L’Androgynat

Il y a des êtres qui sont très exactement nos complémen­taires, avec qui nous pouvons commencer un véritable androgynat.

Ces êtres, nous les voyons de siècles en siècles, d’incarnation en incarnation. Ils reviennent en même temps que nous, tantôt dans un sexe tantôt dans un autre et nous aboutissons, en fin de compte, à une union parfaite, à la construction de l’hermaphrodite divin, et toutes les incarnations sont immédiatement arrêtées. Ces êtres se sont donnés comme besoin, comme travail, comme puissance, de se corriger et de s’aider mutuellement.  

On reconnaît cet androgynat à un fait particulier. Il ne se produit pas uniquement sur la Terre et le clair­voyant le voit se poursuivre de l’autre côté, après la mort. Quand deux êtres s’aiment totalement, la mort de l’un entraîne, dans des délais plus ou moins longs, la mort de l’autre. Ils continuent leur odyssée dans l’invi­sible. Il existe des planètes astrales et des planètes men­tales. Ils vont s’incarner dans ces mondes avant de revenir sur une terre concrète. Là, quand ils ont réalisé l’amour parfait qui est le sacrifice mutuel dans l’exalta­tion d’un même idéal, on peut dire que, pour eux, la ligne pénible des réincarnations est finie. 

François Brousse

L’Évangile de Philippe de Lyon, 1994, p. 134

Le mythe platonicien de l’Androgyne

Un autre mythe de Platon, un mythe aux retentissements admirables : le mythe de l’Androgyne. […] D’après Swedenborg, nous avons tous une âme androgyne que nous devons retrouver à travers les réincarnations et quand cette rencontre aura lieu, nous composerons un androgyne parfait, un dieu, et nous n’aurons plus besoin de nous réincarner sur la Terre. C’est, en somme, ce que dit Platon qui, dans son livre Le Banquet, fait dialoguer des êtres supérieurs comme Aristophane, Socrate et l’étrangère de Mantinée [Diotime de Mantinée] qui est prêtresse et prophétesse et qui vient apporter à Socrate la vérité sur l’amour. Chaque convive est prié, selon le jeu, de faire un discours sur l’amour. […]

François Brousse

Conf. « Platon et la sagesse éternelle », Paris, 23 mars 1990

Lire la suite

[…]

Dans Le Banquet Aristophane parle curieusement des androgynes : il déclare que, primitivement, existait un peuple d’androgynes avec deux têtes, quatre bras, quatre jambes et deux sexes et, fiers de leur puissance, ils entrèrent en guerre contre les dieux. Zeus en fut très courroucé et pour empêcher ces turbulents androgynes de troubler la haute demeure des dieux immortels, les dieux trouvèrent le moyen de couper les androgynes en deux parties. Alors chaque moitié cherche éperdument l’autre moitié dans une recherche effrénée. Ils recherchent leur moitié soit pendant cette vie, soit le long des vies successives. C’est la véritable doctrine de l’androgynat et la découverte par un être humain de sa moitié androgynique fait de lui un dieu qui ne rentre plus dans le cercle infernal des générations.

Platon avait l’air de croire que ceci s’était réellement produit, est-ce le cas ? D’après les stances de Dzyan, on peut dire que c’était vrai et de nombreuses religions orientales mentionnent que les êtres primitifs étaient androgynes et qu’ils se sont séparés par la suite. Dans la Bible, dans la Genèse, cette idée est présente malgré les traductions intéressées : – Dieu créa l’homme à son image, il le fit mâle et femelle.

Cela ne veut pas dire qu’il fit d’un côté les mâles et, de l’autre côté, les femelles. Ève est sortie d’une côte d’Adam, c’est idiot, mais en dehors de cette image grossière et mal traduite, on voit très bien que la femme est une émanation de l’homme et que l’être primitif était double et qu’il a été séparé en homme et en femme. Tout ceci est exact et je crois que Platon avait accès à des livres extrêmement étranges qui parlaient de tout cela, à moins qu’il ne l’ait trouvé par son génie, ce qui est parfaitement possible.

