La première de toutes les lois, c’est d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, et l’autre loi qui se confond avec elle, c’est d’aimer l’humanité comme soi-même. En somme, la doctrine de l’amour universel est très exactement la clef de feu qui ouvre les portes de la nuit. Vous la retrouvez dans Moïse qui déclare tranquillement : – Tu ne tueras point. Vous la retrouvez dans la doctrine de Bouddha qui déclare : – Ne faire mal à aucun être vivant et ensuite faire le plus de bien possible à tous les êtres vivants, ce qui est semble-t-il un travail de romain, un travail de titan
François Brousse
Philosophies, Clamart,Éd. La Licorne Ailée, 2011, p. 76-77
DIALOGUE ENTRE LA FÉE ET LE POÈTE
Pourquoi demeures tu sinistre au bord des flots ?
Je sens monter en moi l’universel sanglot.
Vois l’aube nue et blanche en sa couche de moire.
Je vois rire un squelette aux tombes de l’histoire.
Tu n’admires donc pas l’orgue bleu des forêts ?
J’écoute la rumeur des peuples torturés…
Regarde : un ruisselet d’argent danse dans l’ombre.
Mais des fleuves de sang roulent les morts sans nombre.
Les nuages de pourpre illuminent les monts.
Les villes enflammées croulent sous les démons.
L’alouette mêle au soleil son chant suave.
L’oiselle est libre encor, les hommes sont esclaves.
Eh quoi, renonces tu, barde au front souverain,
À l’espoir, ceint de flamme et cuirassé d’airain ?
Le vent de l’infini emportera nos crimes.
Ne sais tu pas qu’un Dieu rêve au fond de l’abîme ?
Je veux croire, je crois au triomphe du jour !
J’attends farouchement d’éblouissants rebours
Mais mon cœur, désolé par le cri de la terre,
Pleure toujours sur notre éternelle misère.
1er avril 1941
François Brousse
À l’Ombre de l’Antéchrist, dans Œuvres poétiques – Tome I, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, p. 151
LES APOTHÉOSES FUTURES
La guerre qui grimace au fond des cauchemars
Que les canons rayés vomissent par rafales
A disparu devant l’aurore triomphale.
Les bleus lilas sourient où pleuraient les Clamarts.
La joie et la Bonté, souveraines rivales,
D’un œil éblouissant chassent les nains camards
Le dieu dont l’aile broie chiens, vautours et colmars,
Pégase, a remplacé le sanglant Bucéphale.
Les Sages, au zénith d’un monde harmonieux,
Aspirant la science éternelle des cieux,
La diffusent avec les rayons de leur robe…
Et l’on entend chanter jusqu’aux cieux frémissants
Une chaine d’âmes splendides enlaçant
La rondeur effroyable et sereine du globe.
François Brousse
Le Poème de la Terre, 2024
À travers la revue Destins (N° 16, mai 1947 à N° 27, mai 1948), F. Brousse publie une étude historique écrite en 1944, Le Secret des Tombes royales où il expose « la roue merveilleuse et ténébreuse des cycles ». […].
Brousse possède deux clefs, l’une de diamant et l’autre d’or :
La clef de diamant est le fameux cycle de mille années dont parlent Zoroastre, l’Apocalypse et le livre des Bardes. La clef d’or, moins connue mais aussi efficace, est un rythme qui dure trois cents années. Ces cycles convenablement maniés éclairent les profondeurs du passé et de l’avenir. Ils donnent notamment, avec une approximation très grande, les dates des guerres françaises.
Pour obtenir la date d’une guerre où la France est jetée, il suffit de faire jouer la clef de diamant ou la clef d’or à partir de la date qui marque la mort d’un roi de France.(Destins, n° 14, mars 1947)
Il observe que la clef de diamant (cycle de mille ans), ciselée par trente-six vérifications historiques, ne s’applique que jusqu’en 987, c’est-à-dire qu’elle ne concerne que les rois de France décédés avant 987. Exemple: mille ans après le décès de Charlemagne (814), c’est la première chute de Napoléon Ier et, à un an près, sa chute définitive à Waterloo (1815).
La clef d’or (cycle de trois cents ans), forgée par vingt-huit autres correspondances, prend la suite de la clef de diamant à partir de 987. Par exemple, Louis XIII meurt en 1643 et trois cents ans plus tard, nous sommes au cœur de la Seconde Guerre mondiale. […]
Jean-Pierre Wenger
François Brousse l’Enlumineur des mondes, Saint-Cloud, Danicel production, 2005, p. 160-161
La troisième guerre mondiale est comme une montagne maudite où se convulsionnent des monstres.
Quand le pèlerin de l’avenir a franchi ces précipices affreux et ces sommets implacables, que voit-il devant lui ? Une vaste plaine que traversent encore trois fleuves sanglants, trois dates inquiétantes, les dernières que donne le cycle d’or. Elles correspondent à la mort du Régent, de Louis XV et de Louis XVI.
Le Régent meurt en 1723, Louis XV meurt en 1774, Louis XVI meurt en 1793. Les dates des trois derniers conflits s’établissent donc ainsi par l’addition du fameux cycle d’or : « 1723 + 300 = 2023, « 1774 + 300 = 2074, « 1793 + 300 = 2093.
