La sagesse – I/II

La sagesse – I/II

 

La marque irrécusable de la sagesse, c’est qu’elle conduit au bonheur,

non pas le plaisir passager des mortels,

mais la sérénité profonde, pure, inaltérable,

comme le diamant des cieux.

 François Brousse

Revue BMP N°70-71, sept.-oct. 1989

Qu’est-ce que la sagesse ?

Il faut distinguer la sagesse de l’intelligence, comme le faisaient d’ailleurs très bien les anciens kabbalistes.
L’intelligence est ce qui comprend et ce qui trouve des solutions nouvelles pour résoudre tous les problèmes. Quant à la sagesse, elle est, en effet, ce qui comprend et qui trouve des solutions nouvelles pour résoudre tous les problèmes, mais elle est aussi l’intelligence qui veut illuminer les autres.
Dans le premier cas, l’intelligence veut éclairer
soi-même ; dans le second cas, la sagesse non seulement comprend tous les grands mystères de l’univers, mais elle veut également éclairer les êtres humains et répandre en eux l’intelligence triomphante qui aboutira à la sagesse. 

Alors, si elle éclaire les êtres humains, elle fait de chaque être humain un prophète et, à son tour, ce prophète répandra la sagesse chez les autres de manière à créer un autre prophète ; il y aurait ainsi une lignée infinie de prophètes jusqu’à ce que toute la Terre soit transformée par la sagesse divine.

En réalité, la sagesse est avant tout l’impulsion de Dieu dans le supramental.

Q. : Quelle est ta définition de la folie ?

La folie, c’est – commençons par le commencement – le contraire de la sagesse. La folie prend le vrai pour le faux, le faux pour le vrai et le fou est persuadé, neuf fois sur dix, qu’il a un grand destin et, en même temps, que le monde gravite autour de lui. Ce n’est pas simplement le propre du fou, c’est parfois aussi le propre du sage, mais la folie nie exactement tous les principes de la sagesse.

– La sagesse, je vous l’ai dit, croit à l’existence de Dieu ; le fou n’y croit pas trop ;

– La sagesse croit à l’immortalité de l’âme ; le fou croit qu’il est le centre de l’univers ;

– La sagesse croit que l’âme est indépendante du corps ; le fou croit que le corps et l’âme sont une même chose ;

– La sagesse croit qu’on n’obtient rien par la violence ; le fou croit que c’est le seul moyen d’obtenir quelque chose ;

– Un autre élément peut-être : le fou prétend qu’il peut tout faire et que, quoiqu’il fasse, il s’en sortira victorieusement.

François Brousse

Entretien, 18 août 1990 

Qu’est-ce que la sagesse ?

Il faut distinguer la sagesse de l’intelligence, comme le faisaient d’ailleurs très bien les anciens kabbalistes.
L’intelligence est ce qui comprend et ce qui trouve des solutions nouvelles pour résoudre tous les problèmes. Quant à la sagesse, elle est, en effet, ce qui comprend et qui trouve des solutions nouvelles pour résoudre tous les problèmes, mais elle est aussi l’intelligence qui veut illuminer les autres.

Dans le premier cas, l’intelligence veut éclairer soi-même ; dans le second cas, la sagesse non seulement comprend tous les grands mystères de l’univers, mais elle veut également éclairer les êtres humains et répandre en eux l’intelligence triomphante qui aboutira à la sagesse. 

Alors, si elle éclaire les êtres humains, elle fait de chaque être humain un prophète et, à son tour, ce prophète répandra la sagesse chez les autres de manière à créer un autre prophète ; il y aurait ainsi une lignée infinie de prophètes jusqu’à ce que toute la Terre soit transformée par la sagesse divine.

En réalité, la sagesse est avant tout l’impulsion de Dieu dans le supramental.

Q. : Quelle est ta définition de la folie ?

La folie, c’est – commençons par le commencement – le contraire de la sagesse. La folie prend le vrai pour le faux, le faux pour le vrai et le fou est persuadé, neuf fois sur dix, qu’il a un grand destin et, en même temps, que le monde gravite autour de lui. Ce n’est pas simplement le propre du fou, c’est parfois aussi le propre du sage, mais la folie nie exactement tous les principes de la sagesse.

– La sagesse, je vous l’ai dit, croit à l’existence de Dieu ; le fou n’y croit pas trop ;

– La sagesse croit à l’immortalité de l’âme ; le fou croit qu’il est le centre de l’univers ;

– La sagesse croit que l’âme est indépendante du corps ; le fou croit que le corps et l’âme sont une même chose ;

– La sagesse croit qu’on n’obtient rien par la violence ; le fou croit que c’est le seul moyen d’obtenir quelque chose ;

– Un autre élément peut-être : le fou prétend qu’il peut tout faire et que, quoiqu’il fasse, il s’en sortira victorieusement.

François Brousse

Entretien, 18 août 1990

Il faut être heureux, c’est le véritable secret de la sagesse.

Il faut être heureux.

On ne peut être heureux qu’en aimant les autres. 