La même image se retrouve dans Balzac qui était un disciple de Swedenborg. Dans un livre intitulé Séraphita, la déesse Séraphita est en même temps un dieu, elle est l’union du dieu et de la déesse pour aboutir à la reconstitution du dieu éternel. […] Ceci apparaît dans Platon et même chez Voltaire qui avait dit : – Platon dit qu’autrefois l’homme aurait eu des ailes, / Un corps imperméable aux atteintes mortelles, / Le bonheur, la vertu était le vêtement qui luit, / De cet état brillant, qu’on est loin aujourd’hui.

Platon précise que, non seulement ces êtres étaient androgynes, mais qu’en plus, ils avaient des ailes qu’ils ont perdues par la suite. C’est exact et c’est en perdant ces ailes que les âmes tombent dans le puits permanent des générations.

François Brousse

Conf. « Platon et la sagesse éternelle », Paris, 23 mars 1990

Le mythe platonicien de l’Androgyne
Un autre mythe de Platon, un mythe aux retentissements admirables : le mythe de l’Androgyne. […] D’après Swedenborg, nous avons tous une âme androgyne que nous devons retrouver à travers les réincarnations et quand cette rencontre aura lieu, nous composerons un androgyne parfait, un dieu, et nous n’aurons plus besoin de nous réincarner sur la Terre. C’est, en somme, ce que dit Platon qui, dans son livre Le Banquet, fait dialoguer des êtres supérieurs comme Aristophane, Socrate et l’étrangère de Mantinée [Diotime de Mantinée] qui est prêtresse et prophétesse et qui vient apporter à Socrate la vérité sur l’amour. Chaque convive est prié, selon le jeu, de faire un discours sur l’amour. […]

François Brousse

Conf. « Platon et la sagesse éternelle », Paris, 23 mars 1990

Lire la suite

[…]

Dans Le Banquet Aristophane parle curieusement des androgynes : il déclare que, primitivement, existait un peuple d’androgynes avec deux têtes, quatre bras, quatre jambes et deux sexes et, fiers de leur puissance, ils entrèrent en guerre contre les dieux. Zeus en fut très courroucé et pour empêcher ces turbulents androgynes de troubler la haute demeure des dieux immortels, les dieux trouvèrent le moyen de couper les androgynes en deux parties. Alors chaque moitié cherche éperdument l’autre moitié dans une recherche effrénée. Ils recherchent leur moitié soit pendant cette vie, soit le long des vies successives. C’est la véritable doctrine de l’androgynat et la découverte par un être humain de sa moitié androgynique fait de lui un dieu qui ne rentre plus dans le cercle infernal des générations.

Platon avait l’air de croire que ceci s’était réellement produit, est-ce le cas ? D’après les stances de Dzyan, on peut dire que c’était vrai et de nombreuses religions orientales mentionnent que les êtres primitifs étaient androgynes et qu’ils se sont séparés par la suite. Dans la Bible, dans la Genèse, cette idée est présente malgré les traductions intéressées : – Dieu créa l’homme à son image, il le fit mâle et femelle.

Cela ne veut pas dire qu’il fit d’un côté les mâles et, de l’autre côté, les femelles. Ève est sortie d’une côte d’Adam, c’est idiot, mais en dehors de cette image grossière et mal traduite, on voit très bien que la femme est une émanation de l’homme et que l’être primitif était double et qu’il a été séparé en homme et en femme. Tout ceci est exact et je crois que Platon avait accès à des livres extrêmement étranges qui parlaient de tout cela, à moins qu’il ne l’ait trouvé par son génie, ce qui est parfaitement possible.