Puis dans l’histoire passée, la série des rois de France s’arrête nette, coupée par la foudre révolutionnaire. Cette date monumentale, 1793, marque la fin de l’âge des Poissons, le commencement de l’âge du Verseau. La révolution de la Terre est le rouge reflet de la grande révolution céleste. Les hommes comme les astres subissent une immense métamorphose. Le serpent universel abandonne sa vieille peau bleue et des écailles pourpres commencent à revêtir son corps aux terribles spirales.
Trois cents ans plus tard, par-delà 2093, la Terre entrera dans la paix définitive, la grande paix promise par le Verseau scintillant d’étoiles. Cette nouvelle révolution sera l’aboutissement de la première. Les fleurs géantes, semées dans le sang des monarchies détruites, ouvriront leur corolle, jetteront leur parfum mondial. Ce sera, semble-t-il, la naissance de la Cité de Dieu, la merveilleuse Cité d’Or, entrevue par saint Jean dans les nuées de l’Apocalypse.
Mais avant d’atteindre ce faîte de gloire, examinons les dates menaçantes : 2023, 2074 et 2093, qui doivent être marquées par les pas sanglants d’une guerre…
La guerre du Régent détermine un espace prophétique allant de 2019 à 2027. Elle se raccroche donc immédiatement à la troisième guerre mondiale dont la date extrême est 2019.
Deux interprétations possibles. Ou bien la guerre du Régent et la troisième guerre mondiale se confondent en un énorme conflit qui va de 2011 à 2027, dates théoriques essayant de préciser une sanguinaire épopée de seize ans analogue à l’aventure napoléonienne. Ou bien la guerre du Régent est une petite lutte comme les troubles qui suivirent le Première Guerre mondiale (bataille russo-polonaise et gréco-turque).
Malheureusement, l’hypothèse pessimiste d’une catastrophe de seize années a pour elle la prophétie du Roi du monde. On sait que cet auguste fantôme visita le monastère bouddhique de Narabanchi en 1891 et laissa aux lamas un oracle effrayant qui se termine ainsi :
Dans la cinquantième année trois grands royaumes seulement apparaîtront et vivront heureux pendant soixante et onze ans. Ensuite, il y aura dix-huit ans de guerre et de destruction. Alors, les peuples d’Aghardi sortiront de leurs cavernes souterraines et apparaîtront sur la surface de la terre.
Faisons le calcul dont ces lignes nous donnent les éléments. La date base est 1891. Il faut y ajouter d’abord 50 ans : 1891 + 50 = 1941.
Nous tombons en pleine guerre mondiale, la deuxième. Le roi du monde dit à ce propos :
Il y aura une guerre terrible entre tous les peuples. Les océans rougiront. La terre et le fond des mers seront morcelés. Des peuples entiers mourront, la faim, la maladie, des crimes inconnus des lois que jamais encore le monde n’avait vus.
Ces lignes brèves où paraissent les épouvantements de la guerre et les crimes des nazis me paraissent suffisamment probantes. Mais quels sont les « trois grands royaumes » qui apparaîtront en 1941 ? Cette année a vu l’entrée en guerre des deux super colosses : la Russie et les États-Unis d’Amérique. Avec la Grande-Bretagne, ils constituent actuellement les trois maîtres de l’univers. Ils forment un triumvirat de puissance qui domine les peuples.[1].
L’oracle ajoute : ils vivront heureux pendant soixante et onze ans. Mais à quelle date faut-il attacher ce nouveau ruban d’années ? À 1941 qui vit surgir la Triade des futurs vainqueurs ou à 1945 qui vit leur triomphe ? La prophétie est ici imprécise. Faisons les deux opérations : 1941 + 71 = 2012, 1945 + 71 = 2016.
La date théorique que nous avions trouvée est 2015. En manœuvrant l’espace prophétique, il y a concordance totale entre les prévisions du cycle d’or et les oracles du Roi du Monde. Mais, ajoute laconiquement le terrible fantôme « il y aura dix-huit ans de guerre et de destruction ». Cela nous donne, avec les dates précédentes, deux possibilités :
« 2012 + 18 = 2030,
« 2016 + 18 = 2034.
La troisième guerre mondiale étendrait donc son ombre mortelle de 2012 à 2030 ou 2016 à 2034 pendant dix-huit années de désastres monstrueux. Nous avons trouvé seize années catastrophiques de 2011 à 2027.
Le parallélisme singulièrement menaçant se continue. Quant aux peuples de l’Aghardi, qui sortent de leurs cavernes souterraines, ce sont, à mes yeux, les peuples orientaux soulevés par une nouvelle religion. Les « cavernes souterraines » indiquent les ramifications secrètes de la foi nouvelle dans une Asie où pullulent les sociétés initiatiques et cachées. Cette foi nouvelle aura un prodigieux écho jusque dans l’Europe méridionale, la terre magique où dorment indignées les cendres des Cathares.
La prophétie du Roi de Monde s’arrête en nous montrant l’irruption des peuples souterrains. Mais le cycle d’or continue à dérouler ses spirales historiques. Deux dates restent encore à examiner : la guerre de Louis le Bien-Aimé : 2074 ; la guerre de Louis le décapité : 2093. Dirigeons vers elles le cristal occultiste.