François Brousse

Entretien, 25 mars 1995

Un saint est celui qui est capable de pardonner à ses ennemis. Un sage peut aussi pardonner à ses ennemis, il en est capable, mais en plus, il connaît tous les secrets de l’univers, ce que le saint est loin de faire. Souvent ce dernier se trompe d’une manière magistrale. Un maître est à la fois un saint et un sage, qui au lieu de garder pour lui sa sagesse, sa connaissance et sa puissance quasi-divine, les répand parmi les humains.
Ce sont trois êtres totalement différents et qui se suivent dans l’aventure de la libération. On commence par être un saint, on continue par être un sage et on finit par être un maître, un guide si vous voulez. […]

Bouddha disait : « Ne croyez pas une chose parce qu’un maître vous l’a dite, ni parce qu’elle se trouve écrite dans les livres sacrés, ni parce qu’elle est affirmée par la tradition orale. Croyez une chose, parce que votre cœur, votre raison et votre intuition vous imposent cette croyance ; ainsi vous trouverez la vérité, unique, universelle et immortelle. »

François Brousse
« Le mage répond aux questions de ses amis » dans Revue BMP N°77, avr. 1990

Je peux dire que les pensées des hommes, quand elles sont mauvaises, dangereuses, destructrices et fanatiques, engendrent des catastrophes, des tremblements de terre, des orages d’une violence prodigieuse, des épidémies. Tout ceci est le fruit de la pensée humaine.

Notre planète est un être vivant qui a l’humanité pour cerveau. Si l’humanité est perturbée, affolée, en plein désordre, cette folie se répand sur la planète entière. L’homme, dans sa folie et son désordre, crée tous les cataclysmes naturels  […].

Mais si vous avez des pensées d’amour, de sagesse, de beauté et d’équilibre, tout pourrait aller mieux.

Je vous l’ai dit je crois : il suffirait d’un homme sur dix mille qui soit non-violent, végétarien, qui suive les préceptes d’un grand maître, pour que l’humanité soit sauvée de la catastrophe finale ; mais il y a une chance sur un million pour que cela se produise.

Ce n’est pas du néant, une chance sur un million, c’est beaucoup et, après tout, il est possible de s’en sortir.

François Brousse
Entretien, 28 juin 1990
dans Revue BMP N°245-246, juin-juill. 2005

Q. : Quelle différence y a-t-il entre une sagesse humaine et une sagesse transcendante ?
La sagesse humaine se contente de ce que nous donnent les sens, c’est-à-dire : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat. Tandis que la sagesse surhumaine dépasse tous ces sens et nous met en contact avec les abîmes de l’Infini, de l’Inconnaissable et de la Perfection.

Q. : Quand tu parles de l’homme-dieu, n’est-ce pas la synthèse de ces deux sagesses ?
Oui, exactement ! L’homme-dieu est évidemment la synthèse des sagesses. Dieu ne serait pas Dieu s’Il n’arrivait pas à pénétrer dans l’homme. Lorsqu’Il pénètre dans l’homme, il devient totalement Dieu et c’est alors que l’homme lui-même devient divin, car il comprend la profondeur de son être et il entrevoit l’extase suprême qu’il doit atteindre et qu’il atteindra.

François Brousse
Entretien 20 novembre 1993, dans Revue BMP N°206-210, déc. 2001 – avr. 2002

Le carnivorisme s’avère incompatible avec la poursuite de la sagesse.

Tout étudiant d’absolu doit s’abstenir des nourritures carnées.

Un homme qui monte vers le surhumain ne s’abaisse pas à manger des aliments impurs, basés sur le massacre et la souffrance. Plantes, fruits, céréales, baignent dans la pureté. Ils ne souffrent pas, n’ayant pas d’âme individuelle. Ils parent de leur innocence la table du sage. 

François Brousse
« Les surprenants arcanes d’Emmanuel » dans Revue BMP N°106, déc. 1992

La méditation

C’est par la méditation que l’on peut conquérir les vérités suprêmes.

L’esprit humain possède en lui la lumière qui peut éclairer l’univers et l’infinité des mondes. Cette lumière dort en nous. La méditation est le prince souriant qui réveille la lumière endormie.

Je propose de prendre comme base de méditation un grand livre inspiré. Les génies du Verbe sont nos Frères Aînés. Une intelligence prodigieuse – leur moi surmental – penche sur eux un front qu’emplit la connaissance universelle. Son ombre se répand sur les pages des bibles.

Méditer sur les livres inspirés nous permet de retrouver la sagesse primordiale.

Quels livres inspirés ? Nous déconseillons l’Ancien Testament. Sans doute, des initiés supérieurs ont écrit ces chapitres de la pensée antique. Mais des voiles difficilement pénétrables en obscurcissent l’intime splendeur. Trop de meurtres, trop de massacres, trop de violence. Dans la sphère du symbole, ces remous s’expliquent par la lutte de nos tendances idéales contre nos passions et nos instincts. Mais peu de lecteurs sont capables de le comprendre. On risque de s’embourber dans les marais du sens littéral.

Prenons de préférence les livres du Nouveau Testament. Une fraternité vivante les soulève. Le souffle du Christ a balayé les brouillards de Moïse. Au lieu du Nouveau Testament, vous pouvez prendre comme support les livres de l’hindouisme moderne, qu’illumine le soleil de l’esprit. Le temple hindouiste repose sur cinq piliers de diamant : l’enseignement de Ramakrishna, Les Yogas pratiques de Vivekananda, l’Autobiographie d’un Yogi par Yogananda, Les Lettres à l’Ashram écrites par Gandhi, enfin Le Guide du Yoga de Shri Aurobindo. Ce pentacle stellaire renferme les profondeurs de l’Être.

 

De manière générale, toutes les bibles de toutes les religions contiennent des trésors que la méditation arrache aux ténèbres et fait briller dans la clarté divine.

