Poésie langage de l’âme – I/II
Poésie langage de l’âme – I/II
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La poésie est la métaphysique qui parle au cœur
et la métaphysique est la poésie qui parle à l’esprit.
Au fond, c’est la même chose sous deux noms différents, ce qui fait qu’inévitablement,
tous les grands poètes sont de grands philosophes
et inévitablement, tous les grands philosophes sont de grands poètes.
 François Brousse
Entretien, Clamart, 20 octobre 1993
La poésie, reine des rêves et des constellations
Elle ressuscite en chaque poète majeur.
Sans doute, il y a eu dégénérescence, depuis l’Âge d’or. Mais, à toutes les époques de l’humanité, surgissent des brandisseurs de flambeaux éternels et des porteurs de Verbe infini. Brahma s’incarne dans les grands poètes, comme Vishnou dans les réformateurs religieux et Siva dans les implacables métaphysiciens. Il n’en reste pas moins vrai que la haute poésie se nourrit de songes, de signes, de miracles, de prodiges, de prophéties et d’extases. Elle se nomme idéalisme et symbolisme.
Le poète est semblable à ces piliers de lumière vivante qui, d’après les légendes arabes, emportaient l’âme des philosophes jusqu’au paradis. La poésie se penche sur l’homme en proie aux tristesses de la matière et le console en lui montrant les cieux transfigurateurs.
François Brousse
Lettre manuscrite du 25 janv. 1979 Ã Michel C.Â
La poésie, reine des rêves et des constellations
Elle ressuscite en chaque poète majeur.
Sans doute, il y a eu dégénérescence, depuis l’Âge d’or. Mais, à toutes les époques de l’humanité, surgissent des brandisseurs de flambeaux éternels et des porteurs de Verbe infini. Brahma s’incarne dans les grands poètes, comme Vishnou dans les réformateurs religieux et Siva dans les implacables métaphysiciens.
Il n’en reste pas moins vrai que la haute poésie se nourrit de songes, de signes, de miracles, de prodiges, de prophéties et d’extases. Elle se nomme idéalisme et symbolisme.
Le poète est semblable à ces piliers de lumière vivante qui, d’après les légendes arabes, emportaient l’âme des philosophes jusqu’au paradis. La poésie se penche sur l’homme en proie aux tristesses de la matière et le console en lui montrant les cieux transfigurateurs.
François Brousse
Lettre manuscrite du 25 janv. 1979 Ã Michel C.Â
Je pense que le chemin de l’art et de la poésie nous permet de contempler le visage de Dieu.
Dans l’admiration, les barrières de l’égoïsme s’effacent, entre l’œuvre divine et le contemplateur, entre un poème de Hugo et le lecteur, entre une symphonie de Beethoven et l’auditeur, les murs de la vanité s’évaporent. On devient Un avec le poète créateur qui est lui même un avec Dieu. Si nous passons du côté de l’artiste formateur d’une œuvre nouvelle, il s’identifie au Verbe divin qui a créé les mondes.
Les véritables sauveurs de l’humanité ne sont pas les fondateurs de religion tels Mahomet ou Jésus, mais les grands peintres, les grands architectes, les grands sculpteurs, les grands poètes, les grands musiciens, les grands magiciens. Bref… Tous ceux qui enrichissent le fleuve de gloire esthétique où se baigne l’humanité. En lisant tous les jours un poème transfigurateur qui nous rapproche de l’infini, nous parcourons le chemin de lumière qui monte directement à la Divinité.
François Brousse
« Réponse à un contradicteur » dans Revue BMP N°50, oct. 1987
Ma poésie est quelque chose d’extrêmement nouveau, elle est en dehors de tout !
Il faut que j’arrive à faire comprendre l’incompréhensible et à faire sentir l’insensible. Je suis donc au-delà de Mallarmé qui est un très très grand poète, mais je ne suis pas au-delà de Hugo. Enfin ! Je suis au-delà de Mallarmé, au-delà par conséquent de n’importe quel être susceptible de vivre sur la Terre. Et c’est grâce à cela qu’il y a un renouvellement permanent dans mes poèmes. J’ajouterai que celui qui lirait un de mes poèmes tous les jours, qui en apprendrait un par jour pendant une semaine retrouverait toutes les sources jaillissantes de l’infini. Rien n’est plus simple ! […]
Le propre des grands poètes, c’est d’apporter toujours quelque chose de nouveau. En apportant quelque chose de nouveau, ils font évoluer leurs lecteurs, car ces lecteurs sont complètement désarçonnés et, étant désarçonnés, ils essaient de trouver la clef du mystère, l’énigme, la grande clef qui nous ouvre tous les paradis. Et ils y arrivent, il suffit tout simplement d’aimer. Aimer est un mot composé de toutes les étoiles.