La troisième guerre mondiale, dans l’alambic des continents pulvérisés et des peuples anéantis, forgera l’unité humaine. Les mers et les terres bouleversées par l’atome se déplaceront. Mais les membres du grand Adam commenceront à se ressouder pour fonder l’organisme universel des États-Unis du monde.
Dans ce cas, les deux dernières guerres du cycle d’or sont des conflits secondaires et non des cataclysmes primordiaux.
Peut-être des expéditions coloniales contre les Barbares du pôle Nord ou du pôle Sud. Peut-être des révolutions qui termineront l’œuvre titanique de l’unité.
La guerre de l’année 2093 rentre probablement dans cette série car elle correspond, nous l’avons vu, à la Révolution française. Les germes que la main tourmentée du Verseau dispersa en 1793 sur les peuples orageux donneront leurs moissons splendides. Les spectres guerriers, que font surgir les dents du Dragon, se battent d’abord mais les survivants construisent la grande cité de granit et de lumière.
Sans doute, direz-vous, mais que de cataclysmes pour y arriver. Effondrement des empires coloniaux, guerre mondiale de seize années, une autre guerre peut-être secondaire, peut-être démoniaque, enfin une révolution avec son cortège de terreur !
C’est d’un pessimisme noir qui se délecte dans les tueries.
[1] Ceci a été écrit en 1944.
François Brousse
Le Secret des tombes royales, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1991, p. 27-30
Les pensées tendent invinciblement à se matérialiser.
Les pensées de haine s’épanouissent en tanks, en bombardiers, en canons, en explosifs.
Les pensées d’amour deviennent des médicaments miracles, des rencontres heureuses, des hasards sauveurs.
Nos pensées portent sur leurs transparentes épaules le poids des destinées.
François Brousse
Revue BMP N°122, mai 1994
Il existe actuellement une arme terrifiante qui est l’arme atomique, et, actuellement, nous, les fous, les scientifiques, nous avons la possibilité de faire exploser des bombes capables de détruire la totalité de l’espèce humaine. Cette situation ne s’est jamais produite auparavant.
Les guerres d’autrefois étaient de l’enfantillage. À la Première Guerre mondiale, on pouvait s’en tirer avec dix ou vingt millions de morts, mais maintenant, c’est par milliards que nous compterons les morts et je crois que nous sommes tout près de la fin du cycle humain, du cycle adamique, à moins que l’homme cesse d’être fou et de suivre l’ignorance et la violence.
Or le spectacle actuel du monde ne nous laisse aucune espérance pour qu’une pareille transformation puisse aboutir. Je crois très sincèrement que c’est la première fois dans l’histoire du monde – du moins dans l’histoire du monde connu, car il est possible que les Atlantes eux-mêmes aient connu la même catastrophe et le même drame – que l’homme possède en ses mains les foudres de Jupiter avec lesquelles il peut anéantir toute la race humaine, et je ne pense pas qu’un savant puisse me contredire là-dessus. On peut toujours dire que l’équilibre de la peur empêche la guerre atomique d’éclater, mais si deux individus ont peur et qu’ils ont entre les mains une mitrailleuse, il y a de fortes chances pour que tous les deux tirent. Je suis assez brutal, mais je crois vraiment que nous sommes à la fin d’une civilisation, à moins d’un miracle. Il faudrait un homme sur mille ou dix mille qui soit non-violent, végétarien – car il y a quelque chose qui unit le massacre des animaux au massacre des êtres humains – et qu’il suive, en même temps, une discipline yogique qui mène son esprit vers les bornes de l’infini. S’il n’y a pas cela, je crois que c’est fini.
Les enfants du Verseau ne sont que quantité minime. La plupart recherche avant tout la puissance, le prestige social, la richesse et tous les plaisirs de la Terre. Ils se soucient fort peu des plaisirs célestes.
François Brousse
Entretien, Clamart, 29 septembre 1990
Si nous luttons contre nos tendances inférieures, cela va créer des complexes, et si nous sommes complexés, nous cessons d’être heureux. Par conséquent, il faut s’abandonner à ses tendances. C’est tout ce qu’il y a de plus admirable et de plus effrayant. C’est encore un point de vue antichristique.
On le voit à peine apparaître dans certains philosophes actuels mais, quand viendront les véritables antéchrists, là, il sera clairement marqué, avec une netteté et une férocité incomparables. Pour l’instant, il commence simplement à allonger ses tentacules. S’abandonner à ses instincts sexuels, je n’y vois aucun inconvénient, à condition que le partenaire en face l’accepte aussi. Sinon, c’est le viol d’abord, la violence et la tyrannie ensuite. Reste l’instinct que Freud a si bien dessiné, l’agressivité. Or, nous avons tous en nous cet animal sauvage. Si nous nous abandonnons à ses élans agressifs, au lieu de les combattre, nous aboutissons au massacre universel. […] Si vous décrétez que, pour atteindre le bonheur, il faut suivre intégralement ses tendances sans jamais les combattre, nous arrivons alors au chaos et à la lutte de tous contre tous. On peut voir surgir ces instincts sanguinaires à chaque guerre et à chaque révolution. Des êtres, en apparence humains, commettent des actions absolument effroyables.
D’autres erreurs vont se répandre aussi, notamment le réalisme.
