Akh-en-Aton

Égypte, 1372-~1352/1358 av. J.-C.

 

Aménophis IV ou Akh-en-Aton

Aton représente le Disque solaire, symbole du Dieu unique dont la bonté soutient la vie des mondes.

Aton fut adoré par le fameux Aménophis IV [Akh-en-ATon], premier monothéiste, premier pacifiste et premier féministe de l’histoire.

François Brousse
Les Secrets kabbalistiques de Victor Hugo, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1985, p. 93

Aménophis IV vivait au milieu d’une lumière musicale, loin des bassesses et des boues.

Il choisit pour femme la merveilleuse Néfertiti, dont l’effigie retrouvée au XXe siècle a charmé l’Europe.

Roméo et Juliette sur le trône des dieux. Fraternellement épaulés,

ils partirent en guerre contre les monstres moisis de la sottise.

En ce couple se réalisa l’union parfaite du corps, du cœur, de l’esprit, si bien qu’ils formèrent

une sorte d’androgyne éternel, descendu des cieux pour apporter aux hommes une nouvelle étoile.

De beaux enfants, reflets vi­vants, entourèrent leur double splendeur.

François Brousse
L’Abeille de Misraïm, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1986, p. 107

 

EXTRAIT (Suite)

Aménophis substitua à l’innombrable hallucination des ido­les, l’adoration d’un Dieu unique, Aton, dont le symbole était un disque solaire aux rayons terminés par des mains bénissantes. Le réformateur sentit qu’il ne faisait qu’Un avec l’Âme divine et il prit le nom d’Akh-en-Aton, le Fils d’Aton, le Fils du Dieu unique.

Il écrivit des hymnes d’une profonde beauté à la gloire du Père. Hymnes qui montrent dans ce génie religieux un génie poétique d’une richesse et d’une délicatesse dignes de la Bible […] :

Tu apparais, brillant, à l’Orient,
Ô Aton, maître de la vie,
Toi qui vivais avant la genèse des choses
Quand tu surgis à l’horizon,
Tu illumines de ta beauté tous les pays
Tu marches dans le ciel
Mais le jour est ta trace sur la Terre

[…]

Akh-en-Aton résolut de changer l’axe de l’univers et de substi­tuer à la Thèbes sacerdotale une nouvelle cité bâtie à la gloire de l’Éternel.

Dans un lieu choisi, le réformateur édifia sa ville, où tous les artistes d’Orient vinrent secouer la torche de leur génie. Temples et maisons grandirent vers le Soleil, combinant dans leurs forêts de pierre une capitale nommée Horizon d’Aton. Des jardins fabuleux, frémissant de ruisseaux et de cascades, enveloppèrent de leur fraîcheur la royale métropole. Une foule de nobles égyptiens, convertis à la religion atonienne, vinrent s’ébattre dans la capitale récente. Akhenaton et Néfertiti, au milieu de leur joyeuse famille, erraient sous les arbres. Le couple divin, après avoir reconstitué l’androgyne primitif, réédifiait maintenant le paradis.

Akhenaton déclencha également une révolution dans l’art. Jusqu’alors, les fresques et les peintures égyptiennes, hiératisées, se déployaient dans une zone artificielle. Akhenaton brisa les maillons et les carcans. Grâce à lui, les hommes, les femmes, les fleurs, les fruits, les oiseaux se mirent à vivre sous les doigts de l’artiste. D’un souffle révolutionnaire, la nature emporta les entraves de la tradition.

Une fraîcheur et un charme étonnants s’exhalent, comme un vol de parfums, des œuvres atoniennes. L’art nouveau traduit le réel avec une sensibilité ingénue, qui saisit le cœur. On y sent palpiter la joie de vivre d’un peuple libéré qui gambade dans l’éblouissement du Soleil. Toute la poé­sie du grand pharaon semble répandre les flammèches de son génie sur Horizon d’Aton, dont le site de Tell el-Amarna nous a restitué les vivantes ruines. […]

[…] Certains érudits ont osé soutenir que la réforme monothéis­te d’Akhenaton était d’ordre inférieur, car elle manquait de base morale. Contre une telle erreur, que de textes se pressent ! La morale d’Akh-en-Aton repose comme une escarboucle géante sur de solides piliers de granit. D’abord, l’adoration du Dieu unique. 

Écoutez, ô vous tous, générations passées, générations pré­sentes, générations futures, je vous annonce la voie du Salut : – Louez Aton le Dieu vivant, et vous aurez la vie. Que toutes les nations de la Terre proclament le Seigneur ! Il n’est pas d’autre Dieu que Lui !

Ensuite, l’amour de l’humanité, dont le rayonnement doit faire disparaître de la Terre la brume des guerres et des haines […].

Ajoutons que le grand inspiré, dépassant les passions natio­nales où se débattent encore les peuples, a proclamé l’essentiel de l’internationalisme : – Il y aura la guerre tant qu’il y aura beaucoup de peuples et beaucoup de dieux, mais lorsqu’il n’y aura plus qu’un seul Dieu, qu’un seul peuple, ce sera la paix !

Enfin, pour compléter le quaternaire moral, la joie de vivre. La religion d’Akhenaton ne possède aucune ténèbre, aucune épouvante. Aton ne s’enveloppe pas de foudres exterminatrices ; il rayonne doucement dans un brasier de tendresse. Sa doctrine n’évoque nullement les grimaces de l’enfer. Une des vertus du disciple, c’est la confiance en Dieu.

[…] En effet, on croit entrevoir le ciel quand on découvre cette morale si pure. Akh-en-Aton est mort en 1358 av. J.-C. Il forme à lui seul une mutation incroyable, en avance de plusieurs millé­naires sur la marche de l’humanité. Pendant qu’Akh-en-Aton et Néfertiti vivaient dans le paradis de l’Horizon d’Aton, les frontières de l’Empire craquaient sous les coups des Hittites. Pacifiste illuminé, le réformateur ne voulait pas faire tuer des hommes. Arcs et lances restaient oisifs dans toute l’Égypte. Dans les ténèbres, les vieux prêtres d’Amon, silencieux autour de la statue de leur dieu humilié, reprenaient des forces. Ils attendaient leur heure, comme des insectes obsti­nés. Elle vint inévitablement et le reflux des nuits succéda au triomphe de la lumière.