François Brousse
Revue BMP N°198-202, mars-juill. 2001Â
Habituellement, on ne parle que de l’amour ou de la sagesse, la beauté semble exclue du vocabulaire de certains ésotéristes.Â
[…] Ils ne savent pas que Dieu est le grand poète comme le grand prophète, comme le sage suprême. Ils devraient consulter les livres sacrés de l’humanité. […]
L’ouverture de l’esprit par l’imagination créatrice permet à l’homme de connaître Dieu. L’éternel artiste se complaît à des tableaux grandioses dont les lignes sont dessinées par les soleils et les comètes.
Pour être sauvé, il faut devenir un sage, un saint et un poète. Par la sagesse, on contemple le Père ; par la sainteté, on s’approche du Fils et par l’inspiration, on incarne l’Esprit. De même qu’il est impossible d’être libéré si l’on n’est pas végétarien, il est impossible de connaître l’absolu si l’on n’ouvre pas les ailes de la poésie visionnaire.
Assimilez-vous aux trois visages de la perfection et vous deviendrez parfait vous-même.Â
François Brousse
Revue BMP N°218-222, janv.- mai 2003Â
L’origine de la poésieÂ
Les Anciens prétendaient que la poésie était née en Thrace et qu’elle avait été révélée au monde par le prophète Olen, constructeur du temple de Delphes.
Que de secrets kabbalistiques dans cette énigmatique information !
C’est un coffret de plomb où palpitent et flamboient des particules radioactives. On retrouve tranquillement dans la Thrace les traces de Râ, le dieu du soleil, et la race de Tat, le disciple d’Hermès Trismégiste. Tat, en sanscrit, veut dire « Cela », terme énigmatique qui s’applique au mystère des mystères, à la divinité.
L’origine de la poésie remonte à l’Être absolu et à son image resplendissante, le soleil.
Quant au prophète de la déesse Olen, son nom cache une énorme surprise, un menhir d’étonnement. Olen, remanié, donne Noël, le jour natal de l’Enfant Dieu, prédestiné à la mort et à la résurrection. Coïncidence d’autant plus remarquable que le nom d’Olen précède incontestablement de plusieurs siècles la fête de Noël. Intuition prophétique ? Certes, mais aussi grand symbole d’hiératique granit.
Quand la poésie s’empare d’un humain et le fait son messager, l’être chargé de cet honneur insigne conquiert l’illumination. Il brille parmi les intelligences comme un phare et répand la lumière jusqu’à l’infini, car l’illumination est double : elle embrase le messager et répand une clarté de révélations sur le monde.
Du reste, celui qui reçoit de Dieu le don sacré de l’inspiration poétique est tellement comblé qu’il ne souhaite pas autre chose, pas même ce fantôme funeste appelé la gloire.
François Brousse
« L’origine de la poésie » dans Revue BMP N°7, janv. 1984
RETRAITE
Je serai une âme discrèteÂ
Dans une montagne secrèteÂ
Jusqu’à ce que le grand milanÂ
M’emporte au cœur du firmament.
Laissons la Terre épouvantableÂ
Se vautrer sous l’immonde table !
Ô poésie, ô saint Amour,Â
Toi seule boit l’éternel jour.
Les Avatars et les Prophètes
Illuminent nos sombres faîtes
Montons, dans l’immortel moment,
À l’ultime ravissement !
3 juillet 1988
François Brousse
Le Graal d’or aux mille soleils, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1989, p. 86
LA POÉSIE
La poésie est la science
De la suprême fantaisie
Elle nous offre l’alliance
Du magisme et de l’ambroisie.
Une sublime radiance
Discipline sa frénésie
Elle transmute les problèmes
Elle dévoile l’inconnu.