[…] Puisqu’il n’existe que ce monde – car l’antéchrist niera l’existence de Dieu, de l’âme, du bien et du mal –, ce qu’il faut, c’est rechercher le bonheur matériel et corporel dans ce monde. Les philosophes grecs, chrétiens et arabes, et surtout les hindous, avaient déclaré qu’au delà du bonheur physique, il existe le bonheur de la contemplation des idées. Or, un tel bonheur est devenu suspect. Les idées, cela n’existe pas ; l’esprit, cela n’existe pas, l’Intelligence cosmique, cela n’existe pas, donc il n’existe que le corps et ses instincts les plus inférieurs. L’œuvre de Platon nous affirme au contraire l’existence, à côté des tendances corporelles, des tendances idéalistes et il prétend que ces tendances idéales sont les premières, les primordiales et les plus fortes, en quoi il a parfaitement raison. Actuellement, nous admettons le contraire parce que nous sommes en train de rouler sur la pente du Kali Yuga qui nous amène à la catastrophe inévitable. Inévitable n’est pas le mot. Il y a un moyen de l’éviter et ce moyen semble extrêmement simple. Il a été dévoilé pleinement par Gandhi, épisodiquement par Aurobindo, esquissé par Krishnamurti. Ce moyen, c’est d’abord de supprimer la haine. Même Krishnamurti nous dit que nous n’arriverons à nous connaître qu’en détruisant l’envie et l’agressivité. Il le dit dans presque toutes ses conférences. Et c’est le trahir que de n’en prendre que quelques-unes où ne sont pas ces mots, sous prétexte sans doute d’être plus réaliste et plus à la portée de l’humanité moyenne. Quant à Gandhi, il brandit le glaive de la non violence pure et parfaite.
L’antéchrist va encore apporter autre chose : l’exaltation de la science et la suppression de la liberté. On dira qu’un déterminisme absolu nous régente fatalement et qu’avoir des remords est absurde puisque, n’étant pas libres, nous ne sommes pas responsables.
Excellent moyen de nous abandonner à nos instincts les plus inférieurs sans avoir la moindre possibilité de lutter. Puis, on proclamera, comme l’a déjà dit Hitler, que la plus haute des vertus est le courage, l’esprit guerrier. Hitler et Mussolini ont déjà affirmé que la qualité essentielle est l’obéissance. Nous n’aurions pas le droit d’exister en tant qu’entité individuelle, nous devrions obéir d’une manière totale aux maîtres qui détiennent le pouvoir. Non seulement c’est parfaitement faux, mais une telle théorie imprime la marque de la Bête car le propre de l’âme des animaux, c’est d’être une âme collective. Depuis environ dix-huit millions d’années, l’homme s’efforce de créer l’âme individuelle. Refuser cette âme individuelle sous prétexte d’égoïsme, c’est retourner à l’âme multitudinaire de l’animal. C’est le signe de la Bête, tel qu’il a été représenté admirablement par l’Apocalypse. On le retrouve également dans Platon dont je viens d’évoquer la gigantesque figure. Il distingue en nous trois âmes, l’instinctive, la passionnelle et l’intellectuelle.
L’âme instinctive, comment la représente t-il ? Sous forme d’une série de têtes d’animaux, les unes monstrueuses, les autres hébétées, les troisièmes dévoratrices. Le signe de la Bête, c’est faire descendre notre moi divin dans notre moi animal, ce qui est inquiétant pour nous, car nous risquons de nous retrouver, après notre mort, dans le corps d’une bête ou féroce, ou stupide.
Quoiqu’il en soit, voilà ce que seront les tendances de l’Antéchrist. À un moment donné, il se présentera comme le maître unique, celui qui traduit l’âme collective de l’humanité, le grand savant, le grand conducteur, et nous n’aurons plus qu’à nous incliner béatement devant lui.
François Brousse
Le Livre des révélations – Tome I, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 163-166
Certains érudits ont osé soutenir que la réforme monothéiste d’Akhenaton était d’ordre inférieur, car elle manquait de base morale. Contre une telle erreur, que de textes se pressent! La morale d’Akhenaton repose comme une escarboucle géante, sur de solides piliers de granit.
D’abord, l’adoration du Dieu Unique :
« Écoutez, ô vous tous, générations passées, générations présentes, générations futures, je vous annonce la voie du Salut : Louez Aton le Dieu Vivant, et vous aurez la Vie. Que toutes les nations de la Terre proclament le Seigneur ! Il n’est pas d’autre Dieu que Lui ! »
Ensuite, l’Amour de l’humanité, dont le rayonnement doit faire disparaître de la Terre la brume des guerres et des haines ;
« Ce n’est pas l’embaumement des morts, ni les aromates, ni le sel, ni la résine, ni le salpêtre qui sont un remède contre la mort, mais l’amour. Hommes, aimez‑vous les uns les autres, aimez‑vous et vous ne verrez jamais la mort ! »
Ajoutons que le grand Inspiré, dépassant les passions nationales où se débattent encore les peuples, a proclamé l’essentiel de l’intemationalisme :
« Il y aura la guerre tant qu’il y aura beaucoup de peuples et beaucoup de dieux, mais lorsqu’il n’y aura plus qu’un seul Dieu, qu’un seul peuple, ce sera la paix ! »
Enfin, pour compléter le quaternaire moral, la Joie de vivre. La religion d’Akhenaton ne possède aucune ténèbre, aucune épouvante. Aton ne s’enveloppe pas de foudres exterminatrices ; il rayonne doucement dans un brasier de tendresse. Sa doctrine n’évoque nullement les grimaces de l’enfer. Une des vertus du disciple, c’est la confiance en Dieu. On a retrouvé ce témoignage d’un des nobles du pharaon, où chante le plaisir :
« La grande ville de l’Horizon‑d’Aton est pleine de charme. On y voit d’agréables cérémonies. Au centre de l’étendue qu’elle occupe s’élève l’autel du sacrifice au soleil. Sa beauté remplit d’allégresse. Elle est aimable et magnifique. À sa vue, on croit entrevoir le ciel ».