La même image se retrouve dans Balzac qui était un disciple de Swedenborg. Dans un livre intitulé Séraphita, la déesse Séraphita est en même temps un dieu, elle est l’union du dieu et de la déesse pour aboutir à la reconstitution du dieu éternel. […] Ceci apparaît dans Platon et même chez Voltaire qui avait dit : – Platon dit qu’autrefois l’homme aurait eu des ailes, / Un corps imperméable aux atteintes mortelles, / Le bonheur, la vertu était le vêtement qui luit, / De cet état brillant, qu’on est loin aujourd’hui.

Platon précise que, non seulement ces êtres étaient androgynes, mais qu’en plus, ils avaient des ailes qu’ils ont perdues par la suite. C’est exact et c’est en perdant ces ailes que les âmes tombent dans le puits permanent des générations.

François Brousse

Conf. « Platon et la sagesse éternelle », Paris, 23 mars 1990

Emmanuel Swedenborg (1688-1772)

En 1740, vivait et pensait Emmanuel Swedenborg  qui fonda la Nouvelle Jérusalem et donna de la Bible des interprétations théosophiques et fascinantes. Il propageait surtout l’Androgynat, l’union mystique de l’homme et de la femme pour former une entité, capable d’échapper à la roue douloureuse des réincarnations. Est-ce lui le Sauveur du monde ? Il apportait comme Jésus l’amour universel et remplaçait l’enfer éternel par des réincarnations passagères. Il montrait aussi le chemin rédempteur des unions mystiques. Et sa vie s’épanouissait normalement dans les terrains nouveaux de l’ère du Verseau. Elle prélude, comme le savent les véritables initiés, pendant la génération qui précède l’année pivotale 1781, où l’on découvrit la planète Uranus, maîtresse d’Aquarius et des temps renouvelés. 

François Brousse
« Visite au château de Gisors », Revue BMP N°62, nov. 1988,

 

Il fut d’abord un remarquable chercheur, et créa une nouvelle science : la cristallographie. Il retrouva le système héliocentrique de la naissance des planètes que lui empruntèrent d’abord Emmanuel Kant, ensuite Laplace. […] À la suite d’une série de visions, son âme changea complètement et il se mit à converser avec les anges, les esprits des morts et des génies de la nature. Il distinguait deux mondes : l’archétypal et le matériel, l’ombre du premier. Il découvrit dans la Bible trois sens : l’un littéral, l’autre spirituel et le troisième céleste. C’est ce troisième sens qu’il vient révéler aux hommes pour créer une nouvelle Jérusalem, religion véritable de l’humanité future. Le centre de ses croyances était l’androgynie : l’homme et la femme formaient d’abord une entité androgyne, qui se divisa. À chaque âme masculine correspond une âme féminine. Incarnées à travers les siècles, ces deux âmes se cherchent pour reconstituer l’androgyne primordial. Quand il est reconstitué, il rentre dans la lumière divine. Le cercle infernal des réincarnations est donc terminé pour lui. […] C’est par la révélation des mages que l’humanité connaît cette doctrine.

François Brousse
Nostradamus ressuscité : t. III, 1998, p. 333

Question : Qu’est‑ce que l’âme‑sœur ?

F. B. : C’est une autre question qui fut abordée par Swedenborg. Il s’agit de la théorie, vraie aussi, que nous sommes des êtres androgynes mais que nous avons été séparés en deux. Quand nous somme réalisés, l’être androgyne est parfait et il est un dieu qui n’a plus besoin de se réincarner. Malheureusement, il arrive qu’il se sépare en deux : une moitié Yang et une moitié Yin, et cette moitié Yang et cette moitié Yin se cherchent à travers les réincarnations jusqu’à ce qu’elles se retrouvent. Lorsqu’elles y sont parvenues, elles arrivent à reformer un dieu unique, androgyne, parfaitement réalisé qui n’a plus besoin de se réincarner. C’est une manière de se sauver : la recherche de l’âme‑sœur, de l’être unique, qui a été créé pour nous, par nous et en même temps que nous. Si nous arrivons à le recomposer, c’est alors un hermaphrodite éternel et nous n’avons plus besoin de retomber dans l’abîme. Swedenborg a parfaitement développé ceci dans le livre L’Amour vraiment conjugal