Nos visages deviennent blêmes
Quand elle offre un abîme nu
Le calculateur ingénu
La signe comme un double emblème.
Une mère et son enfançon
Agrandissent la joie du ciel
De leur tambour jaillit un son
Qui fait tressaillir l’éternel.
Le maître sent un doux frisson
Dans le charisme essentiel.
La poésie est la chanson
Du troubadour providentiel.
6 septembre 1993
François Brousse
L’Homme aux semelles de tempête, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1995, p. 258
Poésie, la langue des dieux
Platon affirme que deux éléments résident dans la poésie : d’abord l’agréable, ensuite le transfigurateur.
L’élément agréable est de savoir ordonnancer une multitude de sons, d’images et d’idées de manière à rendre leurs présentations merveilleusement douces à l’esprit comme au corps. C’est d’ailleurs une définition de la poésie qui est en elle-même parfaitement valable.
Mais de cette définition, Platon en détache une autre. Pour lui, la poésie est la langue des dieux, elle est fondée essentiellement sur l’inspiration et sur l’illumination. Elle n’a plus rien à voir avec l’humanité ordinaire. Elle n’est plus la langue de la Terre mais celle des dieux.
Il distingue ce qu’il appelle le délire dionysiaque du délire poétique. Le premier est le délire de l’inspiration religieuse, les dieux s’emparent d’un homme, et le font parler et agir à leurs places. Le second est le délire de l’inspiration apollinienne dans lequel l’homme est en rapport avec le Verbe universel, avec l’Intelligence cosmique, avec la sphère des Idées éternelles et parfaites.
Cette distinction platonicienne a été reprise par Francis Bacon que certains prétendent être une réincarnation du comte de Saint-Germain ou plutôt une image anticipée du Voyageur des siècles. Bacon affirme que le monde ordinaire est le monde de la matière et qu’au-dessus, se déploie le monde de l’âme et au-dessus du monde de l’âme, il y aurait le monde intelligible qui est le monde des idées. Pour lui, le poète est précisément l’intermédiaire entre le monde des idées et le monde des réalités sensibles et, grâce au poète, les derniers voiles de l’univers sont levés ; il peut derrière les pas de la providence pénétrer jusqu’au concile secret du monde et connaître l’histoire et l’avenir non plus en surface mais en profondeur.
Platon et Bacon, ces deux génies, apportent une image de la poésie.
François Brousse
Poésie langage de l’âme, Vitrolles, Éd. de la Neuvième Licorne, 2008, p. 48
C’est par la poésie que l’on arrive à la transcendance la plus haute.
C’est la perle de la pensée.
François Brousse
Entretien, Clamart, 26 août 1995 dans Revue BMP N°182, nov. 1999
Le progrès, qui emporte la famille humaine vers plus d’intelligence et d’amour, est mis en branle surtout par les demi-dieux, plus encore par les hercules de l’art que les héros de la science, plus encore par les Bellérophon de la poésie que par les hercules de l’art. La poésie en effet renferme tous les arts dans les plis vertigineux de sa robe.
Elle dresse, dans la lumière, des temples plus indestructibles que les Pyramides, plus harmonieux que le Parthénon, elle a toute une architecture idéale et massive qu’un souffle immense gonfle vers le ciel ; elle emplit d’architraves et d’arcatures le corps prodigieux des odes, des romans, des épopées. Elle crée des géants de marbre, de sang et de chair, qui érigent, majestueusement ou burlesquement, drapés de pourpre ou empaquetés de haillons, nimbés de rayons ou encapuchonnés de boue, armés d’un glaive ou d’un bâton noueux, les yeux lumineux ou les paupières chassieuses, la bouche triomphante ou cassée en rictus, portant des ailes ou une bosse, frères de l’aigle ou du crapaud, et qui cheminent magiquement sous les cintres d’évènements, entre des pilastres d’aventures, le long des frises de songes, dans des palais où s’accomplit éternellement le grandiose mariage de la peinture et de la sculpture. La musique, elle-même est une broderie de ta robe, Ourania ! Tu peux déchaîner la parole grave, ardente, solennelle, tel l’orgue résonnant dans les sombres profondeurs d’une cathédrale ; tu peux couler, joyeuse, carillonnante, fine, argentine, jasarde et frétillante, tumultueuse et folle, comme l’éblouissant cristal d’une fontaine marbrée de noir par les branches, sous les vertes cavernes des grands arbres pleins de murmures ; tu peux – pareille à l’étrange violon – bruire, frémir et fuir en notes tendres, suaves, langoureuses, telles – parmi le flamboiement vespéral sur les farouches violettes, à travers les fiançailles des lys inviolés aux cieux sinistres, dans le râle fluide et vif des rossignols complexes, sous l’imperceptible astralité des gouffres en mal d’étoiles – volent, blanches d’un essor triomphal, s’abaissent, obscures comme d’inquiétantes haleines, les tourterelles des fantômes crépusculaires !
