Un sage de bonne compagnie

François Brousse, poète et philosophe (1913-1995)

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François Brousse un sage de bonne compagnie

Chaîne dédiée à la pensée et l’œuvre du poète et philosophe François Brousse (1913-1995)

François Brousse un sage de bonne compagnie
Que penses-tu de Velicovsky  et de ses théories de la chronologie ? Il aurait fait vivre Hapchetsout à l'époque de Salomon et elle aurait été la reine de Saba. 
F.B. : Je dirais que le moyen de mentir le plus éblouissant, c'est l'Histoire. Tous les historiens mentent et inventent, on le sait ! Il existe évidemment quelques lois divines qui subsistent, mais il y en a très peu. Quand il n'y en aurait qu'une, cela suffirait pour assurer sa puissance. D’autres ont déclaré qu'Akh-en-Aton était un criminel, qu'il aurait épousé sa mère et ainsi de suite. Je crois que Velicovsky parle aussi de cela. On peut croire n'importe quoi ! Seulement, la Vérité est plus forte que toutes les fictions et elle finit par s'imposer malgré les historiens. 
 


Quels sont les maîtres qui ont fréquenté les Habsbourg à Vienne ?
F.B. : Je vais te poser une question : pourquoi veux-tu que les Habsbourg aient été fréquentés par les maîtres ? Il y a une opposition entre les deux. Une famille royale ou impériale n'a rien à voir avec la sagesse.

Saint-Germain a bien fréquenté la cour française ?
C’est vrai ! Saint-Germain l'a fait.

Il y a eu Mozart pour les Habsbourg. 
F.B. : Oui, certains maîtres peuvent se permettre n'importe quoi, mais ce sont des maîtres, et non pas des multitudes. Il n'y a pas une multitude capable de faire de grandes choses. Il y a un maître et la multitude le suit ou ne le suit pas. Comme le disait Hugo : 

« Autant j'aime un livre, autant je hais
Ce que le bourgeois nomme une bibliothèque . »

C'est un peu la même histoire. La vérité, c'est qu'un homme exceptionnel est le moteur du monde et que les autres ne font que le suivre ou le détruire, mais l'histoire du monde n’est pas faite par eux. Je reconnais que nous sommes dans un monde particulièrement compliqué, mais enfin, si tout était simple, tout serait résolu depuis longtemps. Et, comme le problème du bien et du mal serait résolu, le problème de Dieu et du diable serait résolu, et le monde n'existerait pas : il se reposerait béatement dans le sein de Dieu. Mais il avait envie de vivre, c'est pourquoi Il a tout créé. 

« Dieu n'a créé que l'être impondérable.
Il le fit radieux, beau, candide, adorable,
Mais imparfait ; sans quoi, sur la même hauteur,
La créature étant égale au créateur,
Cette perfection, dans l'infini perdue,
Se serait avec Dieu mêlée et confondue,
Et la création, à force de clarté,
En lui serait rentrée et n'aurait pas été.
La création sainte où rêve le prophète,
Pour être, ô profondeur! devait être imparfaite.

Donc, Dieu fit l'univers, l'univers fit le mal . »

Il suffit de lire Hugo et vous comprendrez tout ceci. 

François Brousse
Entretien (Extrait), 28 juillet 1993 paru dans la revue BMP N°204, oct. 2001
Entretien François Brousse - 28 juillet 1993 - L’Histoire – Akh-en-Aton – Les Maîtres – Victor Hugo
Sommes-nous responsables de notre inconscient ?
F.B. : Nous sommes responsables du conscient, de l'inconscient et du surconscient. 

Complètement responsables ?
F.B. : Nous sommes complètement responsables, car notre inconscient nous l’avons créé, nous l’avons créé dans le passé. Nous avons un inconscient très fort. Il existe parce que, dans les vies antérieures, nous avons voulu qu'il existe, par exemple en rejetant la recherche intellectuelle. C'est le péché originel, si j'ose dire, de tous les faux maîtres qui déclarent qu'il ne faut pas être intellectuel, surtout qu'il faut le rejeter. Être intelligent leur fait peur ! On le conçoit puisqu'ils n’en ont aucune, d’intelligence ! Je m’excuse, je suis brutal.
Il faut traverser plusieurs paliers. D’abord traverser le palier physique, il faut, j'allais presque dire, être athée ; puis, le palier des croyants : on croit alors à une religion quelconque ; puis le palier des métaphysiciens, ils arrivent à être admirables ; et au-delà des métaphysiciens, il faut aboutir au palier des intuitifs. Il faut donc traverser tous les paliers et nous devons par conséquent traverser l'intelligence, le plan mental si vous voulez. D’une manière plus précise, si vous préférez, il faut d’abord traverser le plan physico-éthérique ; puis, développer le plan astral par des émotions infinies ; puis, au-delà, le plan mental par l'intelligence, et au-delà du plan mental, nous avons le plan supramental qui est le propre de l'intuition et de la vie cosmique. Mais il faut traverser inévitablement le plan mental.