François Brousse
Entretien, Revue BMP N°162, févr. 1998

Hugo a déclaré qu’à travers le monde on peut découvrir son âme androgynique et que rien ne nous empêchera de la découvrir si nous le désirons réellement. À la fin de notre recherche nous ne formerons plus qu’un seul être avec elle comme les deux ailes d’un ange. Or, un ange ne peut plus se réincarner. Donc nous serons libérés de la fatalité du retour sur les planètes matérielles. 

François Brousse

Les Visiteurs des millénaires, 1990, p. 122-123 

 

 

L’union androgynique

L’homme et la femme y parviennent lorsqu’ils transcendent leur ego et leur caractère personnel et lorsque l’amour-passion est remplacé ou transcendé ou mêlé à l’amour-sacrifice. On arrive alors à l’union de l’homme et de la femme ne formant qu’un seul Dieu, un androgyne, et n’ayant plus besoin de s’incarner sur la Terre.

François Brousse

Commentaires sur les Proverbes de Salomon, t. I, Clamart, éd. La Licorne Ailée, 2015, p. 27

 

L’arcane III représente une femme, comme vous le savez, environnée de douze étoiles et elle porte sur la tête une sorte de tiare et en principe trois yeux. Elle porte dans son ventre le soleil, sous forme d’enfant resplendissant. Elle a l’aigle à sa droite, la colombe à sa gauche. […] L’aigle représente incontestablement la puissance de l’univers, la puissance masculine ; la colombe représente la puissance féminine ; et l’alliance de l’un et de l’autre représentent l’Androgynat.

Donc, c’est bien l’Initiation majeure dans laquelle notre âme rencontre notre esprit et, avec lui, ne forme qu’un seul être. Mettons qu’il y ait en nous une âme divine, et notre âme humaine rencontre notre âme divine pour une sorte d’androgynat spirituel et éternel.

François Brousse
Entretien, Paris, 26 nov. 1981

Conférence  de François Brousse
sur l’Androgynat

Jaquette d’une K7 audio (épuisée)

À l’origine

Primitivement, en effet, l’humanité se composait d’an­drogynes, pouvant se féconder et se reproduire eux‑mêmes, possédant quatre yeux, quatre bras, et des ailes splendides. Leur cerveau, deux fois plus vaste que le nôtre, avait la force de comprendre les merveilles inconnues de l’univers. Ils vivaient heureux dans l’amour, la beauté, l’intelligence, la justice, et se mouvaient dans un monde aux vibrations éclatantes, où la Nature obéissait à leur pensée.

Ces enfants de Dieu ne connaissaient pas la haine. Quand elle parut comme un sombre nuage dans le firma­ment clair de leur âme, ils sentirent l’ivresse de l’orgueil et des violences. Ils luttèrent pour la domination, et leur pen­sée terrible bouleversa l’ordre des éléments. Le système solaire tout entier porte‑t‑il la marque de leurs luttes titaniques ? N’est‑il que la ruine d’un monde merveilleux, évanoui dans les abîmes du temps ? Ou bien faut‑il restreindre le désastre des androgynes belliqueux à l’éclatement de la planète Héliopolis, celle qui errait entre Mars et Jupiter, et qui n’a laissé dans l’espace qu’une centai­ne d’astéroïdes ?

Quoi qu’il en soit, quand les androgynes se réincarnè­rent sur une autre planète, leurs âmes s’étaient démem­brées. D’un côté, l’intelligence et la volonté, de l’autre le sentiment et la ruse, autrement dit Adam et Ève. Chacun d’ailleurs tout débordant du désir de dominer l’autre. Ces âmes déchirées prirent des formes corporelles aux sexes différents : le mâle et la femelle naquirent. Ainsi, à travers les diverses humanités, l’homme et la femme s’approchent, s’aiment, se haïssent, s’oublient et recommencent leur infernale ronde.