Enfin, tu projettes une ombre splendide, la métaphysique ! Car la métaphysique étant le royaume des grandioses hypothèses, de l’imagination altérée d’infini, des intuitions d’ouragan, des planements irrités, des dieux cycnoïdes, ne peut s’ouvrir qu’aux grands cygnes de l’azur, aux poètes.
François Brousse
« Métaphysique » dans Revue BMP N°269-270 – sept.-oct. 2007
Chaque art peut devenir l’art sublime par excellence quand il est entre les mains d’un surhumain.
Habituellement, le débat s’installe entre la musique et la poésie. Wagner a prétendu que les grands musiciens étaient les véritables messies de l’humanité. Il faut élargir son point de vue. Les grands poètes, les grands artistes, quelle que soit leur spécialité, représentent la splendeur de l’éternel.
Néanmoins, on pourrait soutenir que la poésie est l’art complet et l’art parfait. En effet, elle s’adresse à tous les niveaux de l’être humain, le subconscient, le conscient et le supraconscient. C’est pourquoi elle semble dépasser la musique dont l’empire ne comprend que le subconscient et le supraconscient.
François Brousse
« Interview de François Brousse sur ses méthodes et respirations » dans Revue BMP N°39, oct. 1986
Y a-t-il correspondance entre le plan artistique et le plan spirituel ?
Une architecture complexe et subtile fait correspondre les plans de l’être deux à deux. En bas, le physique se relie à l’astral qui monte jusqu’au supramental, comme un cri jaillit de l’abîme et atteint les hauteurs solaires. De même, l’éthérique touche le mental, et, par le mental, communique avec l’esprit éternel.
Ainsi, en dehors de l’amour qui nous transfigure, s’ouvrent deux voies royales : l’art et la philosophie, la poésie et la métaphysique. Elles aboutissent, l’une à l’inspiration divine, l’autre à l’intuition cosmique.
Le mage brandit le sceptre des créations et le miroir de l’absolu. Mais un art réaliste tombe comme une fusée monte sur la boue, et une démarche froidement intellectuelle ressemble à l’arbre desséché par les vents de l’hiver.
L’aigle surhumain a deux ailes, le sentiment et la pensée, qui le transportent dans l’ineffable.
François Brousse
« Réponses de François Brousse à un chéla (IV / IV) (24-05-1977) » dans Revue BMP N°123-124, juin-juill. 1994Â
Dans notre siècle de démolition (XXe), on hurle beaucoup contre la Rime, l’inébranlable déesse assise sur un trône de cristal rigide et merveilleux.
Verlaine a déjà donné le branle en des vers assez mauvais :
Oh ! qui dira les torts de la Rime !
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime.
Et, naturellement, une foule de littérateurs aboyeurs l’ont escorté de leurs bruyantes approbations. On a battu le tambour, on est monté sur le toit des maisons, pour triomphalement rugir que la Rime était une entrave, quelle est morte, qu’il n’en faut plus parler, qu’elle exhale une odeur de pourriture, que sais je !…
Naturellement, l’intéressée ne s’en portait que mieux ; et, du haut de la zone des astres, regardait, l’ironie illuminant ses yeux, toutes ces armées de pygmées que noyait un pan de sa robe. Elle poussa même la malice jusqu’à mettre dans sa poche ceux qui, s’acharnant contre elle, étaient néanmoins des talents ou des génies. C’est ainsi que fut péché le grand Verhaeren lequel, malgré ses dédains pour la Rime, en suit les lois avec la dernière rigueur.