L’inconscient se situe au niveau du plan mental ?
F.B. : L'inconscient est au-dessous, il est sur le plan astral et même, souvent, sur le plan purement éthérique. Mais cet inconscient qui est sur le plan éthérique et astral, nous l’avons créé dans des vies antérieures et s'il domine notre conscient, c'est parce que nous l'avons voulu. Nous disons toujours : « Moi, je me fie à mon instinct. » C’est très bien ! Seulement, il s'agit de savoir si notre instinct est bien une véritable intuition ou bien, simplement, un fantasme jailli de nos désirs et de nos craintes. La plupart du temps, c’est cela. Nos désirs et nos craintes arrivent à nous faire croire que c'est notre intuition qui parle, alors que c'est simplement notre inconscient tel que nous l'avons créé en rejetant l'intelligence et l'intuition dans des vies antérieures.

Est-ce que la naissance du supramental peut se faire sans douleur ?
F.B. : Je l’espère. La naissance du supramental se fait à partir du mental et parfois, à travers une certaine douleur : la douleur de ne pas comprendre l'univers, la douleur du doute, la douleur de l'épouvante. Cette douleur doit être absolument supprimée et nous arrivons à la naissance du supramental. Il peut naître tranquillement dans l'amour, la sagesse et la beauté. Par la contemplation des grands textes divins, par la contemplation des œuvres de génie et aussi par la contemplation de la splendeur du monde, le supramental peut naître. En somme, il suffit d'être non-violent, végétarien, de rencontrer un Maître, d'avoir une confiance absolue en lui, pour que le supramental naisse en notre cœur. Nous sommes là pour qu'il naisse. Nous sommes les berceaux de Dieu. Dieu nous prend, prend notre cœur comme son berceau et c’est de là qu’il va jaillir à la Lumière infinie. Nous sommes-là pour cela. Quand nous créons le supramental, nous faisons la volonté de Dieu. Ceux qui n'arrivent pas à le créer sont encore dans le doute et l’effarement, mais, tôt ou tard, Dieu qui triomphe de tout finira par naître dans leur cœur et dans leur cerveau – le cerveau éthérique et astral et non pas le cerveau physique. L’erreur énorme est de croire que le cerveau physique est à l'origine alors qu'il est simplement l'instrument de notre âme qui a joué d'abord à travers les temps, à travers le sexe, puis à travers le cœur, l'émotion, puis à travers le cerveau, et elle jouera au-delà. D’ailleurs, on peut voir à travers les âges cette curieuse transformation. Les peuples primitifs croient volontiers que leur âme est dans le sexe ; après, ils croient que leur âme est dans le cœur ; à présent, nous croyons plus ou moins que l'âme est dans le cerveau. En réalité, elle est au-dessus, dans le Brahmarandra ; et de là, elle peut descendre à travers toutes les cascades de notre conscient et de notre inconscient.

Est-ce la même chose pour le subconscient ? En est-on responsable aussi ?
F.B. : Oui ! On est responsable de tout. Nous sommes responsables de notre ignorance, parce que nous l’avons créée dans des vies antérieures. Nous n’avons, après tout, qu’à combattre notre inconscient que nous savons tout à fait infernal. 

As-tu une méthode ?
F.B. : Par exemple, si on a souhaité tout le mal possible à son ennemi, on lui envoie des pensées d'amour, de manière à lui souhaiter tout le bien possible.

Entretien, 30 juin 1990 (Extraits)
Entretien François Brousse - 30 juin 1990 - Inconscient – Supraconscience – Intelligence
Rudolf Steiner était il un maître ?
F.B. : Je crois réellement qu'il était un maître. Cependant il plaçait, si je ne me trompe, Jésus au dessus de tous les maîtres et, là, c'était une erreur himalayenne. Jésus était un grand maître c’est certain, Bouddha était un maître aussi grand, Krishna était un maître sans doute plus grand encore. Il y a donc une multitude d'erreurs dans Steiner, mais, à part ce détail, on peut considérer que ce fut un grand maître. Tous ne sont pas parfaits, loin de là !
[…]

Peut on dire que l'humanité n'a que les maîtres qu'elle mérite ?
F.B. : C'est tout à fait vrai. L'humanité est un être collectif qui a les maîtres qu’il mérite. Pour l'instant, l'humanité a les maîtres qu'elle mérite, c'est à dire, les fous, les dangereux, les exterminateurs, les destructeurs et les torturants. Chacun a les maîtres qu’il mérite ! L'humanité est dans un état de décadence presque absolu. Elle ne peut être que détruite. J'espère qu'elle ne le sera pas. Il suffirait qu'il y ait une série d'êtres purs, végétariens, non violents et qui suivent les préceptes de la Vérité infinie, pour que l'humanité ne soit pas détruite en l'an 2015, malgré toutes les prophéties qui jaillissent du fond des âges. Il n'y a jamais d'absolue nécessité ni de fatalité. On peut toujours se tirer des situations les plus extraordinaires, par un effort qu'il faut qualifier d'extraordinaire aussi.