En effet, on croit entrevoir le ciel, quand on découvre cette morale si pure. Akhenaton est mort en 1358 av. J.-C. Il forme à lui seul une mutation incroyable, en avance de plusieurs millénaires sur la marche de l’humanité. Pendant qu’Akhenaton et Néfertiti vivaient dans le paradis de l’Horizon‑d’Aton, les frontières de l’Empire craquaient sous les coups des Hittites. Pacifiste illuminé, le réformateur ne voulait pas faire tuer des hommes. Arcs et lances restaient oisifs dans toute l’Égypte. Dans les ténèbres, les vieux prêtres d’Amon, silencieux autour de la statue de leur dieu humilié, reprenaient des forces. Ils attendaient leur heure, comme des insectes obstinés. Elle vint inévitablement. Et le reflux des nuits succéda au triomphe de la lumière.
François Brousse
L’Abeille de Misraïm, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1986, p.108-110
Une multitude d’êtres ont combattu et abouti à la grande guerre sainte, c’est‑à‑dire à terrasser, ou au moins à dominer, les monstres intérieurs qui hurlent au fond de notre inconscient.
Il faut d’ailleurs faire une distinction très précise. Nous revenons à une vieille doctrine, une vieille opposition entre les morales, que Bergson avait déjà entrevue dans Les Deux Sources de la morale et de la religion.
La morale sociologique
Il existe la morale sociologique, fondée sur les rapports entre les sexes et qui évolue suivant les temps et les lieux. […] À l’origine du monde, régnait la morale totémique : on avait le droit de prendre une femme, ou plusieurs, à l’intérieur du clan, mais si l’on épousait une étrangère, on risquait la mort. Puis, un révolutionnaire extrémiste a renversé la vapeur et décréta que tous ceux qui prendraient des femmes à l’intérieur du clan seraient condamnés à mort. Par contre, on avait le droit de prendre qui on voulait à l’extérieur du clan. Ensuite, est venue la famille romaine : le père, tout-puissant, à la fois législateur, propriétaire et prêtre, avait pratiquement, au moins au début, droit de vie et de mort sur toute sa maisonnée et sur tous ses esclaves. Puis, vous avez eu la famille que nous appellerons germanique. La femme est l’égale de l’homme, nous aboutissons à la monogamie. Nous avons eu, parallèlement, la polyandrie dans le Tibet plein de mystères, plein de dieux et d’extravagances. On rencontrait par exemple une femme pour huit maris. Cela s’expliquait fort bien du point de vue démographique. Maintenant, nous en sommes à la polygamie et à la polyandrie successive au moyen des divorces aussi rapides et fréquents que possible. Le problème, c’est que, à travers tous les temps, la morale dite sexuelle a varié car elle est essentiellement variable. Elle n’est pas éternelle puisque, inévitablement, elle entretient des rapports différents, fondés sur l’humeur personnelle, sur les conditions sociologiques, économiques et démographiques. Par exemple, dans l’Allemagne du XVIe siècle, où presque tous les êtres mâles avaient été tués, s’établit normalement la polygamie, avec l’autorisation des autorités pontificales les plus hautes.
Au‑dessus, il existe une morale unique, éternelle, gravée par la main de Dieu dans le cœur de l’homme ou, si vous préférez, liée d’une façon indestructible à la structure même de l’espèce humaine.
[…] Nous la retrouvons à l’origine des temps, dans les plus anciens Védas, affirmant qu’il faut aimer le genre humain et tout ce qui vit. Cette doctrine de l’Amour universel, nous la lisons également dans le Ramayana et la Bhagavad‑Gita :
« De même que la terre se laisse labourer par la charrue et répond à ses blessures en nous donnant des moissons abondantes, de même le juste doit rendre le bien pour le mal et couvrir de bénédictions tous ceux qui veulent lui nuire. »
Nous retrouvons cette morale dans la Bhagavad‑Gita, nous la retrouvons dans les Védas, nous la retrouvons même en Égypte, où la magnifique confession du mort égyptien nous apprend qu’il faut donner à boire à ceux qui ont soif, à manger à ceux qui ont faim et vêtir ceux qui sont nus. Il ajoute même joliment : « Donnez une barque au naufragé. »
Toute une série de préceptes d’ordre moral se retrouve jusqu’en Babylonie où le code d’Amourabi est fondé sur l’idée qu’il faut protéger le faible contre les empiétements et les abus du fort. Ce qui n’est pas tellement éloigné de la morale dite chrétienne. En dehors du christianisme, vous rencontrez cette même morale chez les bouddhistes pour qui, la première attitude, c’est de ne faire consciemment de mal à personne et, la deuxième, de faire consciemment du bien à tous les êtres vivants. Ils englobent dans leur Amour, non seulement les humains, mais également les animaux.