La Rime est nécessaire au vers, comme le chant des vagues contre la plage est nécessaire à l’harmonie océanique.
Elle constitue le pont de fer tonnant qui enjambe le gouffre, entre la poésie et la musique. Elle est protéiforme et aérienne comme les nuages où se font et s’évanouissent en d’incessants flux d’images de prodigieuses créations pleines de fleurs et de démons, de palais et d’oiseaux, de flammes et de fumées. Ses sons nouveaux, ses richesses insoupçonnées, ses musicalités imprévues, ses ondulations mignardes ou ses rocs bruts, ses lumières de crépuscule ou de sabres en font une sorte de rideau fée couvrant le fond des salles rythmiques, leur donnant une tonalité plus ardente. Elle est la corde centrale de la Lyre. Le vers sans elle n’est plus que de la prose alignée. Je conçois très bien qu’un souffle cyclopéen puisse soulever cette prose, mais je crois qu’il serait encore plus intense dans le clairon du vers ciselé de rimes.
En un mot, le Rythme ayant des ailes aux pieds, il lui faut ce transparent escalier de diamant et de foudre : la Rime.
François Brousse
« La rime » dans Revue BMP N°153, avr. 1997
Dans la mer poétique se dresse un écueil de ténèbres : le prosaïsme. Chantez ce que vous voudrez ; votre chant doit avoir des ailes. Sinon, écrivez en prose.
La poésie s’enfante dans un état d’exaltation, un délire mental, une ivresse spirituelle qui baigne dans les vibrations les plus hautes du cosmos. La prose, elle, plonge ses racines dans le sol dur de la raison.
Platon disait que la poésie de l’homme sensé n’est nullement comparable à celle de l’insensé, pris dans le tourbillon des muses. Cette parole, vieille de plusieurs millénaires, est d’une surprenante jeunesse.
François Brousse
« De mes Treilles par Jean Camp » Revue BMP N°190, juill. 2000
Article paru dans Midi Libre du 02-12-1952 et signé Georges Zaclaz (Pseudonyme de François Brousse)
D’un point de vue poétique il y a trois grands chemins qui correspondent aux trois principes de l’être humain : le chemin du corps, le chemin de l’âme et le chemin de l’esprit. On peut dire que ces trois grandes directions sont, en quelque sorte, symbolisées par trois écoles : l’École réaliste, l’École classique et l’École romantique.
Pour l’École réaliste ce qui compte avant tout c’est le corps, je parle du corps physique. Ce corps physique a des besoins comme il a des aspirations, comme il a des puissances et, c’est là , la seule et unique réalité. Derrière chaque école il y a toujours une métaphysique. Derrière l’École réaliste, la métaphysique est très simple : c’est le matérialisme pur – ce qui est normal –, c’est une métaphysique comme une autre, mais ce n’est pas la seule. Cette École réaliste a donné toute une série d’œuvres. Au point de vue poétique, aucune de ces œuvres n’est valable, mais enfin, au point de vue purement littéraire, à travers les grands romans, elle a pu donner une impression de puissance, d’énergie et de vastitude constructrices. L’auteur le plus remarquable dans ce domaine est Zola qui, lui, a été rempli d’un souffle épique et qui a voulu absolument abandonner ce souffle épique pour être le traducteur d’une réalité. Dans le réalisme, ses romans sont remplis d’imagination, de puissance et, malgré lui, l’âme à chaque instant brise la carapace de la matière.
Ensuite, vous avez ce que l’on pourrait appeler la poésie classique. Cette poésie classique est également sous-tendue par une métaphysique, une métaphysique simple qui prétend qu’il n’existe pas que l’intelligence, il existe également l’harmonie. Pour cette école, rien en dehors de l’intelligence et de l’harmonie ne peut toucher l’être humain et n’est capable de traduire la profondeur de l’univers. Cette poésie est également une philosophie. Cette philosophie n’est pas le matérialisme, c’est le cartésianisme. C’est-à -dire qu’à travers le droit, la raison doit être examinée et c’est elle qui porte les clefs de l’univers. Cela a donné d’admirables œuvres, notamment à l’époque classique avec évidemment Corneille, Racine et, dans un sens certain, le grand Molière qui a donné d’incontestables chefs-d’œuvre. Mais il semble qu’il manque toujours quelque chose à ces chefs-d’œuvre. Le vers de Corneille est puissant, il est musclé, il est athlétique, mais il marche sur terre. Il lui manque quelque chose : des ailes.