Cénacle du 27 juin 1992 paru dans le B.M.P., n°158 & 159 – octobre & novembre 1997
Entretien François Brousse - 27 juin 1992 - Rudolf Steiner – Maître – Végétarisme – Non-violence
Entretien avec François Brousse

Que penses tu de la poésie surréaliste ?
F.B. : Elle est admirable en ce sens qu'elle est en dehors du réalisme. Mais le grand maître de la poésie surréaliste est avant tout André Breton si je ne me trompe. Il est arrivé à ceci qu’il a dépassé et de beaucoup les petitesses du surréalisme. Le surréalisme, cela peut être par exemple : je pose mon pied au milieu d'une flaque d'eau et j'ai immédiatement une sensation. Cette sensation nouvelle, inattendue, ferait partie d'une poésie, d'accord ! Mais si je pose mon pied au milieu d'un océan d'astres, j'ai également une autre sensation et cette sensation est peut être bien plus vaste et bien plus profonde. Le surréalisme commence un peu naïvement par le dadaïsme et il finit splendidement par la contemplation des cieux étoilés. Je crois que Breton a commencé effectivement cette évolution, il n'est pas allé jusqu'au bout, mais il n'en était pas très loin. C'est quand même un très grand poète et il aurait pu, je crois, arriver à être le poète essentiel de l'illimité et de l'infini. 

[…]

Est ce que le comte de Saint Germain était un conteur ?
Il a raconté tellement de choses merveilleuses et fantasmagoriques qu'on peut le considérer comme le plus étonnant des conteurs. Ce qu'il dit est toujours très beau, non seulement très beau, mais, en même temps, étonnant, fantastique. Il dépasse de beaucoup la pensée habituelle qui ne va infiniment pas plus haut que le physique, le sensuel et le sensoriel. Donc il est un étonnant conteur. Et il me l'a démontré à chaque instant dans tout ce qu'il a dit, notamment dans ses Mémoires. Dans tout ce qu’il a dit, il parle d'une merveilleuse manière, de façon à raconter sans cesse d'effarantes réalités qui tiennent plus de l'imagination et du rêve que du réel, mais qu'importe. […]

Il a écrit un curieux poème où il dit :

Les temps vont arriver où la France imprudente
Parvenue aux malheurs qu'elle eût pu s'éviter,
Rappellera l'enfer tel que l'a peint le Dante.
Reine, ce jour est proche, il n'en faut plus douter !

Et il déclare qu'il y aura d'effroyables démences qui régneront et il conclut :

Enfin, fermant l'abîme et né d'un noir tombeau
Grandit un jeune lys plus heureux et plus beau .

Ce lys, c'est la poésie et c'est la vision, car en réalité, après la mort du roi Louis XVI et les convulsions révolutionnaires, l'être qui est venu n'était ni plus beau ni plus grand. Ce fut Louis XVIII, intelligent sans doute, mais sans aucune véritable grandeur dans l'esprit. Le lys représente l'ouverture du troisième œil qui se produit au milieu des convulsions du monde. Ceux qui arrivent à voir dans le monde, au delà de ces convulsions, le souffle qui les entraîne vers l'évolution divine, ceux là sont, en quelque sorte, sauvés et ils goûteront le baiser de l'infini, comme je l'ai dit.

Cénacle du 23 novembre 1991 paru dans Revue BMP N°176-177, mai-juin 1999
Entretien François Brousse - 23 novembre 1991 - Poésie – Surréalisme – André Breton – Saint-Germain
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François Brousse (1913-1995), poète, essayiste, conférencier, penseur français, auteur d’une centaine d'ouvrages : poésie, métaphysique, ésotérisme...

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Entretien, 30 juin 1990 Qu’est-ce qui résiste en Entretien, 30 juin 1990

Qu’est-ce qui résiste en nous ? C’est l’égoïsme ! Nous avons peur. C’est l’égoïsme, le doute, la peur et la haine. Alors il faut évidemment ces quatre choses les supprimer.

Il n’y a aucun doute. La peur. Vous ne devez avoir peur de rien ! et surtout pas de la mort qui est une délivrance. [...].
Remarquez que c’est très simple, la haine est très habile : « Supprimez les méchants et le monde sera paradisiaque ! » Seulement il s’agit de savoir qui sont les méchants et comment les supprimer ! Parce que les méchants sont toujours l’autre hein ! Jamais soi-même !

Voilà pourquoi, lorsque le Mahabharata déclare qu'il faut résister à ce qui résiste, il a parfaitement raison. Ce qui résiste en nous, c’est la peur, c’est le doute et c’est la haine. Quand vous aurez supprimé ces trois choses, eh bien je crois que le monde deviendra merveilleux pour vous et vous aurez acquis une véritable connaissance intérieure de vous.

François Brousse
Entretien, Clamart, 30 juin 1990

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