Il existe donc une morale universelle qui offre un tremplin le plus merveilleux pour aller vers l’infini.
François Brousse
Le Livre des révélations – Tome I, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 93-95
Il ne faut pas oublier une chose fondamentale : il n’y a pas de déterminisme absolu. Les astres inclinent mais ne déterminent pas.
Ce qui est vrai pour les astres est également vrai pour les nombres. Ils peuvent arriver à une merveilleuse précision ; telle année prédétermine telle guerre : or, la guerre n’a pas lieu. Pourquoi ? Parce qu’elle a été évitée par l’intervention d’un nouveau facteur : la volonté humaine. J’ajouterai que c’est très rare. Nous retrouvons ce mystère dans l’Évangile lui même, lorsque Jésus déclare à ceux qui veulent lui demander un miracle : « Cette génération perverse et sacrilège me demande un miracle. Elle n’aura pas d’autre miracle que celui du prophète Jonas ! »
Si vous vous transportez dans la Bible, vous lisez la merveilleuse aventure de Jonas, envoyé par Dieu pour prêcher les Ninivites et les menacer de la foudre des châtiments célestes. Or les Ninivites, leur roi en tête, réfléchirent, se prosternèrent, se repentirent et le bras divin, armé de la foudre terrifiante, resta dans les nuées et le châtiment ne s’abattit pas sur la terre des humains. Pourquoi ? Parce qu’ils s’étaient transformés. Et c’est très exactement le sens de la parabole évangélique précitée.
La prophétie n’est valable qu’à une seule condition, c’est que l’homme n’agisse pas contre cette prophétie. S’il se repent, s’il arrive à pratiquer la justice, l’amour et la sagesse, tous les malheurs qui l’attendent resteront dans le ciel des possibilités et ne tomberont pas sur la terre des réalisations.
François Brousse
Le Livre des révélations, t. 2, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 101
Un matin viendra, ce sera la grande aurore où les hommes posséderont l’amour fraternel, l’intuition cosmique et la vision directe de Dieu.
Alors s’effondreront les chefs. À quoi serviraient ils dans un monde rempli d’amour ? Alors s’effaceront les savants. Toutes les âmes liront la science parfaite dans le livre infini. Alors disparaîtront les prêtres.
Sans dogmes, sans superstitions, sans églises, les hommes verront Dieu face à face. Les temps viendront de la suprême sagesse et de la béatitude.
François Brousse
Revue BMP N°113-114, juin-juillet 1993 (Sub Rosa)
Soleils blancs et soleils noirs
Dans le monde invisible circulent des planètes fluides et des soleils d’intangibilité. Ces soleils, formés d’un tissu mi¬-matériel mi spirituel, rayonnent des magnétismes divers.
• Les soleils blancs répandent la joie, l’amour, la liberté.
• Les soleils noirs exsudent tristesse, haine et tyrannie.
Quand un astre noir traverse notre Terre matérielle, c’est une ère de ténèbres morales. Quand un astre blanc baigne notre globe, s’ouvrent les psychismes d’aurore. Étoiles sombres, étoiles claires, sont soumises à un rythme prodigieux, que l’initié peut sonder par l’éclair de l’intuition.
L’être et le néant
L’être et le néant forment les deux piliers de l’univers. Tous les êtres se composent d’un mélange de ces principes éternels. Ils tendent vers l’Être suprême : Dieu, ou vers le non-être.
L’Être suprême, étoile pentaculaire, fait tourner ses branches brillantes, ses qualités divines : Amour, Sagesse, Puissance, Joie et Beauté. Plus on s’approche de l’Être, plus on se baigne dans ses radiations célestes.
Plus on s’approche du non-être, plus grandissent les soleils noirs : haine, ignorance, faiblesse, tristesse et laideur.
À la limite, tout disparaît dans l’inconscient.
François Brousse
Revue BMP N°265-268, avril-juill. 2007
Satan, l’esprit de violence
Satan représente l’esprit de violence et de destruction.
Freud en a discerné les traces dans l’instinct agressif qui bouillonne au fond de l’inconscient humain. Que Satan soit une entité consciente ou un complexe inconscient, le myste doit le combattre avec un courage tranquille comme la face de Minerve. Alors, le Dieu de paix écrasera Satan sous les pieds du nouvel initié.
En outre, Satan représente le chakra inconnu, le soleil noir sous nos pieds, qui se relie au soleil souterrain, centre obscur de la Terre. Par opposition, brille au-dessus de notre tête, le lotus à mille pétales, le soleil violet, d’où tombent le génie et le sacrifice.
François Brousse
Revue BMP N°88-89 – avril-mai 1991
La seule manière serait de penser qu’il ne faut jamais tuer personne au nom de n’importe quoi.
Or, d’une manière générale, les gens ne sont aucunement d’accord là-dessus ; ils déclarent que c’est beaucoup plus simple de supprimer un ennemi que de le convertir à l’Amour universel !
C’est plus simple et en même temps plus compliqué, parce que cela crée un karma : l’un et l’autre sont obligés de renaître et ainsi de suite, jusqu’à la fin des temps, surtout dans les guerres raciales par exemple : l’Européen sera obligé de se réincarner en Africain, l’Africain sera obligé de se réincarner en Asiatique et ainsi de suite, l’antisémite sera obligé de se réincarner en Juif, etc. On n’en finira jamais, si ce n’est avec la fin de la planète. Il vaut mieux être plus pressé que cela !