Or, ces grandes ailes vous les trouvez dans la troisième espèce de poésie, qui, à mon avis – bien que ces trois poésies soient éternelles – a derrière elle autre chose qu’une philosophie classique, purement cartésienne, autre chose qu’une philosophie purement logique : une philosophie métaphysique que j’appellerai la métaphysique de l’infini. Effectivement, c’est ce que l’on trouve dans toutes les œuvres romantiques – et quand je parle de romantisme je ne parle pas simplement du Romantisme qui a fleuri et avec quelle ampleur, quel éclat, quelle puissance, quel génie, au
XIXe siècle en France, en Angleterre et dans tous les pays occidentaux. Je parle du Romantisme éternel. On le retrouve dans Eschyle, dans Homère, dans Shakespeare, dans Hugo. Il y a, semble-t-il, derrière ce Romantisme éternel l’idée que ce n’est pas la raison et l’harmonie seules qui peuvent donner l’image de l’univers essentiel. Ce serait plutôt l’inspiration et, j’ajouterai, mieux que l’inspiration – encore qu’il soit difficile d’avoir mieux que l’inspiration –, en plus de l’inspiration, il y aurait l’imagination constructrice. L’inspiration permanente est créatrice aussi.
Cette poésie, qui est en dehors de toutes les normes, on la voit apparaître essentiellement dans le Romantisme. Elle a derrière elle une métaphysique. Sa métaphysique n’est plus une métaphysique dualiste – dans les vieilles doctrines il y a toujours d’un côté le corps et de l’autre l’âme ou bien il y a seulement le corps.
Dans la métaphysique romantique il y a le corps, l’âme et l’esprit. L’esprit fait que le poète par exemple est un messager des dieux et n’est pas simplement, comme on nous l’a dit, un traducteur d’un état particulier du monde à un moment donné. Il n’est pas non plus le traducteur d’une nature humaine uniquement rationnelle et harmonieuse, il est le traducteur du souffle infini, éternel et parfait qui traverse le plus haut des cieux comme il traverse aussi la profondeur la plus intime de l’être humain. Il est en quelque sorte le traducteur des dieux et le représentant de la divinité sur Terre.
Vous pouvez toujours dire que tous nous sommes les représentants de la divinité sur Terre, c’est vrai, mais il y en a qui la sente plus ou moins. Ceux qui la sentent le mieux, à mon avis, ce sont les grands poètes, les grands mystiques et les grands artistes. Quand Hugo déclarait : « Dieu dictait, j’écrivais », ce n’était pas une métaphore. Il se sentait enveloppé par un souffle infini, par un rayonnement illimité et les grandes ailes des archanges l’enveloppaient tout entier. Je suis en dessous de la vérité, en réalité, c’est lui qui prenait sur son dos les grandes ailes archangéliques. Mais de toute manière, il était en communion avec ce qu’il y a de plus haut, de plus pur et d’éternel dans le monde et au-delà du monde.
Cette troisième métaphysique a donné des poèmes vertigineux, notamment La Légende des siècles. Elle a donné également au Moyen Âge La Divine Comédie et, dans l’Antiquité, Prométhée enchaîné et toute la série des tragédies écrites par le vieil Eschyle. Elle a donné également, les poèmes orphiques que l’on connaît à peine, nous n’en connaissons que des fragments tout à fait admirables. La métaphysique romantique également a donné, dans l’Antiquité hindoue, le Ramayana et le Mahabharata, poèmes que l’on a comparés fréquemment à des éléphants gigantesques, rôdant au milieu des tigres et des lions qui seraient les grandes épopées européennes. Mais l’éléphant a une force colossale, immesurée qui est la force de la vie dans ce qu’il y a de plus majestueux.
François Brousse
« Soirée de poésie et de métaphysique (Paris, 18-01-1985) » dans Revue BMP N°206, déc. 2001-avril 2002
La contemplation de la splendeur, à travers la nature et la poésie, ouvre le chakra du cœur, lequel communique avec l’Amour universel.