Deux moyens se présentent à nous pour la rompre : ou bien détacher ses regards du plan humain et lever les yeux vers la lumière divine ; ou bien reconstituer par l’amour total l’Androgyne primordial. La fusion en Dieu ou la syn­thèse homme‑femme dans l’union parfaite, voilà les deux clés de la libération. Dans le second cas, Ève et Adam se fondent en un seul archange. Ils n’ont plus besoin de s’incarner dans l’abîme des prisons planétaires. Ils reconstruisent l’Éden qui brillait à l’aurore des âges.

François Brousse
Les Visiteurs des millénaires, « Le testament du Comte immortel », 1990, p. 84-85

Les premières émanations

Nous les appellerons, si vous voulez, les archanges. […] Ces archanges seraient des êtres éternels et presque parfaits, mais pas totalement. Ils peuvent tomber et l’un d’eux est tombé, celui que la tradition appelle Lucifer. Il est tombé d’une étrange manière. Il a voulu créer – c’est un peu le mystère du Mal que je suis en train de vous dévoiler –, en dehors des grandes lois divines, un monde personnel. Les grandes lois divines se nomment amour, sagesse, beauté et justice. Il a voulu créer un monde d’où la beauté, l’amour et la justice étaient pratique­ment écartés. Il ne restait plus que la sagesse, et une sagesse inférieure. Il a essayé dans un globe remar­quable que l’on appelle la planète Éden – c’est le nom que je lui ai donné – et il a eu une certaine fortune de créer une race humaine. On pourrait dire, dans un cer­tain sens, que nous sommes tous des enfants de Lucifer. Nous sommes, en réalité, le reflet des grands archanges et, en partie, le reflet de Lucifer. Il a prétendu forger une espèce humaine qui ignorerait absolument le Bien et le Mal, et leurs conséquences karmiques. Elle ferait donc ce qui lui plairait, en dehors des lois morales et en dehors du respect et de l’amour que l’on doit normale­ment porter à tous les humains et même à tous les vivants de la création.

Il a façonné cette race, il y a quelques millions d’années, sur la planète Éden, que l’on appelle aussi chez les occultistes Héliopolis et même Vulcain. Les scientifiques, eux, la nomment la planète d’Olbers. Elle a éclaté il y a quelques centaines de millions d’années et ses débris sont Cérès, Adonis, Éros, Hermès, etc. Il existe environ dix mille astéroïdes. On l’appelle aussi, pour cette raison, la planète Aster. […]

L’idée de la dispersion et de la séparativité provient de l’éclatement de la planète Éden, résultat du travail luci­férien. Ces âmes, probablement les nôtres, étaient andro­gynes et occupaient des corps également androgynes. Ils comprenaient, mélange pour nous invraisemblable, deux têtes, quatre ailes, quatre bras, quatre jambes et deux sexes. Ils ont essayé de créer une œuvre prodigieuse, malheureusement dépourvue d’amour et de justice. La catastrophe vint, inévitable. Ils se heurtèrent les uns contre les autres. La puissance, la domination, le réalisme, le désir d’écrasement ont séparé le monde en deux races mentales. Il y eut une lutte terrible. Ils allèrent plus loin que nous dans le domaine de la découverte scientifique. […]

Comme ils étaient arrivés jusqu’à ce résultat – nous n’y sommes pas encore, heureusement pour nous –, la planète a explosé car ils n’hésitèrent pas à employer les armes les plus terrifiantes. Ensuite, ils s’incarnèrent sur la Lune[1] – je résume – et Lucifer les a suivis. Sur la Lune, quoiqu’en disent les savants actuels, s’épanouissait une véritable civilisation.