François Brousse
Entretien, Clamart, 19 janvier 1994
Définition de l’Antéchrist ?
La science au service du mal. Elle se ramifie en peuples totalitaires, en merveilles de destruction, en surhommes noirs, en évangiles de haine. Le signe de l’Antéchrist, la marque de la Bête, est son mépris pour la personne humaine. Tout être qui égorge des hommes pour sauver une nation, une religion, un idéal, participe de la nature antéchristique.
Le comble de l’astuce consiste à tuer au nom du Christ. Heureusement, la Lumière triomphe toujours.
François Brousse
Revue BMP N°58-59, juin-juill. 1988
Extrait
Comment apprendre la bonté et l’enseigner ?
F.B. : Par l’intelligence. Quand on est en proie à une colère contre quelqu’un, il faut immédiatement lui envoyer des pensées d’amour et comme la pensée d’amour est mille fois plus puissante que la pensée de haine, on est toujours vainqueur. Heureusement qu’elle est mille fois plus puissante, car, dans la journée, vous avez des pensées de haine à chaque instant et peut-être une seule pensée d’amour. Heureusement, elle est mille fois plus puissante, quand je dis mille, c’est pour ne pas vous donner des espoirs infinis. Dix mille fois plus puissante.
La pensée d’amour est-elle pensable ?
F.B. : Oui.
Est-elle authentique quand elle est pensée ?
F.B. : Il y a ce que l’on appelle l’union des contraires. Elle est à la fois pensée et à la fois sentie. C’est ce que l’on appelle la synthèse de la sagesse et de l’amour, et c’est parce qu’elle est à la fois pensée et sentie qu’elle est authentique.
François Brousse
15 septembre 1993, dans BMP N°265-268– avril – juillet 2007
Les papes écartèrent la vérité divine, la réincarnation des âmes, pour établir la doctrine monstrueuse de l’enfer éternel.
Dante, pur albigeois, disciple de Virgile le pythagoricien, ne leur pardonna jamais. Et l’histoire philosophique approuve son verdict. Les religions réincarnistes – hindouisme, jaïnisme, bouddhisme – planent dans un azur de tolérances souriantes.
Les religions à la torture indestructible ont créé la guerre sainte et l’Inquisition. C’est normal car elles proclament que Dieu a des ennemis. Absurdité absolue.
Dieu, l’amour ineffable et la sagesse infinie, couvre les âmes d’une amitié sans limites. Toutes les âmes, même celles des criminels sadiques, seront sauvées. Après, bien entendu, la justice géométrique des transmigrations…
Cette métaphysique consolante, qui satisfait le cœur et l’esprit, l’un dans l’ardeur affective, l’autre dans sa rigueur logique, est la Vérité divine, admise par tous les penseurs suprêmes, parmi lesquels le comte de Saint Germain, le Saint Frère. […]
François Brousse
Les Visiteurs des millénaires – Le Comte de Saint-Germain, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1990, p. 95
La Bénédiction bouddhique nous permet de nous mettre en rapport avec tout ce qui est en dehors du temps, de l’espace et de la causalité et par conséquent, son rapport est de purifier l’humanité.
Chaque fois qu’on arrive jusqu’à la Bénédiction bouddhique, on touche à l’infini et à l’éternité. C’est un infini et une éternité fugitifs parce qu’il faudrait y rester. Il faudrait être en dehors du temps éternellement, en dehors de l’espace infiniment et en dehors du doute indestructiblement. Les trois choses qu’il faut détruire sont le temps, l’espace, le doute, la cruauté, la peur et l’indécision.
François Brousse
Entretien, Clamart, 16 mars 1994
L’amour propre est la forme la plus inférieure de l’égoïsme.
Nous voulons être considérés, nous voulons être admirés, nous voulons être exaltés. Nous voulons que notre personnalité terrestre s’impose. Nous avons en nous une volonté de puissance. Nous désirons absolument être nous-mêmes un être exceptionnel devant qui s’inclinent les autres. Nous allons plus loin, nous n’admettons pas que l’on puisse empiéter sur nous. Nous n’admettons pas que l’on puisse se moquer de nous. Des êtres parfaitement purs et même parfaitement bons, si l’on se moque d’eux, deviennent des belligérants parfois dangereux. Ce sont précisément ces blessures d’amour propre qui fourmillent à la base de tous les drames passionnels et, probablement, de toutes les guerres. Car ce n’est pas pour des raisons économiques que l’on se bat, mais pour des questions de prestige et de dignité. Si vous arrivez à supprimer votre moi terrestre, vous permettrez à votre moi céleste de s’épanouir.
François Brousse
L’Évangile de Philippe de Lyon, Clamart, 1994, p. 203
LES CERISES
Lorsque reviendra le temps des cerises
La liberté sainte emplira nos cœurs,
Les tyrans fuiront sous le choc des brises
Tous les continents chanteront en chœur.
L’humain transporté d’ardente surprise
Verra flamboyer un soleil vainqueur,
Tomberont les haines et les rancœurs,
Les âmes seront de l’aurore éprises.