Hermès Trismégiste, Bhagavad Gita, Le Livre des Esprits (de Alan Kardec), La Doctrine secrète (de Helena Blavatsky), sont des constellations de savoir occulte.

D’autre part, les poètes rois servent de bouche au Verbe transcendant. À travers les grands poèmes cosmiques passe la flamme de l’éternité. Huit poètes se dressent devant notre admiration comme des montagnes : Valmiki, Homère, Eschyle, Lucrèce, Dante, Shakespeare, Goethe, Hugo. Ce dernier surtout possède les formules de la Gnose géante.

Celui qui connaîtrait à fond l’œuvre d’un de ces grands poètes cosmiques connaîtrait les derniers secrets de l’homme, du cosmos et de Dieu.

François Brousse
« Questions – Réponses (suite & fin) » (> 1963) dans Revue BMP N°232, avr. 2004

 

La sagesse, dit Bossuet (1627-1704), consiste à connaître Dieu et à se connaître soi-même.

La philosophie, elle, se contente d’essayer de connaître l’absolu et d’approfondir par la réflexion la connaissance de soi-même, des autres, de l’univers.

La pensée de Maine de Biran (1776-1824) plaît au philosophe :

Deux pôles de toute science humaine, disait-il, la personne-moi d’où tout part, la personne-Dieu où tout aboutit.

De nos jours, on ramène la philosophie à deux vastes domaines : la connaissance qui embrasse l’homme et l’univers, l’action qui étudie les règles de la conduite humaine.

Déjà Kant avait exprimé tout le programme philosophique en une triple question :

Que pouvons-nous connaître ? Que devons-nous faire ? Quelle est notre espérance ?

François Brousse
« Introduction générale à la philosophie » dans Revue BMP N°203, sept. 2001

 

SAGESSE

La sagesse, mon fils, c’est de connaître Dieu
Et de se connaître soi même,
C’est de purifier dans le frisson du feu
Tout notre imparfait théorème.

Quand tu sauras dire à l’infect crapaud : « Je t’aime »
Tu boiras l’immense ciel bleu.
Aux caresses de l’ignorance et des systèmes
Tu sauras dire enfin : « Adieu. »

Tu nageras dans l’océan de la lumière
D’où s’est élancé l’univers
Tu verras la sublime innocence première

Plein d’une éternité plus haute que le ciel.
Au fond du corail essentiel
L’extraterrestre engloutira les soleils verts.

23 décembre 1990

François Brousse
Les Transfigurations, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 15

IX – La lampe voilée

Ce hiéroglyphe (= 9 = I = Y) exprime dans le Monde divin la Sagesse absolue, dans le Monde Intellectuel la Méditation, et dans le Monde Physique la Prudence.

Un vieillard vêtu d’un long manteau à capuchon s’avance avec le calme d’une force naturelle. Son visage se dissimule sous le vêtement de tête. Un bâton aide les pas du mystérieux Ermite, qui porte une lampe, à demi cachée sous les plis du manteau. On distingue en bas un Serpent noir, accompagnant le Maître, tandis qu’une chouette aux yeux d’or plane sur lui.

L’image se dédie au kabbaliste, à l’ésotériste, à l’explorateur des mystères cosmiques et divins. Le long manteau symbolise le silence, nécessaire à la concentration des énergies intérieures. Pour réussir, il faut se taire, ne pas livrer ses secrets au premier venu. Les véritables occultistes ne sont connus de personne. Les maîtres du monde ont le visage caché.

Le bâton indique la volonté de l’Ermite, et la Lampe voilée l’inspiration puisée au feu des traditions qui remontent à l’aurore des âges. Le serpent noir incarne l’hypnotisme, scruté par les voyageurs du savoir magique, et la chouette aux yeux d’or la théurgie qui nous met en contact avec les Dieux, les Anges, les Entités surhumaines.

L’Ermite a pour reflet de nombreuses religions, dont le modèle se trouve dans le Confucianisme. Selon Confucius, l’enfant de la Licorne, deux mains psychiques nous permettent de saisir le monde et la vie, la main droite par la raison comprend les phénomènes de l’univers, la main gauche par la bienveillance nous unit à toute l’humanité. Selon la secrète pensée confucéenne, trois cercles de piété couvrent l’ordre social : piété des enfants envers les pères, piété des pères envers les hommes de génie, piété des hommes de génie devant le souverain du ciel.

L’Ermite correspond à la lumière zodiacale, lampe voilée de l’infini. […]

L’horoscope nous dit avec l’arcane de la Lampe : un caillou peut faire verser le char d’un triomphateur. Réfléchis longuement avant d’agir, et surtout cherche l’Initiateur qui t’ouvrira les chemins de la Vérité.

François Brousse
La Trinosophie de l’étoile Polaire, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1990, page 147-149

Sans l’absurde matérialisme et le monstrueux réalisme qui ravagent le mental de mes contemporains, les mains de l’amour fraternel auraient pu construire un paradis.

Dans certains mondes privilégiés, la technique se met ardemment au service

de la sagesse. Et il existe toujours dans le brasier du XXe siècle des nids d’alcyons, des oasis où l’on vénère les trois faces de Dieu :

Vérité, Beauté, Amour.

François Brousse

« Le Livre des Trois Imposteurs » dans Revue BMP N°134-135, juin-juill. 1995

L’Aggartha se compose des sages les plus hauts de l’Univers. Elle est d’ailleurs formée d’un double cercle : le premier cercle, c’est Shamballa comprenant soixante-douze sages, et le deuxième cercle, c’est l’Aggartha proprement dite, comprenant vingt-deux surhommes.