François Brousse
L’Évangile de Philippe de Lyon, 1994, p. 47-49

L’ANDROGYNE 

 

C’était à l’âge d’or des paradis lointains,

Quand la création, naissant sous les caresses

De son jeune soleil, répandait ses ivresses…

Sans ombre était l’éveil de ces premiers matins.

 

Avant que l’homme serve, un jour, ses buts lointains

La vie, à flots, multipliait ses allégresses

En attendant cette heure où toutes les détresses

Par l’amour et la mort surgiraient des destins !

 

Dans la perfection de sa double nature

Comme un défi dressé vers la race future,

Un être pur régnait dans la sérénité !…

 

Créé pour dominer la matière asservie

Assuré, tel un dieu, de son éternité

L’androgyne s’aimait, libre, hors de la vie…

 

François Brousse

Revue BMP, N°77, avr. 1990, « L’Androgyne »

ENTRETIEN(Extrait)

Question : L’androgynie n’est‑elle pas la fusion avec le maître ?

F.B. : La fusion avec le maître est toujours une espèce d’androgynie, car le maître est, en principe, à la fois l’éternel masculin et l’éternel féminin, fondus en une seule synthèse ineffable et divine. Donc, on peut toujours aboutir à n’importe quel androgynat avec le maître, si vous avez un maître réel. Mais si vous avez un maître secondaire, tertiaire ou quaternaire, vous n’aurez absolument rien.[..]

François Brousse

Entretien, 21 sept. 1991, Revue BMP N°167, juill. 1998

SIMON LE MAGE (Ier siècle)

Ce fut un des premiers à mettre en avant l’idée de l’androgynat, un des premiers car cela existait déjà dans Platon ; mais c’est le premier sur le plan chrétien ; il prétendait que chaque être avait un double divin qu’on devait retrouver. Quand l’homme et la femme, les deux moitiés de Dieu, se retrouvaient enfin, la chaîne des réincarnations était brisée et l’androgyne nouvellement créé rentrait dans l’abîme infini d’où il ne ressortait plus. Simon était en quelque sorte la semence des futurs androgynes qui devraient délivrer le monde de son péché originel et de son affrontement permanent entre le Yang et le Yin, entre l’homme et la femme, pour aboutir à l’androgynat parfait. Ses théories ne manquaient ni de grandeur, ni de subtilité ; elle convainquirent singulièrement une quantité de gens.

François Brousse
Conférence « Les mystères du christianisme primitif », Paris, 6 mai 1986

Animus est, pour la femme, l’image sublimée du père, qui conditionnera le choix de l’époux futur. Anima est, pour l’homme, l’image transfigurée de la mère, qui déterminera l’élection de la future épouse. Telle, réduite à sa plus simple expression, apparaît la théorie de Jung. À nos yeux, Animus et Anima constituent le souvenir douloureux mais ébloui de notre moitié divine. Avant de descendre sur les planètes, l’homme et la femme, dans les hauteurs de la sphère métaphysique, ne formaient qu’un androgyne débordant de bonheur. Après la rupture, l’homme et la femme ont conservé, au fond de leur subconscience, l’empreinte brûlante de leur complément. Animus recherche Anima et Anima recherche Animus. Dans cette aventure perpétuelle, qui nous transporte de monde en monde, on commet de nombreuses erreurs. De là, viennent les unions imparfaites. Mais quand Animus retrouve Anima, l’Androgyne primordial, reconstitué, s’assied à nouveau sur le trône de joie et de lumière.

François Brousse
Sub Rosa, t. I, 2013, p.18-19 

LOIN ET PRÈS

Je suis loin, mais mon âme veille,

Une lampe dans les déserts…

Ô femme, adorable merveille,

Fille de l’ombre et des éclairs,

Comme un assoiffé sous la treille

Dont les raisins tremblent dans l’air,

J’aspire à ta bouche vermeille,

Au fond des souvenirs amers.