Quand mourut Akh-en-Aton, le Fils du Soleil, la nouvelle religion mourut avec lui. Aux pieds de sa momie, brille sur une feuille d’or sa dernière prière. Elle montre l’envol de cette âme supérieure qui rentrait dans l’infini :

Je respire la douce haleine de ta bouche,

J’admire la beauté chaque jour,

Mon désir est que je puisse entendre ta caressante voix, même dans le vent du nord,

Et que tu rajeunisses mon corps par ton amour.

Donne‑moi ta main pour qu’elle me communique ton esprit,

Et que je puisse vivre par Lui.

Appelle‑moi à l’éternité !

Akh-en-Aton eut pour successeur son gendre Sémenkharé. L’atonisme se continua officiellement, mais le maître génial n’était plus là pour l’animer de son feu. Après le coucher du soleil, une pâle lumière flotte encore sur le monde. Sémenkharé fut cette pâle lumière. Il ne tarda pas à mourir. Un autre gendre d’Akh-en-Aton, Toutankhaton, occupa le trône de l’Égypte et les tentacules des prêtres, vibrantes de joie contenue, ressaisirent le pouvoir.

Toutankhaton se convertit à la vieille doctrine, devint Toutankhamon, abandonna la ville du Dieu unique et rentra dans Thèbes vengée. Le silence et l’abandon tournoyèrent, comme un vol de vautours sur les ruines de l’Horizon d’Aton. L’archéologie moderne en a ressuscité les débris sacrés… Akh-en-Aton était trop pur pour réussir sa réforme. Les hommes ne purent parvenir à comprendre cette grande âme. Il ne reste de lui qu’un souvenir merveilleux. Plus tard, Moïse reprendra la torche du monothéisme et sa main de fer saura l’implanter brutalement. Moïse, qui fut élevé dans la sagesse des Égyptiens, connaissait sans doute le pharaon hérétique : les prêtres d’Amon en parlaient avec horreur et l’appelaient : « Ce criminel. » On peut sans absurdité croire qu’un rayon du réformateur égyptien alla éclairer le réforma­teur hébreu. Mais l’idée de l’Unité divine, qui n’avait pu vaincre en prenant la robe de la douceur, vainquit cette fois en s’armant du glaive et de la colère. Moïse sut se proportionner à la barbarie de son époque, c’est pourquoi il réussit. Akh-en-Aton refusa de tremper sa main dans le sang des hommes, c’est pourquoi il échoua. On peut se demander du reste si l’échec d’Akh-en-Aton ne vaut pas mille fois mieux que la réussite de Moïse !

François Brousse

L’Abeille de Misraïm, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1986, p. 107-111

Akh-en-Aton est le premier à avoir dévoilé au monde ce qui était enfermé dans les cryptes secrètes, à savoir : l’unité de Dieu, la fraternité des hommes, l’égalité de l’homme et de la femme, les lois de la réincarnation et de la métempsycose.  

François Brousse
Commentaires sur les Proverbes de Salomon – t. II, éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2015, p. 220

Akh-en-Aton, fils d’Aton

Ce surhomme au visage souriant adorait Dieu, l’Invisible Roi, et son image éblouissante, le disque solaire.

Il se proclamait le Fils d’Aton, l’Inspiré du Créateur. Plus encore, le pharaon transcendé affirma que seul l’amour peut nous conduire à l’immortalité. Sans doute faisait il allusion à la doctrine secrète des réincarnations, familière aux Initiés d’Hermès Trismégiste.

Mais ces derniers supposaient (quelques-uns d’entre eux) que la magie rituélique suffisait pour arracher l’âme des morts à la fascination des vies successives, et des chaînes planétaires. L’Aigle atonien volait plus haut et voyait de plus vastes horizons. Il proclamait que l’amour, supérieur à la magie, était seul capable de briser le carcan des réincarnations. Les humains au cœur plein d’amour montaient, après leur trépas, dans la gloire éternelle de Dieu.

Énorme révolution que son temps, et peut être le nôtre, sont incapables de comprendre. C’est pourquoi, à l’amour, son disciple Moïse substitua la justice, plus proche de l’esprit humain.

Ce mage sublime régna dix-huit ans sur la vie bouleversée de 1370 à 1352 avant l’ère chrétienne.

François Brousse
« L’année pyramidale » dans Revue BMP N°3, août 1983

Akh-En-Aton le premier monothéiste, le premier pacifiste, le premier féministe de l’Antiquité, le Maître de Moïse, appartient à l’émanation de Brahma, la Beauté parfaite, non celle de Vishnou, la Réforme religieuse. Les deux visages, avec celui de Civa, la Métaphysique implacable, ont chacun leur chemin de lumière et de divinisation. 

François Brousse
« Les visages passés des trois anciens Jésus » (24-09-1989) dans Revue BMP N°72, nov. 1989

Les sept paroles de sagesse 

On a retrouvé sur les murs des tombeaux égyptiens, notamment au sépulcre d’Aï, qui fut l’ami du Grand Réformateur, les sept paroles de sagesse.

Avant de ceindre la couronne pharaonique, Aï, gouverna la cavalerie de l’Empire. Il voua une adoration profonde à son maître disparu et fit graver le testament philosophique d’Akh-en­Aton sur les pages du granit Voici les sept paroles qui bouleversèrent le monde antique :

1. Aton, la face divine, le disque solaire, est l’image visible du Dieu invisible. Révéler aux hommes Celui qui est caché – tout est là.

2. Trois natures sont en Dieu : Zetout – les Rayons ; Neferou – la Beauté ; Mérita – l’amour : le disque solaire, la lumière et la chaleur – le père, le fils et la mère.

3. Que tous les faux dieux disparaissent devant l’Unique Vrai ! Que tous les lieux de la Terre se souviennent de Lui, et que tous les peuples Le saluent !

4. Ce n’est pas l’embaumement des morts, ni les aromates, ni le sel, ni la résine, ni le salpêtre, qui sont un remède contre la mort, mais l’amour. Hommes, aimez-vous les uns les autres ; aimez-vous et vous ne verrez jamais la mort.

5. Pour détacher les blocs de granit dans les carrières d’Égypte, on creuse un trou dans la pierre, on y introduit un coin de bois, on l’humecte avec de l’eau, et le bois en se gonflant brise la pierre. Et moi aussi, je suis le coin de Dieu !

