La puissance

La puissance du Verbe infini est Une, mais ses manifestations à travers l’étoile Polaire sont multiples.

François Brousse

Revue BMP12, juin 1984

La pensée de puissance et de joie s’allume en nous comme l’amandier en fleurs au cœur de l’hiver.

L’arbre flammé annonce l’arrivée triomphale des feuillages qui dorment encore sous les glaces, mais qui resplendiront au printemps.

Dieu veille et réveille.

François Brousse

Revue BMP, N°122, mai 1994

 Dieu, du moins le dieu accessible à la compréhension humaine, est triple : Volonté, Intelligence, Amour. D’où, semble‑t‑il, trois chemins pour atteindre la Perfection. Mais si l’on peut atteindre Dieu par l’Intelligence pure ou l’Amour pur, on ne peut l’atteindre par la Volonté pure, car elle peut s’attacher au mal comme au bien.

Les grands conquérants déploient de longues bannières de volonté, mais ces bannières tachées de sang sont sataniques.

Comme Alexandre ou Napoléon paraissent petits à côté de Pythagore !

La volonté est le terme neutre du triangle divin. Les angles supérieurs, Intelligence, Amour, planent dans la lumière. L’angle inférieur, Volonté, s’abaisse vers la planète. Il reste divin tout de même, car, sans lui, le Triangle se figerait dans une mort éternelle.

La volonté est la source irrésistible de la puissance.

François Brousse
Revue BMP, N°101, juin 1992

Rien ne prouve l’existence du monde corporel. Vous êtes fort, robuste, puissant, explosif. Votre appétit de vivre domine la planète ! Nous en reparlerons dans un siècle. L’insecte, qui remuera votre poussière, lui aussi se gonflera d’énergie et d’orgueil.

Un monde passager, où tous les objets naissent et meurent, un monde en proie aux atteintes du temps, n’est que l’ombre d’un rêve.

François Brousse
Sub Rosa, Revue BMP N°113-114, juin-juill. 1993

[…] Après le règne humain, viendra le règne surhumain, comme l’ont proclamé sol­ennellement le sombre Nietzsche et le resplendissant Hugo. Nietzsche fait du surhomme une peinture mutilée et terrible ; il aura cet ultime fruit des forces : la volonté, le courage, l’intelligence, le sens esthétique et, mal­heureusement, l’absence d’amour, la cruauté implacable. Vision absurde ! Hugo, bien avant Nietzsche, en avait donné une esquisse bien plus conforme aux lois divines. Le surhomme possédera la puissance, la sagesse, la création poétique et artistique, l’amour, l’esprit de prophétie et l’union avec l’âme du monde. Le talisman de la bonté couronne le Mage. Ces exemplaires de sur­humanité existent déjà sur la Terre ; ce sont les grands poètes, les grands philosophes et les grands scientifiques, triple cohorte dont le génie illu­mine l’histoire. Ils forment les germes de la race future. […]

François Brousse
« La vérité sur les maîtres de l’Aggartha » dans Revue BMP N°6, nov. 1983

Poème

La tête de Jésus dépassait les apôtres
Le front de Pythagore éclipsait les songeurs
Le regard du Bouddha troublait les profondeurs
Le vaste dieu Krishna éclipsait tous les autres.
Le puissant Inspiré déchire les hauteurs
Que bâtirent en vain les sombres millénaires
Le sourire du sage abolit les tonnerres
Il impose la majesté des Rédempteurs.
En même temps ils sont très humains, ces prophètes
Ils savent consoler l’inconsolable exil,
Des pleurs de compassion illuminent leurs cils
Leur parole inouïe éclate sur les faites
L’axe des univers repose dans leurs mains
Ils changent le passé en flamboyantes cryptes
Nouveaux Akhenaton dans les vieilles Égypte
Du monde et de l’extase ils retrempent l’hymen
Les Miséricordieux sauvent le genre humain
Le doigt de Dieu leur montre un radieux chemin.

François Brousse
Revue BMP N°39, octobre 1986

Pensée

« Que votre volonté soit faite ! »

Certains voient dans cette phrase une marque, non de résignation, mais de confiance.

La volonté de Dieu est infiniment bonne. Il nous donne tout ce que nous demandons. Détruisons le doute et nous serons les maîtres de la terre et des cieux. La volonté de Dieu est de nous conférer sa propre puissance.

François Brousse

Revue BMP N°9, mars 1984

LE RÉDEMPTEUR

Le Diable agit, mais Dieu conteste

Le Très‑Bas est‑il le Céleste ?

Les pouvoirs contemplent mon geste.

Je vais dans le rude ouragan

Je suis le colosse élégant

Qui jette aux étoiles son gant…

L’impossible devient possible

Je suis la perle irrémissible

Je rêve au Maître inaccessible.

Les ignorances du savant

Comme un iceberg dérivant

Composent le soleil levant.

Suis‑je l’incroyable améthyste ?

Je réveille tous les artistes

Nulle force ne me résiste

J’ai la fleur aux vastes senteurs

Je terrasse tous les menteurs

Je suis l’unique Rédempteur.

20 septembre 1993

François Brousse

L’Homme aux semelles de tempête, Clamart, Éd. La Licorne Ailée,  1995, p. 288

Le mage imparfait ne possède qu’un don parmi les puissances de l’Esprit. Le vrai mage les possède tous. Neuf chevaux immortels, sagesse, connaissance, guérison, foi, miracle, prophétie, discernement des esprits, diversité des langues, interprétation des langues, sont attelés au char du grand Initiateur.