Ils sont amers et doux quand même

Puisque je t’aime et que tu m’aimes.

L’amour triomphe des lointains !

Nous monterons, flamme divine,

Pour modeler un androgyne

Plus haut que l’éternel matin.

31 mars 1984

François Brousse
L’Aigle blanc d’Altaïr, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1987, p. 102

Lame XV – Le sceptre de Siva
Esquisse à tempera en couleur de Raphaël Brière

XIROU

XV. Le sceptre de Siva

Ce hiéroglyphe = 15 = O.

Siva et Kali s’étreignent amoureusement sur le haut d’une montagne. La Déesse noire, vue de dos, enlace de ses cuisses le corps du Dieu blanc, assis en lotus. Le visage de Siva aux trois yeux brille sur l’épaule ténébreuse de Kali. L’Amant porte des cornes de Taureau, et l’Amante des cornes de Bélier. Le bras gauche de l’homme enlace le cou de la femme, mais son bras droit dresse une torche flam­boyante, un sceptre de feu. Sur la colonne vertébrale de Kali est tatoué un caducée avec ses deux serpents, l’un rouge, l’autre bleu, et la pomme de pin, couronnée d’ailes d’or.

Cette lame rappelle par certains côtés le Baphomet des templiers, la grande divinité panthéistique et cosmoso­phique jetant son ombre sur les sociétés secrètes à la recherche de l’absolu. Le Sceptre de Siva se relie aux Astéroïdes. Le conscient et le super conscient s’unissent dans une incompréhensible synthèse. […]

Sur le plan tantrique, le Sceptre de Siva nous montre le moyen de transmuter l’énergie sexuelle en force divine. Il suffit de considérer son partenaire comme Dieu lui‑même. L’homme étreint dans ses bras Kali, l’Âme du monde, la femme enlace le grand Siva, le Verbe créateur des étoiles. Il se produit alors une alchimie érotique, capable de conqué­rir les plans supérieurs. 

[…]

François Brousse

La Trinosophie de l’étoile Polaire, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1990, p. 171-172

 

Le tantrisme

Il faut savoir que la force sexuelle est une force divine comme toutes les forces qui remplissent le monde et par suite, on peut l’utiliser justement pour monter plus haut sans la moindre frustration. […]

Dans le tantrisme, il y a cette idée qu’on finira par atteindre à l’androgynat, c’est-à-dire que l’homme et la femme sont deux éléments séparés de Dieu, que Dieu est à la fois l’homme éternel et la femme éternelle. Lorsque les deux éléments s’unissent, on arrive à la totalité divine. Pour qu’ils s’unissent, il faut qu’ils se rencontrent à travers des milliers d’existences et qu’ils arrivent à une fusion totale. À ce moment-là, l’homme et la femme forment un androgyne éternel. Leurs deux corps mentals – entre guillemets – fusionnent, l’un étant d’ordre féminin et l’autre d’ordre masculin. Cela ne fait plus qu’un seul corps mental qui est l’androgyne et qui, à ce moment-là, n’a plus besoin – car il se suffit à lui-même – d’être saisi par l’océan tumultueux des réincarnations. C’est une voie et c’est la voie de l’Androgynat.

François Brousse

Conf. « Les sept portes de l’initiation », Perpignan, 10 févr. 1983

Il suffit de considérer son partenaire sexuel comme un dieu ou comme une déesse […], vous devez la considérer comme une incarnation divine et il faut qu’elle-même vous considère aussi comme une incarnation divine, comme un avatar cosmique ; c’est à ce moment-là qu’il y a une sorte d’illumination et une sorte de transcendance. Les hindous sont habitués à cela et chaque mari appelle sa femme Kali, c’est-à-dire la déesse de l’éternité et chaque Kali appelle son mari Siva, c’est-à-dire, le dieu de l’infini. 

François Brousse
Conf. « Végétarisme / Initiation », 1975

Autres textes…