Ces vingt-deux surhommes peuvent être invoqués et, en tout cas, reconnus à travers les vingt-deux lames majeures du Tarot. Chacune représente un Maître, plus exactement une fonction. Ils sont dominés, ces maîtres et ces fonctions, par le Roi du Monde qui n’est pas simplement un personnage de chair et d’os, un personnage tangible, mais un principe idéal quoique réel. Il comprend une âme, un esprit, un corps astral, et aussi un corps éthérique devenu immortel. C’est le propre d’ailleurs des sages de l’Aggartha. Ils utilisent un corps vital indestructible, ce qui leur permet de se manifester physiquement aux êtres humains.

Le Roi du Monde a deux collaborateurs transcendants. Ces trois représentent la Trinité cosmique, Sagesse, Amour et Beauté.

Quant aux pouvoirs des sages, ce ne sont pas des pouvoirs absolus. Il est faux de prétendre qu’il existe un gouvernement souterrain de l’humanité. Ce n’est pas exact.
L’homme, par la puissance de sa liberté, s’avère capable d’accomplir toutes les folies, et il ne s’en prive pas. S’il y avait, encore une fois, un gouvernement de l’univers, il faudrait le remplacer au plus vite ! Car le spectacle du monde actuel n’offre que violence, terrorisme, démence et torture. Si réellement les sages de l’Aggartha en sont responsables, il faut leur ôter ce sceptre qu’ils manient si lamentablement. Mais, en réalité, leur responsabilité s’efface. Ils se contentent de rayonner un torrent d’amour, de sagesse et de beauté par leurs méditations permanentes, et ce courant peut illuminer ceux qui sont prêts à l’être.

Les disciples s’élèvent comme des tours. Ils n’ont qu’à ouvrir leurs fenêtres pour que viennent se poser en eux les oiseaux du ciel. Nous n’avons comme autre chose à faire qu’à regarder du côté de l’infini et attendre les pensées d’amour, de sagesse et de beauté qui nous transforment. C’est déjà beaucoup.

Quant aux humains qui s’enferment dans des blockhaus imprenables et refusent de connaître l’amour, comme la sagesse, comme la beauté, ceux là sont également libres. Mais ils risquent d’attirer sur eux et sur la Terre entière les foudres des châtiments divins appelés le Karma.

Le Roi du Monde ne gouverne pas les destinées de l’Univers. Il est purement et simplement le grand Maître des Mages, des Yogis et des Initiés. Cela suffit.
Des chercheurs ont essayé de localiser son royaume. On a prétendu qu’il existait à tel endroit de l’Himalaya. Il existe dans l’Himalaya, mais pas dans le plan physique, dans l’Himalaya astral. Voilà pourquoi jamais personne n’arrivera à s’emparer de la Demeure divine, à moins qu’il ne soit prédestiné par ses vies antérieures ou par un amour réel de l’idéal et de l’absolu. Certains hommes sont arrivés jusqu’au Roi du Monde assisté de ses deux Mages. Tous les trois, le Mahatma, le Mahanga et le Roi du Monde, représentent l’amour, la sagesse et la beauté cosmiques. Ils sont le reflet vivant de la Trinité universelle.

François Brousse
Le Livre des révélations – Tome I, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, page 25-26

 

De même que la vastitude immesurée des cieux domine et baigne toutes choses de ses profonds resplendissements, de sa coupole triomphalement sereine, de même la sagesse éclaire et féconde les esprits qu’enveloppent ses regards de feu. Le diamant, l’escarboucle, enchâssés au front du sage, la flamme vivante et haletante qui le fait reconnaître à des millions de lieues, c’est sa bonté.

Le sage est le phare de la douceur ; sa mission est d’apporter un peu de joie à l’humanité souffrante ; il doit créer autour de lui une irradiance de calme et d’amour ; où qu’il passe, que la lumière l’accompagne, et l’abîme lui sourira ! Seul peut rayonner l’azur celui dont l’âme est azurée : le sage doit posséder une pureté intérieure, immaculée ; alors il exhalera le bonheur comme la rose, abreuvée des eaux du ciel, exhale son âme odorante.

L’arbre vénéneux s’élève superbement, ombrageant tout de son ombre terrible. Il faut, pour le déraciner, l’orage ; il ne croule qu’à la lueur sulfureuse de l’éclair, à la grande lumière de la foudre. L’arbre vénéneux, c’est ton égoïsme ; il empêche les rayons de la pureté de verser l’aurore aimante dans l’âme. L’orage c’est l’énergie agissante qui dompte la matière, et le pilote de cette énergie gonflée d’ouragans, celui qui trône dans les nuées et dont le poing lumineux tient la flamme purificatrice, c’est la vérité.

Tant que tu ne seras pas loyal avec toi-même, tant que tu n’auras pas la force de scruter tes actions et tes pensées, de sonder la base de ton orgueil, tant que tu laisseras grouiller dans les bas-fonds l’immonde fourmillement des hydres sans y porter le jour, tant que tu diras : – Après tout, il y en a de plus méchants que moi ! et que tu t’endormiras dans la chaleur de ta vanité comme un porc dans sa fange, tu voudras en vain monter le char étoilé de l’idéal, ceindre la couronne des Christs, la face des astres te fuira.