6. Le plus grand roi d’Égypte est Amenemhet, qui fit écrire sur son tombeau : « Sous mon règne, les hommes vécurent en paix et en grâce. Sous mon règne, les arcs et les glaives restèrent
oisifs. »

7. La guerre subsistera tant qu’il y aura beaucoup de peuples et beaucoup de dieux, mais lorsqu’il n’y aura plus qu’un seul Dieu, et qu’un seul peuple, la paix règnera sur la Terre.

Cette bannière de sentences magnifiques flottera toujours dans la mémoire des initiés, au vent de l’esprit des mondes. Elle proclame, avant Moïse, la croyance en un seul Dieu, l’Unique Vrai, devant qui doivent s’effacer les dieux fantômes vénérés par les superstitions populaires.

François Brousse
Revue BMP, N°303-304-305, octobre-novembre-décembre 2010, Clamart, Ed. La Licorne Ailée

La tombe du pharaon Aÿ, successeur de Toutankhamon

LA JOIE DU SOLEIL

Akh‑en‑Aton domine
Toute l’humanité,
Son génie illumine
L’éternelle cité.

Il apprit la bonté
Aux races en gésine
Un seul Dieu abritait
Ses fleurs adamantines…

Il protégea les femmes
Contre l’hyène infâme
Il brisa les douteurs

Mais la fidèle Histoire
Ressuscite la gloire
Du plus grand des Sauveurs.

15 mai 1995

François Brousse
Le Refrain de l’absolu, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 2001, p. 288

Le géant Akh-en-Aton […], ce grand réformateur de la dix-huitième dynastie pharaonique,
fut le guide secret de Moïse et le précurseur direct de Jésus.

Il proclamait trois formes de la Réalité divine : l’Absolu, soleil invisible, puis le soleil visible, la face flamboyante de Dieu, enfin le soleil vivant sur terre, le Prophète, le fils glorifié de la Splendeur.

Cette vérité a franchi le torrent des siècles jusqu’au christianisme ;
elle continue à brandir son triangle incorruptible qui marque le front des Inspirés.

François Brousse
La Trinosophie de l’étoile Polaire, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1990, p. 43 

Qu’y a-t-il sous les deux colosses de Memnon ?

Il y a une chambre secrète qui n’a pas encore été découverte. Le colosse de droite a été construit par Aménophis III et celui de gauche par Aménophis IV. Cela ne se trouve pas dans l’histoire officielle de l’Égypte.

Ces deux colosses étaient à la porte d’un immense temple qui a disparu. Le colosse de gauche était celui dont on disait que, tous les matins, un son mélodieux s’échappait de sa bouche pour saluer le lever de l’aurore. On a oublié d’ajouter que le soir, au coucher du Soleil, une plainte funèbre s’exhalait de ses lèvres de pierre. Il avait été en quelque sorte créé par la magie d’Akh-en-Aton, aidé d’Amenhotep, fils d’Apou, un très grand poète, prophète et visionnaire, ami et soutien d’Akh en-Aton.

Sous ce temple, maintenant disparu, existaient des chambres souterraines où se déroulaient quelques-unes des grandes initiations données par Akh-en-Aton qui régnait alors conjointement avec Aménophis III pendant la corégence.

Je pense que ces chambres seront découvertes tôt ou tard. Le néophyte pénétrait à l’intérieur de douze chambres. À la douzième, il recevait la grande initiation que donnait Akh-en-Aton lui-même, en imposant ses mains pendant vingt minutes sur le crâne de l’être prosterné à ses pieds.

Les murs de ces chambres contiennent des prophéties d’Aménophis IV. 

François Brousse
Entretien, Assouan [Égypte], 2728-04-1987 dans Revue BMP N°249, nov. 2005

Le discours du pharaon révolutionnaire

Transportons‑nous vers l’année 1352 av. J.-C., dans la ville de l’Horizon d’Aton, la cité aux temples privés de toit, pour laisser pénétrer la lumière divine. C’est la nuit des initiés, la nuit du solstice d’été, sous les rayons d’une lune énorme, roulant dans un ciel mauve et sombre.

Akhenaton est assis, lui treizième, à la table des festins magiques. Il sait que son œuvre, féconde par l’éveil des âmes individuelles, est condamnée sur le plan social. Il a pourtant choisi le peuple le plus civilisé de la Terre, le peuple égyptien. Mais les temps ne sont pas encore venus.

À sa droite sourit Néfertiti, l’énigmatique, la femme merveil­leuse, maîtresse de son cœur et fille de sa pensée. À sa gauche, médite un homme au front large, au regard pénétrant, à la barbe majestueuse, le grand prêtre d’Héliopolis, un certain Osarsiph, qui prendra plus tard le nom de Moïse. Le pharaon s’adresse à l’assemblée des sages :

– Frères et sœurs, vous connaissez la grande œuvre que j’ai entreprise avec l’aide de vos intelligences et de vos énergies. Il s’agit de révéler au monde quatre clés de lumière : l’unité de Dieu, la trinité solaire, l’amour universel et le chemin de la beauté. De tous temps, les sages ont murmuré de bouche à oreille, dans le secret des cryptes, que Dieu était Un.

La multitude des divinités forme la robe bariolée et symbolique de l’Esprit éternel. Il contient en Lui d’innombrables forces, d’innombrables vertus. Ces forces et ces vertus ont été adorées comme des personnes. Amon, c’est la puissance créatrice de Dieu, Osiris son amour, Phtah son intelligence.