L’espérance comblera nos étoiles
Le navire amour ouvrira ses voiles,
Les tigres cruels deviendront brebis.
Montés sur le faîte effrayant des monts
Nous effacerons les tristes démons,
La fange fuira devant les rubis !
25 novembre 1994
François Brousse
Le Refrain de l’absolu, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 2001, p. 26
Dans les périodes noires, les hommes se ruent vers la sombre splendeur de l’épouvante. Il leur faut une religion flamboyante d’enfer, aux douleurs sans limites, ou un État tyrannique, avec geôles, camps de concentration, tortures savantes.
Seuls les fils de Dieu vivent dans la lumière. Mais la lumière ne se dévoile qu’aux âmes dépourvues de haine.
François Brousse
Revue BMP N°64, février 1989
CRISTAL HIÉMAL
La paix descend sur la terre jolie
Que pare encor le manteau de l’hiver
Et je contemple avec mélancolie
La lune blonde au bord du golfe vert.
Le vieux du rêve est assis dans la lune
Sa barbe blanche émiette ses flocons…
Il neige, alme musique, sur la dune
Tandis que tourne un vol de noirs faucons.
Le Vieux de la lune ouvre son grand livre
Sur ses feuillets sont marqués les amants
Les pages d’or étincellent de givre,
Les noms aimés tassent leurs diamants…
Quant il inscrit de sa plume d’albâtre
Un couple humain sur le livre d’amours,
L’homme en son cœur sent les délires battre,
La femme enlève son loup de velours…
Le Vieux de la lune argente les tours.
11 octobre 1942
François Brousse
L’Angélus des rêves, Paris,Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1978, p. 37
Dans l’espace voguent de nombreuses planètes où s’épanouissent heureusement des races pacifiques.
Malheur à elles si l’homme pose son pied d’acier sur leur sol vierge ! Avec les astronautes de la Terre débarqueront la mort et l’esclavage. Mais peut‑être les races du ciel seront‑elles protégées par la méchanceté même de l’homme, qui risque de se détruire avant de conquérir le cosmos.
François Brousse
Revue BMP N°60, septembre 1988
Si l’humanité était sage, elle pourrait faire l’économie de tous ces malheurs. L’épanouissement de l’intuition et de l’amour suffirait à pénétrer les vieilles religions d’un rayonnement purificateur. Mais la sottise des masses et l’orgueil des pontifes s’y opposent.
François Brousse
Les Secrets kabbalistiques de la Bible, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1987, p. 102
Prophéties de Nostradamus
L’humanité sera détruite et, peut-être d’elle surgira une nouvelle humanité meilleure et plus belle. Mais après combien d’années ?
Nostradamus nous indique :
Par quarante ans, l’Iris n’apparaîtra,
Par quarante ans tous les jours sera vue
La terre aride en siccité croîtra
Puis grand déluge quand sera aperçu.
Je traduis en clair, bien que Nostradamus, au fond, soit très clair. Il suffit de trouver la clé et, à ce moment là, toutes les portes secrètes s’ouvrent, jetant un éclat magnifique.
« Par quarante ans, l’iris n’apparaîtra », l’iris, c’est l’arc en ciel ; il n’y aura donc plus de pluie. C’est après la pluie que l’on voit se courber dans l’azur le merveilleux pont de lumière chatoyante que les anciens croyaient être le chemin des anges ou des dieux. Plus d’arc-en ciel, donc plus de pluie pendant quarante ans. « La terre aride en siccité croîtra », c’est à dire la sécheresse sera de plus en plus grande.
« Puis grand déluge quand sera aperçu », une seconde période de quarante ans se déroulera où tomberont des pluies continuelles aboutissant à une multitude de déluges. Ceci aura lieu, sans doute, après la troisième guerre mondiale.
Ces prévisions que je vous donne résument et approfondissent les grandes prédictions que vous trouvez dans l’Apocalypse, les Upanishads, le Zend Avesta et toutes les écritures sacrées de tous les peuples.
On s’était moqué, vers l’an 1900, en prétendant que l’arrivée de la science ferait reculer la guerre, l’ignorance et la misère, et qu’elle établirait un âge d’or sur l’humanité. Ces promesses ont été trompeuses. On nous a promis un paradis et nous sommes au seuil de l’enfer. Peu d’espérance subsiste. Il ne reste qu’une seule chose : le salut personnel, la recherche individuelle de l’amour, de la sagesse et de la beauté qui peuvent sauver un grand peuple d’âmes.
François Brousse
Le Livre des révélations, t. 2, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 48
Les frères
Les oiseaux semblent d’air et de lumière fous
Mais le cruel chasseur ensanglante les roches
Le couvent infernal fait retentir ses cloches ;
Au loin, le saint ermite est tombé à genoux
Il prie pour que le Christ protège ces gavroches
Les pinsons, les bouvreuils et les pygargues roux,
Mais le Destin déjà creuse d’horribles trous
La guerre des humains de ses canons les fauche.
Laissez tranquilles les forêts et les buissons,
Du grand temple de Dieu, devenez les maçons
Et la paix déploiera sur vos fronts sa bannière
Le lion de la mort hérisse sa crinière
Mais si vous acceptez les parfums de l’amour
Au lieu de massacreurs vous serez les Grands Frères.
29 juin 1994
François Brousse
La Roseraie des fauvettes, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1997, p. 72