L’horreur, l’infirmité, le chancre de la nature humaine, c’est le ventre, le ventre qui nous entraîne aussi bas que les animaux. Il est la clef de voûte et les fondations de l’édifice ténébreux dont s’emplissent la plupart des âmes.

Quelle plaie saignante et puante que les fonctions digestives ! Si l’intelligence habitait le cœur de l’homme, ses efforts tendraient tous vers la suppression de cette chaîne d’ordures vivaces. Mais au lieu de réduire sa nourriture au strict minimum, il se roule dans la mangeaille nuisible, dévoreuse des nerfs, déchireuse des muscles, carieuse des os !

La sensualité est le premier échelon de l’échelle des crimes et du malheur. Mais les montants de cette échelle sont la voracité sous toutes ses formes : alcoolisme, gourmandise, ambition. C’est du ventre que jaillit toute l’échelle. Donc, supprimons autant que possible la base. On ne pénètre dans la lumière que par la porte de l’abstinence et du sacrifice. Ah ! tu aimes telle chose ! Prive-t-en. Et offre à Dieu ta douleur. Prends garde seulement de ne pas devenir pareil au monstrueux loup Dominique : n’offre jamais la souffrance des autres, car la réprobation de l’infini serait sur toi. Tes affres t’appartiennent, tu es libre d’en disposer, mais celui qui enfonce une épine dans le doigt d’un enfant, au nom de l’Incréé, prend place parmi les sanguinaires et les fous. Jamais il ne s’assiéra sur le trône des sages. Il a en lui l’âme du mal.

Ne cultive pas la douleur par vanité, car tes sacrifices seraient doublement néfastes. La souffrance pratiquée pour le plaisir de la souffrance : un serpent qui se dévore lui-même. Ne ferme jamais tes yeux au flamboiement de ton but : le Royaume des Cieux. Le Royaume des Cieux c’est faire tenir dans le geste humain tout le divin possible.

Prends l’arc de l’amour et le dard de la volonté : tue ta vanité, tue ton ventre ! Fais-toi aussi bon que possible, car alors ta seule présence apportera l’étincelle du bonheur. La bonté n’est vraiment la bonté que cuirassée d’énergie.

[…] Les montagnes sont fières parce qu’elles sont hautes, sois orgueilleux parce que tu es grand. Que cet orgueil néanmoins n’ouvre ses ailes grandioses que dans la lumière de la douceur ; que ce ne soit pas une haute forteresse fermée de toutes parts, mais un immense palais dominateur d’horizons, aux portes larges ouvertes à toutes les pitiés. Il te servira, cet orgueil puissant et généreux, de vin plein de force et t’empêchera de trébucher contre l’indulgence avilissante, cette bâtarde de la lâcheté. La grandeur est l’auréole de la véritable indulgence, comme l’azur est l’auréole du jour. Ne la laisse jamais s’éteindre ! Surtout, ne dédaigne rien. Ne laisse pas monter à tes lèvres sereines la bave du mépris. Songe que l’œil du Soleil pleure en regardant l’abîme ignoble, plein d’un grouillement de monstres putrides, qu’est le spectacle des hommes ; et que pourtant sa flamme féconde dore même l’excrément des excréments. Ô sage, qui que tu sois, te crois-tu plus resplendissant que le Soleil ? Crois à l’identité éternelle des êtres. Sache qu’un caillou et toi êtes les formes diverses et périssables de l’incorruptible substance, les éphémères flots de la même indestructible mer. Est-ce que les flots se méprisent entre eux ? La matière universelle règne à travers l’infini des espaces ; la même essence qui préside à la destinée de la Terre préside à la destinée des autres planètes sans nombre qui gravitent dans l’illimité ; ce qui pour toi est des millions de lieues s’évanouit devant le sans bornes.  Aldébaran et une abeille sont faits de la même argile et se meuvent dans le même inconnu ; les constellations ne sont qu’une rosée de flamme suspendue à la même ténébreuse corolle que les larmes aurorales ; les fleuves et les voies lactées jaillissent de la même source et sont le même prodige ; les mêmes chevaux traînent les soleils de braise et tes chars d’airain ; le même éclair allume tes yeux et les étoiles ; les mêmes chaînes lient tes membres et les membres du gouffre. Humilie-toi devant l’énormité de l’Être.

Tu fais de toi-même, goutte de pluie dans l’ouragan des choses, le centre du monde et le chef d’œuvre de Dieu. Pour raisonner ainsi, as-tu vu l’invisible, touché l’impalpable, pesé l’impondérable, connu l’inconnaissable ? Tu es borné dans le royaume chimérique que ferment tes pauvres sens de fumée sombre ; mais sais-tu ce qui bouillonne et rayonne au-delà ? Le fond de l’abîme, l’as-tu palpé ?

Regarde, depuis l’hydre primitive sortie, douloureuse et tordue, de la boue des mers, jusqu’à toi, l’homme au front orgueilleux, aux prunelles ardentes, les espèces sont soudées les unes aux autres ; elles se tiennent par la main comme les enfants d’une même famille, aucune ne manque à l’appel, la chaîne vivante se poursuit sous le regard de Dieu. Et tu proclames que le sommet, c’est toi ! que rien n’existe entre le crapaud des villes et le sphinx des gouffres ! que tu es la barrière des êtres, que nul n’est plus haut que toi devant Lui !

Ô chenille qui dévore l’arbre prodigieux de la vie, attends que les ailes fulgurantes de la mort jaillissent de ton dos, attends d’être englouti dans l’insondable lumière, avant de blasphémer !