Mais j’ai décidé d’arracher la vérité, enclose dans les sanctuai­res souterrains, pour l’exposer nue aux regards éblouis de l’humani­té. Je révèle donc l’unité de Dieu et, pour éviter toute confusion avec les cultes officiels, je lui donne le nom d’Aton, le nom du Disque solaire. Les prêtres d’Héliopolis ont le mieux conservé l’idée sublime du monothéisme. Cependant le Dieu unique, l’Invisible Soleil qui règne en‑de­hors du temps et de l’espace, a son image dans le temps et dans l’espace, c’est le Soleil visible, la force resplendissante de Dieu. Elle compose le deuxième terme de la Trinité. Mais, comme vous ne l’ignorez point, le Soleil est le séjour des âmes ineffables et transfigurées. Tous les mille ans, une âme divinisée s’incarne sur la Terre pour apporter aux humains la vérité salvatrice. Cette âme se nomme le Fils glorifié de Dieu. En ces âges de ténèbres, l’homme solaire, c’est moi, Akhenaton. Ainsi se complète par l’homme la Trinité divine. Le message délivré par l’homme solaire est double : il touche les peuples et le cosmos. Envers les peuples, nous apportons le talisman de l’amour universel. Il faut répondre au bien par le bien et à l’injuste par le juste. Les peuples, étant les fils du même Dieu, doivent s’aimer et s’entraider. La haine et la guerre, enfants du chaos, sont destinées à l’anéantissement. Ne dresse pas la violence contre la violence, dresse l’amour et tout s’illumine­ra.

Ce n’est pas l’embaumement des morts, ni les aromates, ni le sel, ni la résine, ni le salpêtre, qui apportent un remède contre la mort, mais l’amour. Hommes, aimez‑vous les uns les autres, aimez‑vous et vous ne verrez jamais la mort.

Ceux qui savent connaissent la triste destinée des âmes ignorantes. Consumées par le désir, elles rentrent, après le trépas, dans le cycle des vies animales, qu’elles parcourent en trois millénaires. Puis elles émergent à nouveau dans une forme humaine. Si, à travers cette nouvelle existence, l’âme ignorante se plaît encore à l’ignorance, elle replongera dans l’enfer des vies animales.

Le moyen d’acquérir l’immortalité, n’est pas la magie, c’est l’amour. C’est aussi la beauté divine, l’âme se rapproche de Dieu. Il se manifeste dans la splendeur mouvante des cieux et de la terre, comme dans les poèmes, les statues, les tableaux, les sympho­nies créées par le génie humain qu’inspire le Grand Artiste de l’infini.

Les faux prophètes d’Amon préconisent la froideur, l’insensi­bilité, le rejet de tout sentiment. Mais la science transcendante n’a rien à voir avec cette pétrification de l’être vivant ! Dieu, Aton l’éternel, a deux noms : il s’appelle Amour et il s’appelle Beauté. Si vous ne vibrez pas comme les harpes suspendues aux colonnes, si vous ne contemplez pas la beauté universelle, votre vie s’écoulera inutile et morne. Ne vous y trompez pas ! L’Art n’est pas le jeu d’esthètes blasés, il ouvre le chemin qui monte vers les cimes de la lumière incommensurable. Pour être immortels, il convient d’unir le sens esthétique au sens du sacrifice !

Ces Nobles Vérités, le peuple égyptien les a comprises dans un moment d’exaltation sublime ! Des milliers d’humains, jeunes et sains, ont répondu avec enthousiasme à mon appel. Mais je sens l’ombre de la mort s’approcher de mon front, et l’avenir se dévoile à mes yeux. Le clergé d’Amon, fort de l’appui des superstitions et des intérêts, se lèvera sur mon cadavre. Les vieux prêtres sclérosés s’empareront à nouveau du pays merveilleux qu’ar­rosent les flots du Nil terrestre et du Nil céleste !

C’est pourquoi je m’adresse à vous deux, toi, Néfertiti, fille des astres, et toi, Osarsiph, l’initié des eaux ! Je vous confie la mission de sauver l’atonisme, la religion du soleil et de l’esprit.

Néfertiti, à travers l’obscur cheminement des siècles, tu fonde­ras pour les mystes une société secrète, tabernacle des Nobles Vérités ! L’unité de Dieu, la trinité solaire, l’immortalité conquise par l’amour et la beauté seront le nectar que tu verseras aux âmes éprises d’absolu. Ton emblème brillera dans la Croix de Vie, la Croix ansée, le Tau du dévouement couronné par le lotus de la gloire. Ce qui se nomme lotus dans l’antique Égypte s’appelle la rose dans le jeune Occident, son continuateur prédesti­né.

Si Néfertiti est la moitié de mon âme, Osarsiph est l’ombre géante de mes aspirations. Je te donne le nom mystérieux de Moïse, le Sauvé des Eaux, le roi de l’initiation fluidique. Tu possèdes, en ta qualité de médium et de magicien, une redoutable puissance. Tu peux susciter les ténèbres et l’orage, tu peux appeler les insectes et les fléaux, tu peux commander aux fleuves, tu peux condenser en pains de vie le mana qui roule dans les hauteurs du ciel, tu peux détruire les monarques et les nations, ta main gauche répand l’épouvante et ta main droite l’éblouissement. Ta responsabilité monte au niveau de ton pouvoir. Les Grecs et les Égyptiens ont des temples de pierre où ils adorent Dieu, les uns sous une forme humaine, les autres sous une forme animale. Mais, toi, tu sais que l’Être suprême n’a pas de forme et n’a pas de frontière ! Tu abattras les temples et les idoles, les figures anthropomorphiques et bestiales. Sur leurs débris tu construiras un Temple vivant, un peuple d’initiés qui marchera parmi les peuples à travers les âges, tout en proclamant l’Éternel dans l’Infini !

Cette œuvre immense se gonfle de périls. Prends garde que ta force ne devienne violence ! Prends garde que ton peuple d’élus ne devienne un peuple d’usuriers ou de conquérants ! Pendant que ton architecture populaire montera sous les rayons, l’hypogée souterraine de Néfertiti fera méditer les divinités dans le silence. Vous transmettrez ainsi tous les deux les trésors de l’Arche solaire.

Tel fut le discours du pharaon révolutionnaire, du Roi vivant dans la vérité. Quand les initiés se dispersèrent, les étoiles brillèrent plus intensément sur la Terre rénovée de l’Égypte. 1352, Akhenaton meurt en regardant le Disque d’or et en murmurant : – Mon âme monte vers la face de l’Éternel.

François Brousse

Les Secrets kabbalistiques de la Bible, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1987, p. 9-12

Pour les théologiens d’Héliopolis, le Soleil était un véritable paradis où les âmes glorifiées des justes montaient, après la mort du corps. Ce sont les profondeurs cachées des doctrines d’Héliopolis que mit à jour le titanique réformateur Akh-en-Aton, le premier des génies religieux, des initiateurs du monde.