François Brousse

Revue BMP, N°79-80, juin-juillet 1990

Des brigands inconnus peuvent souhaiter devenir des empereurs, rois ou dictateurs.

Si leur souhait est suffisamment fort, ils le deviendront. De là, ce geyser de maîtres démoniaques qui apparaissent parfois sur les peuples.

Mais le sceptre de la puissance est en fer rouge. Il brûle les doigts, jusqu’à ce que les doigts comprennent et y renoncent.

François Brousse
Revue BMP, N°
62, novembre 1988

CLÉMENCE

L’être qui me protège à force de grandeur

Est effrayant. Il plane dans la profondeur.

Il a les attributs de la toute-puissance

 

La fauve immensité le contemple et l’encense

Allah est son prophète ainsi que Jéhovah.

 

S’il fronce les sourcils l’ample cosmos s’en va

Mais le plus beau saphir de sa richesse immense

Est d’avoir l’infini qui se nomme Clémence.

8 avril 1992

François Brousse

Le Baiser de l’archange, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1993, p. 102

La prière d’un homme pur s’épanouit en force démesurée. Les volcans réels, avec leur couronne de flamme, s’inclinent devant ces volcans invisibles, couronnés d’esprit. La parole d’un mage arrête les éruptions.

François Brousse

Revue BMP, N°39, octobre 1986

XI. Le Lion vaincu

Cet arcane exprime dans le Monde divin le principe de toutes les forces matérielles et spirituelles ; dans le Monde intellectuel, la conscience du bien ; dans le Monde physique, la force de vie.

De ses mains délicates, une jeune fille, vêtue de rouge et portant le signe de l’infini sur la tête, maintient ouverte la gueule d’un lion dressé sur ses pattes postérieures. Emblème de la puissance de l’esprit qui peut dompter les monstres les plus terribles, à la manière de Daniel jeté parmi les fauves, ou d’Orphée dont les pieds tranquilles étaient léchés par les tigres. Souvenir des époques primi­tives où la pensée de l’homme juste et pur, s’imposait à tous les animaux de la Terre.

L’arcane se rattache à la constellation du Lion, dont le génie est Momphta. Dans la sphère des religions, la jeune fille marquée du signe de l’infini matérialise le Déisme phi­losophique, soutenu notamment par Bolingbrooke, Voltaire et Jean-Jacques Rousseau. D’après cette doctrine, il existe un Dieu créateur et ordonnateur du monde; l’âme humaine, libre, immortelle, doit le vénérer par la tolérance et la bienfaisance. Il faut se libérer des préjugés ecclésias­tiques, lion dévoreur des intelligences. Rejetons les dogmes pétris d’absurdités et de terreurs. Dieu, l’être Suprême, se confond avec la raison et la justice.

[…]

L’horoscope nous dit : avance intrépidement, l’obs­tacle s’effacera comme un fantôme. Domine les dégoûts de la chair, les faiblesses du cœur, et met ta force au service de la justice !

François Brousse
La Trinosophie de l’étoile Polaire, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1990, p. 155-156

Esquisse à tempera en couleur de Raphaël Brière illustrant chaque lame majeure des Tarots de l’Inde et de l’Égypte de François Brousse

En réalité, on s’imagine être séparés les uns des autres, mais nous sommes les reflets de la même puissance divine. 

François Brousse

Revue BMP, N°191, septembre 2000

LES FORCES

Il laboure le champ des étoiles flétries
Pour y jeter une semence
L’idéal d’autrefois n’est plus qu’une patrie
Dont l’image s’en va quand le ciel recommence.

Une odalisque fuit, nue et désespérée,
Dans le vent de la grande automne
L’esprit gonfle son immesurable marée
Où la face de Dieu resplendit et s’étonne.

Les doux consolateurs du soleil viendront‑ils ?
La lumière déploie ses ailes ;
La neige qui tombait a fécondé l’avril
Voici venir le temps des forces éternelles.

12 octobre 1988

François Brousse

Le Graal d’or aux mille soleils, Clamart, Éd. la Licorne Ailée, 1989, p. 108

 

C’était en 1958. Un mardi, à Tarbes, la cité natale du fidèle Théophile Gautier. Je venais de traverser le marché, grouillant de couleurs et d’odeurs. Je longeais le trottoir. En face, de l’autre côté de la route, un grand parc remuait doucement ses hauts feuillages. Pensif, je me hâtai. Mon esprit, en proie à de vagues images, était presque vide.

Soudain, j’entendis en moi, comme prononcé par une voix basse, le mot « grandiose ». Immédiatement après, survint sa signification : « puissance paisible ».

Alors, comme on tourne les pages d’un livre, s’éveillèrent les états sacrés. J’étais Victor Hugo et je sentais dans ma poitrine bouillonner les forces prodigieuses qui couvrirent la Terre d’un éternel fleuve d’or. Puis je devins Shakespeare, et ma tête sonore comme une ruche laissait échapper une nuée de sorcières. Enfin, je pris l’âme d’Homère errant, qui traversait les peuples en chantant sur sa lyre fruste des strophes trouées d’illuminations.

Une atmosphère de puissance inouïe et de joie fabuleuse m’enveloppait, me donnait des ailes. Pendant quelques secondes, je touchais au zénith de l’extase. Puis ma lucidité rationnelle émergea. Était-ce un souvenir de mes vies antérieures ? Non. Je repoussais cette tiare d’orgueil. Et je conclus simplement que je venais de m’identifier à l’idée du Grandiose. Un Samadhi de l’intelligence. Une intuition surmentale.

François Brousse

Revue BMP N°250, déc. 2005


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