François Brousse
« Sagesse » dans Revue BMP N°282, nov. 2008

 

Parmi les idéaux qui servent à élever l’humanité, parmi les valeurs morales, Schopenhauer a choisi la pitié comme étant la plus noble des vertus. Un être rempli de pitié, dit il en substance, ne causera jamais aucun tort à un être vivant.

Faut il accepter le jugement du grand philosophe et placer la pitié au sommet le plus haut des valeurs morales ?

I – La pitié, morale suprême
La pitié peut être considérée comme le zénith des valeurs morales. En effet, elle les contient presque toutes.
D’après Platon, les quatre vertus fondamentales sont : la tempérance, le courage, la sagesse et la justice. Or, la pitié se tient au carrefour de ces nobles valeurs.
L’être plein de pitié est obligatoirement tempérant, car il réfrénera ses instincts et ses passions pour ne pas causer le moindre préjudice à autrui. Il sera également courageux, car la véritable pitié ne se contente pas de plaindre les autres, elle veut devenir force efficace pour la consolation de toute l’humanité. La pitié s’annexe encore la sagesse et la justice. En effet, la forme la plus pure de l’esprit est une synthèse de sentiment et de raison, que l’on retrouve dans la douceur pitoyable envers les êtres humains qui devient par cela même un talisman unique capable d’exorciser la violence sous tous ses aspects, et d’établir ainsi la véritable justice sur la Terre.
Résumons ce débat. Comme l’océan accueille dans son cœur infini tous les fleuves du monde, ainsi la pitié accueille et transforme en elle les vertus fondamentales découvertes par la philosophie.

II – Critique de cette théorie
Sans vouloir renverser la valeur de la pitié, on peut faire observer qu’elle risque d’aboutir à des excès graves. L’être pitoyable est sans doute tempérant, mais est il toujours courageux ? Il s’arrête le plus souvent à des plaintes vaines, et néglige d’aider efficacement ceux qui souffrent. La valeur suprême serait alors, non la pitié contemplative, mais la charité active. D’autre part, la fusion entre la pitié et la justice nous paraît assez douteuse. La pitié, suivant sa pente naturelle, aboutirait à la suppression de tous les châtiments, ce qui n’irait pas sans inconvénient dans le domaine social. En se heurtant à la justice, elle perturbe également la sagesse, car ces deux vertus reposent sur la raison.

III – Conclusion
Notre analyse ne découronne pas la pitié, mais place au dessus d’elle une pitié mêlée d’action, que l’on appelle charité ; ou une pitié mêlée de sagesse que l’on appelle la justice. Le véritable saint ne s’absorbe pas dans la contemplation infertile, il agit puissamment sur l’évolution morale des individus et des peuples.

François Brousse
« La pitié, sa valeur morale » dans Revue BMP N°186-188, mars-mai 2000
(Préparation de cours
pour des lycéens en terminal – Devoir de philosophie)

 

Socrate cherchait partout cet ours tranquille que l’on nomme la vertu. L’archétype de la vertu est Dieu, origine du Vrai, du Beau et du Bien, qui gouverne les mondes par sa providence.

L’âme, reflet de Dieu, éternelle comme Lui, est le siège de la vertu. Trois vertus commandent l’évolution de notre âme : la sagesse, la justice et la piété.
o La sagesse impose les devoirs envers chacun de nous, qui peuvent se résumer en un mot : la connaissance de soi.
o La justice s’applique au rapport avec les êtres humains, régi par la modération du désir et la ferme volonté de rendre à chacun ce qui lui est dû.
o Enfin, la piété règle l’adoration de Dieu, qui nous donne finalement l’inspiration céleste.

Connaissance, harmonie, inspiration, nous conduisent après la mort vers la sphère des Idées, où l’âme n’a plus à redouter la roue infernale des réincarnations et des métempsycoses. Comment réveiller ces choses merveilleuses dans l’être humain ? Par le dialogue fécondateur.

L’âme renferme en elle tous les germes de la vérité, mais cachés sous le voile des passions et des préjugés. Par l’interrogation permanente on finit par déchirer ce voile, et par faire jaillir la Vérité universelle à travers les opinions contradictoires. Les affirmations vaines se détruisent mutuellement. Le faux dévore le faux, pour laisser place au vrai. Ce disputeur opiniâtre l’était devenu sous l’influence d’Apollon, dieu du soleil et de l’inspiration poétique.

Un de ses amis, ayant demandé à l’Oracle de Delphes s’il existait au monde un homme plus sage que Socrate, s’attira cette réplique du Dieu : « Socrate est le plus sage des hommes ! » L’oracle bouleversa profondément le philosophe car il savait bien qu’il ne savait rien.

Sa seule supériorité sur les hommes, c’est de connaître ses limites : il ne possède aucune sagesse. Dès lors, le voilà lancé à la recherche des humains plus sages que lui. Sa quête spirituelle, malgré sa torche d’enthousiasme, n’éclaire qu’un morne désert.

Pressés de questions, les interlocuteurs finissaient par se contredire, et leur majestueuse robe de sagesse tombait en haillons. Leur esprit, libéré de préjugés, pouvait ainsi atteindre la lumière de l’éternelle Vérité. […]

François Brousse
Revue BMP N°103, sept. 1992

La Sagesse, les Mystères et l’influx des Astres mettent sur notre cœur le sceau de l’universel. Il faut découvrir dans le profond de son être le triple baiser de l’absolu…

François Brousse

La Trinosophie de l’étoile Polaire, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1990, p. 94

La roue des châtiments

Dans le symbolique Paradis qui brille à l’orée de la Genèse, s’érigeaient deux arbres redoutables : l’arbre de la science et l’arbre de la vie.