 

François Brousse
Nostradamus ressuscité – Tome II, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1997, p. 160-161

Les initiations d’Akh-en-Aton

À Tell el-Amarna, n’importe qui pouvait accéder à l’initiation, ce qui était une énorme transformation parce que jusqu’alors les initiables étaient triés sur le volet par les prêtres qui ne donnaient une initiation qu’à ceux qu’ils voulaient bien et qui étaient adeptes d’Amon.

Il suffisait que le postulant à l’initiation le demande à Akh-en-Aton et expose ses motivations pour recevoir une initiation. Il fallait encore un jour de jeûne. Au moment du lever du soleil, on prenait un bain rituel dans le Nil. C’était l’initiation de la purification.

La seconde initiation se passait dans la grande salle, au centre de Tell el-Amarna, une salle à ciel ouvert. Il y avait une multitude de fleurs sur un autel en or pur. Ces plantes représentaient la vie universelle. L’initié, agenouillé, recevait l’initiation de la connaissance. On lui expliquait les mystères de la création du monde. C’était l’initiation du Soleil.

Ensuite, il restait à méditer sur ces mystères jusqu’à la tombée de la nuit. On lui donnait alors l’initiation de la Lune : on lui exposait les secrets qui permettent à l’âme de sortir du corps pour aller voltiger de planète en planète.

Enfin, le troisième jour, il recevait la grande initiation du Soleil dans laquelle il avait l’impression que son âme se confondait avec celle du Soleil et devenait Une avec l’âme universelle dont le Soleil était en quelque sorte la flamme la plus haute et la plus pure. À ce moment-là, il ressuscitait, et ressuscité, il restait pour la vie et l’éternité le compagnon fidèle d’Akh-en-Aton. Il y avait aussi toute une série de visions :

• Le premier jour, au moment de la sortie du fleuve, on devait voir son âme, pure comme un cristal, c’est pourquoi on l’appelait aussi « l’initiation de cristal ».
• À la seconde initiation, on devait voir son âme dans sa pureté divine, débarrassée de tous les éléments purement terrestres. C’était « l’initiation de la divinité solaire ».
• À la troisième initiation, on devait être capable de sortir de son corps par la force de sa propre volonté et visiter des planètes.
• À la quatrième initiation, on devenait Un avec l’âme du Dieu solaire et avec l’âme d’Akh-en-Aton. On voyait Akh-en-Aton lui-même transporter notre âme dans les profondeurs du Soleil et on devenait Akh-en-Aton qui, lui, devenait le Soleil éternel, créateur du ciel et de la Terre. Au retour sur Terre, on recevait un nom nouveau qui correspondait à nos vibrations personnelles et on le conservait jusqu’à la mort.

Voilà en grande partie les initiations données à Tell el-Amarna.

François Brousse
Entretien, Assouan [Égypte], 27/28-04-1987, dans Revue BMP N°249, nov. 2005

Le culte solaire

Lorsque le sage et méconnu Akh-en-Aton ceignit la tiare de pharaon, la double couronne de la Haute et de la Basse Égypte, il établit sur les ruines des dieux pullulants le culte sublime de l’Unique Intelligence, dont le symbole colossal est le soleil, que le poète impérial à l’aura de pourpre et de gloire honorait de ses hymnes grandioses.

La terre sacrée d’Hermès connut alors une époque prodigieuse. Son maître était un initié, vibrant comme une lyre, doux comme les dattes mûres, profond comme l’abîme.

Sa religion demeure, à travers les siècles, pareille à un génie mystérieux qui médite, le doigt sur la bouche et les ailes éployées. Mais ce poète tiaré voyait trop grand pour les siècles antiques. Il espérait établir dans ces âges reculés un culte si noble qu’il dépasse encore la capacité cérébrale de nos contemporains !

Aussi la divine religion solaire mourut avec le pharaon. Les prêtres dépouillés reprirent leur prestige et cachèrent la face flamboyante du Dieu Un sous l’innombrable brouillard de leur grimaçant panthéon.

François Brousse
« Fondateurs de religion »
dans Revue BMP N°179, juill. 1999 

Aton et Amon

Aton est le dieu unique dont le disque solaire était la représentation. Amon représentait la divinité essentielle de Thèbes.

Le clergé d’Amon, maître de Thèbes, s’était emparé de la plus grande partie des richesses du pays et ce clergé était en lutte contre le clergé d’Aton, d’Héliopolis.
Le clergé d’Aton était en rapport avec l’initiation solaire et de ce fait, il était, au point de vue mental et surmental, bien supérieur au clergé de Thèbes qui s’appuyait sur la magie inférieure.

Entre -1400 et -1300, Aton fut vainqueur à travers une série de prophètes : Akh-en-Aton, Aï, Semenkharé, Toutânkhaton. Cela ne s’est terminé qu’avec Moïse qui soutenait l’atonisme d’une manière un peu particulière.

Ensuite, ce fut le retour d’Amon et Aton fut effacé de l’histoire du monde pendant plusieurs siècles.

Vers 1892, on retrouva la correspondance de Tell el-Amarna, correspondance établissant l’existence d’Akh-en-Aton ; et un peu plus tard, on retrouva l’hymne au soleil d’Akh-en-Aton dans le tombeau de Aï.

Cette lutte n’est pas terminée. […]

À travers les siècles, Amon en tant que création mentale, en tant qu’égrégore, existe toujours. Il a été créé par des millions de croyants et il a encore une très grande puissance. C’est comme l’égrégore du Christ. Mais l’égrégore d’Amon existait déjà bien avant celui du Christ. La lutte entre les dieux se perpétue mais Amon sera vaincu tôt ou tard… ou transformé.

François Brousse
Entretien, Clamart, 17 août 1988

Spiritomancie

Je suis l’œil spirituel, avec sept rayons terminés par des mains bénissantes.

L’une de mes mains étreint le Nord ; l’autre le Sud, l’autre l’Est ; l’autre l’Ouest ; l’autre le Nadir, c’est-à-dire le Soleil noir de la Terre ; l’autre le Zénith, c’est-à-dire le Soleil blanc du ciel ; l’autre mon cœur, c’est-à-dire le Soleil central du monde. Et c’est par mon fleuve magnétique, le Nil céleste, que la Terre a été purifiée et que la barbarie a reculé pour trois siècles.

Les traits les plus beaux de la Bible ne sont que des emprunts à l’atonisme primordial. Moïse a été mon élève et Salomon, mon véritable successeur.

François Brousse
« Spiritomancie (avril 1980) »
dans Revue BMP N°214-215, sept.-oct. 2002

Ma mission, prédite par Tolstoï, est de relever le flambeau de l’idéalisme et du symbolisme,
sous le soleil éblouissant de la poésie.

Dans un autre domaine, je révèle l’ésotérisme de Hugo, les secrets du comte de Saint Germain, le mystère de l’éternité,
et le message des quatre titans : Pythagore, Rama, Akh-en-Aton, Lao-Tseu. […]

Tout être a un rôle sur la Terre. Il doit dans le secret de son cœur lire la phrase gravée par la Providence,
avant même la naissance et qui contient les oracles de son itinéraire spirituel.

François Brousse
Lettre à S. D., 02-09-1980, dans carnet manuscrit « B10C17_CarnetRevesInitiationsLettres_1980 » 

 

La première grande mutation s’appelle d’un nom prestigieux : Akh-en-Aton, le pharaon Aménophis IV.

Il a laissé son souvenir dans l’arcane du Tarot la Pierre cubique ou l’Empereur, image de l’œuvre d’éternité accomplie par l’adepte.

Sa triple devise – Adorer la Trinité solaire – Aimer fraternellement tous les humains – Développer son âme par la contemplation de la Beauté universelle – a franchi les millénaires comme un hymne de gloire et de génie.

François Brousse
« La Rose-Croix, origine, mystère et symbolisme » dans Revue BMP N°115-116, oct.-nov. 1993

Monothéïsme

On présente souvent Akh-en-Aton comme le premier monothéiste mais quelques sages égyptiens étaient déjà arrivés au monothéisme ; ils l’avaient conservé dans le secret de leurs temples. Akh-en-Aton a été le premier à le dévoiler et cela, sous une forme beaucoup plus vaste, plus métaphysique et plus humaine.

C’est essentiellement cela qui a choqué les prêtres, ils y ont vu un véritable sacrilège alors que ce n’était qu’un épanouissement.

Avant Akh-en-Aton, les sages égyptiens n’avaient pas dévoilé au peuple le monothéisme qu’ils connaissaient déjà. Akh-en-Aton l’a révélé sous la forme du soleil avec l’idée triple d’un soleil invisible, le soleil d’amour, d’un soleil de beauté, d’un soleil de vie.

Le soleil visible en était l’image. Sur la Terre, le triple soleil amour-vie-beauté apparaît à travers les âges chez différents prophètes. À cette époque-là, le prophète était Akh-en-Aton. 

François Brousse
Entretien, Assouan [Égypte], 27/28-04-1987,
dans Revue BMP N°249, nov. 2005  

Aton et les dieux locaux

Dans son immense clémence et son immense ouverture d’esprit, Akh-en-Aton avait accepté que les Égyptiens aient deux religions : la sienne et la religion locale qui était surtout l’adoration de dieux enfermés dans des normes ou dans des villages.

C’était des divinités locales et toutes secrètes. Néfertiti n’admettait pas cette tolérance qu’elle considérait comme une trahison, alors qu’Akh-en-Aton était tout à fait dans son rôle en essayant d’imposer, par la sagesse et par la conviction, la puissance et le culte d’Aton.

Comme il ne pouvait pas faire autrement, il laissait les masses égyptiennes adorer à la fois la face éblouissante d’Aton et aussi leurs petits dieux locaux qui étaient comme les saints de la religion catholique.

François Brousse
Entretien, Prades, 10-05-1977
dans Revue BMP N°323, Juill. 2012

Les hommes-dieux

La Trinité atonienne précède chronologiquement et surpasse métaphysiquement la trinité chrétienne.

Les rayons se confondent avec la puissance créatrice, et nous avons en clair la trinité parfaite : la Vie, l’Amour et la Beauté. Ce dernier élément, la splendeur, est ignoré des cervelles vaticanes. Il confère à la religion du Maître solaire une gloire esthétique, une robe de pourpre incomparable.

Autre ressemblance avec le christianisme : l’Homme-Dieu. Les pharaons, suivant les théologiens de Memphis et de Thèbes, étaient les fils du Dieu-Soleil, engendrés mystiquement et magiquement par Amon ou Osiris. Ici encore, le pharaon génial innove de manière souveraine.

Le Fils d’Aton est la véritable incarnation divine illuminant les peuples de la Terre. Conséquemment, les vrais hommes-dieux ne peuvent être que les enfants d’Aton. Une nouvelle race de pontifes solaires surgit à l’horizon, comme une caravane de géants.

Si le pharaon renonce au culte d’Aton, il n’est plus qu’un roi temporel. L’authentique roi spirituel est d’origine atonienne.

François Brousse
« Akh-En-Aton »
dans Revue BMP, N°303-305, oct.-déc. 2010

Thèbes et Tell el-Amarna 

La faiblesse du dieu Amon-Râ est d’être un dieu local, celui de la Thèbes gigantesque, en quelque sorte la plus grande ville de l’univers, que l’on pouvait considérer comme la capitale du monde avec plusieurs centaines de milliers d’habitants, dominée par une caste de prêtres tyranniques.

Elle avait asservi par la guerre une multitude de peuples autour d’elle et elle recevait le tribu de cent nations. Elle avait aussi, comme le dit le vieil Homère, cent portes qui s’ouvraient sur l’infini de l’univers ; elle n’était pourtant qu’une cité parmi d’autres cités. Elle avait un dieu local qui s’appelait Amon-Râ mais, si grand fût-il, ce dieu était devenu la proie des prêtres qui se servaient de lui pour asservir les masses par la magie et par la crainte. Ils prétendaient que tous les hommes, exceptés ceux qui recevaient l’initiation d’Amon, étaient pratiquement condamnés à la destruction.