Le premier représente la technique sans âme dont le fruit sombre et fulgural s’appelle bombe atomique.

Le deuxième représente l’hyper science ou la sagesse éternelle qui, depuis Hermès Trismégiste jusqu’à nos temps, sait que la vraie connaissance est l’épouse de l’amour.

L’arbre de la science du bien et du mal plonge ses racines dans la douleur. Un savant n’hésitera pas à sacrifier des millions d’animaux pour découvrir hypothétiquement une parcelle de vérité. Terrible erreur ! Ce faisant, les scientifiques augmentent de façon invraisemblable le karma de l’humanité.

La vivisection, la peine de mort, la chasse, la nourriture carnée l’augmentent encore, et sans interruption. Mais l’urne mystérieuse destinée à contenir les souffrances humaines et animales n’est pas infinie. Quand le niveau sera dépassé, la grande roue des châtiments se mettra en mouvement, et les civilisations cruelles disparaîtront de la Terre.

François Brousse
« Fragments de vérités occultes » dans Revue BMP N°295, janv. 2010

Les maîtres de sagesse

Il est parfaitement inexact de dire que derrière chaque gouvernement, il y a la volonté des maîtres de la sagesse, c’est inexact.

Les maîtres de la sagesse vivent dans la contemplation de l’absolu, ils sont un avec l’éternité, ils connaissent l’infini, l’éternité, la perfection. Ils rayonnent à la fois l’amour, la sagesse, la justice, la beauté et la joie. C’est à nous de les comprendre, c’est à nous d’ouvrir les portes de notre âme à la descente des colombes divines. Si nous les fermons, c’est également nous qui en sommes responsables. Mais il est bien évident que les maîtres ne s’occupent en aucune manière de la direction du monde extérieur. C’est à nous de créer notre propre paradis ou notre propre enfer. C’est ce qui est assez mal compris. Nous sommes, dans la période du Kali Yuga où précisément toutes les erreurs sont possibles.

François Brousse
« Conférence (fragments) (Prades, 17-02-1977) » dans Revue BMP N°211-212, mai-juin 2002

La connaissance

La connaissance vient d’en haut et non d’en bas. Quand on a gravi les sommets, le panorama s’élargit de manière vertigineuse. Plus on est haut, plus on voit loin.

Et il vaut mieux contempler les constellations que compter les molécules, quoique si l’on compte d’une certaine manière, on retrouve les hauteurs sublimes de la connaissance et de la transcendance.

Le dernier magicien, et le premier aussi, c’est l’Amour, ou bien c’est la Sagesse, qui sont les deux visages de la Beauté. D’ailleurs la magie n’est que la science des choses inconnues et que l’entrée de la chambre de Dieu, le lieu où Il couche et où Il fait des songes merveilleux.

Participer au songe de Dieu, c’est devenir Dieu soi même.

François Brousse
« Interview de François Brousse à propos de son livre Péhadrita parmi les étoiles » dans Revue BMP N°7, janv. 1984

Dans leur primordiale sagesse, les anciens maîtres ont dit qu’en atteignant l’âge de quinze ans tout humain doit connaître la réponse aux sept questions :

Qui suis‑je ? D’où suis‑je venu et où retournerai‑je ? Quel est mon devoir sur terre et ma récompense dans le monde à venir ? Suis‑je homme ou démon ? Combien y a‑t‑il de chemins vers la lumière ? Où est mon profit et où est ma perte ? Y a‑t‑il un premier principe ou y en a‑t‑il deux ?…

François Brousse
Zoroastre l’apôtre du soleil, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1989, p. 110

Le triangle, pyramide schématique, suppose élan et sagesse.

Élan de l’homme vers Dieu, quand la pointe monte ; élan de Dieu vers l’homme quand la pointe descend. La sagesse de l’Homme Dieu éclate dans le sceau de Salomon, les deux triangles enchevêtrés. 

François Brousse

La Trinosophie de l’étoile Polaire, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1990, p. 281 

Extrait

Q. : Est-ce que la naissance du supramental peut se faire sans douleur ?
Je l’espère. La naissance du supramental se fait à partir du mental et parfois, à travers une certaine douleur : la douleur de ne pas comprendre l’univers, la douleur du doute, la douleur de l’épouvante. Cette douleur doit être absolument supprimée et nous arrivons à la naissance du supramental. Il peut naître tranquillement dans l’amour, la sagesse et la beauté. Par la contemplation des grands textes divins, par la contemplation des œuvres de génie et aussi par la contemplation de la splendeur du monde, le supramental peut naître. En somme, il suffit d’être non-violent, végétarien, de rencontrer un Maître, d’avoir une confiance absolue en lui, pour que le supramental naisse en notre cœur. Nous sommes là pour qu’il naisse. Nous sommes les berceaux de Dieu. Dieu nous prend, prend notre cœur comme son berceau et c’est de là qu’il va jaillir à la Lumière infinie. Nous sommes-là pour cela. Quand nous créons le supramental, nous faisons la volonté de Dieu.