C’est pourquoi Akh-en-Aton le pharaon contestataire, le plus grand des prophètes de l’Antiquité, se dressa contre la tyrannie d’Amon. Akh-en-Aton affirmait que le Dieu véritable n’était pas un dieu enfermé dans une caste ou une ville ou un pays.
C’était la première fois au monde qu’on osait dire qu’il n’y avait qu’un seul Dieu valable pour tous les peuples de la Terre. Il allait d’ailleurs infiniment plus loin en déclarant aussi que ce Dieu était valable pour tous les animaux de la Terre, ainsi que les plantes. Planètes, animaux, hommes avaient une âme immortelle qui devait adorer le Dieu de l’éternité, de l’infini, de l’absolu, au-delà de tous les dieux terrestres. Akh-en-Aton fut évidemment atrocement combattu. Il a cependant réussi à fonder à Tell el-Amarna une ville prodigieuse dont il ne reste absolument rien. C’était une nouvelle Thèbes, quelque chose de colossal et de démesuré. Il la fonda entre Memphis et Thèbes pour rester à égale distance entre l’ancienne théologie de Memphis et la dernière, celle de Thèbes.

Il prétendit être inspiré par son Dieu Aton pour construire ce sanctuaire. Il édifia un immense temple de huit cent mètres de longueur, destiné à concurrencer celui de Thèbes. Il éleva une série de maisons et de temples qui avaient la particularité d’être ouverts sur le ciel : il voulait qu’Aton soit uniquement adoré par le cœur et il lui offrait souvent des fleurs et des fruits, jamais d’offrandes animales, car il respectait grandement la vie animale.

 

 

 

Il se considéra comme le représentant du Dieu éternel. Selon lui, le Dieu éternel avait trois formes, le soleil de la beauté, de l’amour, de la vie universelle. Son reflet sur la Terre était Akh-en-Aton qui concentrait en lui tous les dieux et c’est pourquoi Aton est représenté d’une manière effarante dans le monde atonien.

Sa tête de bélier est normale, car le bélier représente Amon ; ses seins de femme sont normaux car il concentrait en lui la sagesse de la grande Isis ; ses pattes de héron sont normales car il concentrait en lui la sagesse de Thot, souvent représenté par un héron, un ibis ou un échassier ; son ventre proéminent est normal car il concentrait en lui la sagesse de Bès, un dieu au ventre ridicule. Ce dieu protégeait les faibles, les petits, les déshérités, les esclaves, les paysans et les ouvriers.

Il a fait avec tout cela une formidable révolution. Dans la réalité, il n’était ni laid, ni hydrocéphale, il était d’une beauté merveilleuse. Il suffit de voir la statue d’Akh-en-Aton tel qu’il est au Louvre et de voir celles du musée du Caire mesurant plus de trois mètres. Il a une tête admirable de puissance et de sérénité. Il est représenté sans sexe car il s’assimile au nouvel Osiris. Osiris, comme vous le savez, a eu le sexe dévoré par les poissons du Nil.
Le résultat de toute cette révolution fut assez extraordinaire car il eut pour lui la grande masse de l’Égypte qui le considéra comme un véritable dieu incarné sur la Terre. Il composa un Hymne au Soleil qui reste parmi les œuvres les plus éclatantes du génie humain. Il composa également toute une série de formules de sagesse parmi lesquelles : « Le mal vient du fait qu’il y a plusieurs peuples et plusieurs dieux ; quand il y aura un seul peuple et un seul dieu, la paix règnera par les hommes. » Et encore : « Le plus grand des pharaons n’est pas celui qui a dégainé le glaive de la guerre, mais celui qui a fait briller le soc des charrues. »  « Quand les ouvriers veulent tailler un immense bloc de granit, ils ouvrent un coin dans la roche, ils remplissent ce coin avec du bois de chêne sur lequel ils versent de l’eau ; l’eau dilate le bois et le granit éclate ; et moi je suis le coin que le Dieu éternel enfonce dans le granit des fausses religions. » « Je suis l’incarnation de l’Être absolu. »

C’était le plus grand et le plus étonnant des prophètes. Il est mort dans d’étranges circonstances qui demeurent incertaines. Il est probable que des marchands de Crête lui aient apporté un vin qu’il savait être un poison mortel. Il regarda se lever le Soleil, il but ce vin et son âme s’échappa après avoir déclarée : « Moi, le fils du Soleil, je rentre dans la splendeur du Soleil. »

Terminé le 18 juillet 1987

François Brousse
Entretien, Assouan [Égypte], 27/28-04-1987, dans Revue BMP N°249, nov. 2005

 

 

La mort d’Akh-en-Aton 

La mort d’Akh-en-Aton est couverte d’un voile de ténèbres. On a retrouvé sa tombe, au site d’Amarna, mais pas sa momie. Qu’est devenue la dépouille du plus grand génie de l’Antiquité ?

Des marchands crétois, payés par les prêtres d’Amon, offrirent au pharaon messie un vin délicieux qui contenait des poisons mortels. L’œil du jeune aigle avait deviné cette trame sinistre.

Mais, ayant atteint un âge initiatique (36 ou 38 ans), il aspirait à l’Initiation suprême : abandonner le corps physique pour entrer dans la grande extase métaphysique.

Assis sur un trône au faîte de la plus haute colline d’Amarna, il regardait le Soleil levant sortir d’un nuage léger comme une mousseline. Une douce brise – ô miracle – s’était levée sur la ville de l’Horizon, faisant flotter les drapeaux et les oriflammes au sommet des mâts, qui ornaient le portique des temples.

Une musique de flûtes, de tambourins et de harpes, montait de la ville en fête. Des flots d’encens s’élevaient de vastes bassines pleines de flammes. On entendait l’aboiement des chiens, le roucoulement des pigeons et le cri strident des coqs éclatants d’orgueil. Sous les yeux du pharaon, la ville étalait ses tapis de fleurs flamboyantes et douces qui environnaient les maisons, les tombeaux sanctuaires.

Akh-en-Aton ferma les yeux, des images frissonnèrent dans sa mémoire. Néfertiti, la princesse Khya, et la plus aimée de ses filles. Il pensa aussi à son père, le robuste Aménophis III, chasseur de lions, à sa mère Tyi, prêtresse d’Aton, à son professeur Aÿ, débordant de sagesse, à son ami Amenhotep, le mage visionnaire, à son disciple Moïse dont il avait failli faire son co régent, à ses enfants, aux disciples initiés, puis il parla au Soleil debout dans sa robe de gloire :

Adithya, Atoum, Osiris, Aton, toi qui as mille noms et qui n’as pas de nom, mon temps est venu de quitter la Terre, absorbe moi dans ta lumière éternelle.

D’autres viendront après moi, qui continueront mon œuvre et répandront sur la Terre la vérité du Dieu unique !

Puis le roi messie à sa bouche porta le breuvage fatal. Il le savoura lentement, à longs traits, et d’un seul coup s’effondra aux pieds de son trône. Un grand tremblement de terre lui répondit en écho, qui ravagea toute l’Asie, car la mort des messies est toujours saluée par un cataclysme naturel. L’âme du Maître monta dans le Soleil et devint Une, sans perdre son individualité, avec l’Esprit supra¬mental de l’astre éblouissant.

Quant à son corps, il a disparu. S’est il désintégré, jetant ses molécules ardentes dans l’immensité de l’espace étoilé ? Ou bien est il tombé dans une crevasse, dévoré par les bêtes de la montagne ? Nous préférons nous en tenir à la première hypothèse qui rejoint l’énigmatique disparition de certains lamas, qui, au moment de la mort, rajeunissent pour aboutir à un bloc de lumière.

 

 

 

A-t-il laissé à ses enfants spirituels un testament de granit et d’extase, où s’exprime son âme riche en visages fascinants ?

Je suis venu sur terre pour apporter à l’humanité une des plus grandes vérités de tous les temps : l’existence d’un Dieu unique !

Les prêtres d’Amon croyaient en un Dieu unique, mais ils en gardaient la révélation aux initiés supérieurs. Ils privaient ainsi les princes, les scribes et les fellahs d’une vérité primordiale, d’une sainte nourriture pour les âmes. J’ai répandu cette lumière, non pas sur le seul peuple égyptien, mais sur tous les peuples de l’univers.

Pour qu’elle soit comprise, j’ai donné à l’Être divin comme symbole éclatant et mondial le disque du Soleil. Je n’ai jamais cru que le disque du Soleil soit le Dieu suprême, la seule Divinité est le Principe éternel, l’Axiome infini, l’Être des êtres. Mais le disque du Soleil demeure son visage le plus beau.

D’autres détracteurs m’ont accusé d’avoir livré mon pays aux nations étrangères. J’ai toujours préféré la diplomatie à la guerre, mais, si quelques états vassaux de l’Égypte sont devenus vassaux des Hittites, jamais de mon vivant un soldat ennemi n’a foulé le sol sacré de Misraïm. L’éclipse momentanée de la suprématie militaire est largement compensée par la proclamation sur toute la Terre du Dieu unique d’amour, de sagesse et de beauté.
J’ai fait comprendre aussi comment l’art, inspiré mais non plus hiératique, permet au Divin qui est en nous de monter jusqu’au Divin qui est hors de nous.

L’art glacé de la vieille Égypte montrait les hommes figés, de profil ou les épaules et l’œil de face. J’ai permis aux peintres et sculpteurs sous mon règne de découvrir la physionomie, l’âme secrète des hommes et des choses.

La dictature traditionnelle et sociale a fait place au symbolisme personnel de chaque artiste créateur.

Un homme de génie, un envoyé du Soleil, a déclaré avant moi que tous les humains, et non simplement le pharaon, possédaient une âme immortelle. Un autre homme de génie a révélé que cette âme voyageait tantôt dans des corps humains, tantôt dans des corps animaux, tantôt dans des corps célestes, mais qu’elle pouvait quitter le cycle des métamorphoses pour devenir divine.

Et moi, je proclame le moyen de cette divinisation, la technique de la transfiguration libératrice. L’âme humaine devient divine non par la magie, non par les rites, non par la grâce hasardeuse des entités, mais par l’amour. Aimez et vous vaincrez la mort. L’amour est le cœur même de la Vérité absolue. Il est aussi le regard de la splendeur existant éternellement. Amour, sagesse, vérité, voilà le triangle lumineux de la vie.

Tous les malheurs de la société existent parce qu’il y a plusieurs peuples et plusieurs dieux. Quand il n’y aura qu’un seul peuple et qu’un seul Dieu, la justice régnera parmi les hommes.
Tous les malheurs de l’individu existent parce qu’il suit les chemins de la haine et de la peur. Quand il montera sur la montagne de l’amour et de la conscience, il connaîtra la gloire de la résurrection.

Je suis le roi vivant en vérité, je suis le prophète de l’Aurore infinie, et même si les ténèbres triomphent momentanément, mon message renaîtra plus brillant que jamais sur l’horizon de l’humanité réconciliée enfin avec elle même.

Terminé le 18 juillet 1987

François Brousse
« Akh-en-Aton, le prophète calomnié » dans Revue BMP N°49, sept. 1987

 

 

Akh-en-Aton est le plus grand des grands prophètes
Ainsi l’Himalaya dépasse tous les faîtes.

François Brousse
« Distiques » dans Revue BMP N°300, juin 2010

Hymne au Soleil d’Akh-en-Aton 

Tu apparais en beauté dans l’horizon du ciel,
Disque vivant, qui a inauguré la vie !
Sitôt tu es levé dans l’horizon oriental,
Que tu as empli chaque pays de ta perfection.

Tu es beau, grand, brillant, élevé au‑dessus de tout l’univers.
Tes rayons entourent les pays jusqu’à l’extrémité de tout ce que tu as créé.
Et tu les lies pour ton fils que tu aimes­
Si éloigné sois‑tu, tes rayons touchent la terre.
Tu es devant nos yeux mais ta marche demeure inconnue.

[…]

Akh-en-Aton
Revue BMP, N°8, février 1984,
« Hymne au Soleil d’Akhenaton (traduction de François Brousse) »

Après le pharaon Toutankhamon, est venue au pouvoir une figure extrêmement curieuse. Aÿ, qui a été appelé « le père nourricier » et dont l’influence était très grande. Il était un ami et un disciple du pharaon ; il n’a régné que quatre ans ; il était très probablement le chef de sa cavalerie et c’est grâce à lui en grande partie que l’Hymne au Soleil d’Akhenaton a été conservé, qu’il a lui-même ordonné de graver dans son tombeau ainsi que des paroles de sagesse. 

François Brousse
Perpignan, 26 mai 1977

 

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