François Brousse

Entretien, 30 juin 1990

Un jour tout sera bien, telle est notre espérance, tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion. (Voltaire)

À la fin des âges, toutes les âmes seront sauvées dans la gloire de Dieu. L’Univers offrira l’image du bonheur et de la sagesse. Mais actuellement, nous sommes au temps des germinations, non au temps des moissons.

François Brousse

« Le rêve des douze lunes (13-02-1989) » dans Revue BMP N°65, mars 1989

Une des plus hautes extases de la vie est la méditation des penseurs et des poètes. Ces grands esprits, ces lumières invisibles vous environnent comme un cercle de dieux amis. Vous entendez leurs douces paroles couler en fleuve de sagesse et de beauté

François Brousse

Revue BMP N°83, nov. 1990 

Si vous coupez le « 8 » dans le sens horizontal, vous avez deux zéros, ce qui représente le soleil en train de se réfléchir dans les flots, au moment du lever ou du coucher.

Le « 0 » supérieur symbolise la perfection de la Sagesse absolue, divine.

Le « 0 » inférieur, reflet du soleil supérieur, symbolise la sagesse humaine, image du soleil supérieur dans les eaux du temps, de l’espace et de la causalité.

François Brousse
Revue BMP N°33mars 1986  

DERNIÈRE EXTASE

Terre, je dénouerai ton épuisante étreinte

Quand l’heure aura sonné des fiers renoncements

Et prenant le chemin de la montagne sainte,

Je reviendrai, Sagesse, à tes enseignements.

 

Je n’aurai point, pour m’accueillir, de monastère

Mais la paix dévolue aux destins accomplis

Baignera de clarté mon âme solitaire

Effaçant les soleils des jours ensevelis.

 

Dignes de contempler l’éternelle lumière

Au soir mystérieux du départ sans retour,

Mes yeux, fermés, verront dans l’extase dernière

L’au-delà de l’Amour pressenti dans l’amour.

François Brousse

Revue BMP N°20, févr. 1985

C’est au moment où la civilisation humaine s’approche du gouffre fatal qu’elle produit le plus éclatant écrin de sagesse. La Terre actuelle, promise aux flammes de l’Apocalypse,
a spontanément créé des oasis de rêve : cercles occultes, fraternités secrètes lancées vers l’Idéal. Sans oublier le passage étourdissant des grands hommes.

Avant de mourir, l’humanité se pare.  

François Brousse

Revue BMP N°83, nov. 1990  

PROVIDENTIEL

Je suis plein d’une flamme profonde,
Je suis plein de sagesse sacrée
Sur mon âme l’inconnu se fonde,
Je suis plein d’une flamme profonde.

L’impératrice de Trébizonde
Est ma perle aux clartés effacées.
Ma seule présence sur le monde
Repousse les barbares marées.
Je suis rempli d’une âme profonde
Que la providence a consacrée.

17 août 1989

François Brousse
La Rosée des constellations, Clamart, Éd. la Licorne Ailée, 1991, p. 96

L’être et le néant forment les deux piliers de l’univers.

Tous les êtres se composent d’un mélange de ces principes éternels. Ils tendent vers l’Être suprême, Dieu, ou vers le non-être.

L’Être suprême, étoile pentaculaire, fait tourner ses branches brillantes, ses qualités divines : Amour, Sagesse, Puissance, Joie et Beauté. Plus on s’approche de l’Être plus on se baigne dans ses radiations célestes.

Plus on s’approche du non-être, plus grandissent les soleils noirs : Haine, Ignorance, Faiblesse, Tristesse et Laideur.

À la limite, tout disparaît dans l’inconscient.

 

François Brousse
« Propos métaphysiques (1974-1976) » dans Revue BMP N°265-268, avr.-juill. 2007

 

Tout est diabolique lorsqu’on est ignorant
Mais la sagesse rend l’infini transparent.

François Brousse

Revue BMP N°301-302, juillet-sept. 2010

 

Ô sagesse infinie,
donne-moi la grâce d’aborder
la connaissance qui ne peut être traduite ni par des mots, ni par des images mais que seul le contact de Dieu nous fait vivre éternellement.

François Brousse, Revue BMP N°260-261, nov.-déc. 2006

MYSTÈRES

On sonde les petits mystères
Avant de contempler les grands.
La vérité couche, adultère,
Avec les astres dévorants.

La religion universelle
Nous offre le firmament bleu.
Malgré crapauds et sauterelles,
Tous les dieux ne sont qu’un seul dieu.

Mahom n’est pas l’unique faîte,
Ni le Christ l’unique titan.
Les âmes deviendront parfaites,
Mais il faut leur laisser le temps.

L’esprit réclame aussi sa place,
Des origines à la fin,
La vie s’avance, jamais lasse,
Des roches jusqu’au séraphin.

Nous dépasserons les étoiles,
Tous les êtres seront sauvés.
La sombre énigme ôte ses voiles
Les rédempteurs sont arrivés.

Les animaux deviendront hommes,
Les hommes deviendront des dieux.
Eve nous donnera ses pommes
Satan éteindra tous ses feux.

Par la sagesse et la clémence,
Nous monterons l’éternité,
L’infini toujours recommence,
Le divers devient l’unité.

La douleur n’est qu’une apparence,
Le mal n’est qu’une illusion.
L’univers, cette transparence,
Nous dévoile la vision.

Connaissons enfin notre gloire,
Nous sommes d’éternels élus,
Voici la suprême victoire
De l’abîme et de l’absolu.

29 octobre 1991

François Brousse
Les Transfigurations
, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 232

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