François Brousse
« Rapides feux sur le livre d’Esther » dans Revue BMP N°60, sept. 1988
Sagesse et poésie
Investi d’une mission divine, le songeur écrit pour le salut des âmes.
Il montre les deux chemins lumineux escaladant les cimes. Du chemin de la poésie jaillit un éclair qui perce le cœur, du chemin de la sagesse s’élance un orage qui bouleverse le cerveau.
Les poèmes de l’initiateur éveillent les musiques de la joie cosmique, si bien que le lecteur communie avec la suprême beauté.
Les idées du missionnaire brisent les murs de la routine pour que passent tes chevaux fulgurants, Intuition !
Poète et philosophe, tel apparaît le songeur prédestiné qui répand, de sa main immense, les semailles de l’Immesuré.
Jury littéraire
Je n’aime pas les jurys littéraires. Habituellement, ils hissent sur un pavois le vide couronné d’orgueil.
Leurs petitesses jouent à l’étroit dans les villes provinciales comme une nuée de puces savantes. D’ailleurs, comment noter cette lumière insaisissable, cet oiseau des îles sidérales, cette folie divine : la Poésie ! Une telle entreprise avoisine la pure absurdité.
Un jury littéraire comprend presque toujours d’aimables écrivains de second ordre. Ils admettront le talent, non le génie. Leurs mains délicates applaudiront le pékinois des salons, mais se crisperont d’horreur devant le lion debout dans son âpre désert. Il manque à ces pygmées le sens de la grandeur.
François Brousse
« Nos grandes enquêtes sur la poésie contemporaine » dans Revue BMP N°333, Juin 2013
La patrie du génie
Ne touche pas à la lyre sans t’être lavé les mains !
Cette parole du Maître indiquerait, d’après certains commentateurs, un rite de l’Ordre.
Pythagore aurait recommandé à ses disciples de purifier leurs mains dans l’eau lustrale avant de chanter sur la lyre les hymnes consacrés aux dieux.
Mais le symbolisme de ce rite est d’une haute inspiration. L’homme ne peut toucher à la lyre éternelle, la grande lyre des poètes et des prophètes, s’il n’a auparavant abandonné tous les soucis terrestres.
La patrie du génie, c’est la sphère des étoiles.
François Brousse
Revue BMP N°51, nov. 1987Â
Parmi les ruines actuelles, le surréalisme s’érige comme une colonne non encore foudroyée. Il représente la seule école viable dans cette poésie de commencement de siècle (XXe).
Une clef de voûte, un initiateur, un chef central explique sa solidité, tandis que s’effondrent les autres constructions de verre : André Breton, avec l’élan de ses manifestes et l’explosion de ses œuvres, le maintient toujours vivant.
François Brousse
Les Secrets kabbalistiques de Victor Hugo, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1985, p. 33
Il convient d’allumer à nouveau sur les cimes la grande flamme de la liberté. Sans elle, la personne humaine s’efface, et les sociétés écrasantes pourrissent. Avec elle, la pensée s’exalte, la poésie jaillit, le bonheur rayonne, la civilisation reprend sa marche majestueuse vers l’idéal.Â
François Brousse
« Le réveil de l’individualisme », Journal L’Indépendant, Perpignan, Ier juin l968 dans Revue BMP N°239-242, déc. 2004 – mars 2005Â
Extrait
Bachelard dit que l’instant poétique est vertical alors que l’instant de la prose est horizontal, que penses-tu de cette idée ?
F.B. : L’instant poétique est vertical parce qu’il s’envole et la prose n’est jamais qu’horizontale, elle reste banalement dans le monde.
Cela dépend qui l’a écrite.
Maintenant il s’agit de s’entendre sur la prose ! Parce que si c’est Hugo qui l’a écrite, c’est prodigieux, d’accord ! Évidemment si c’est Prévert cela ne va pas très haut !
Et Boileau ?
F.B. : Boileau est quand même curieux. Il est arrivé à être un peu poète. La grâce touche tout le monde, c’est le propre de la grâce, elle tombe sur quelqu’un qui ne le mérite pas ou qui ne semble pas l’avoir méritée et, brusquement, ce quelqu’un écrit un chef-d’Å“uvre.
C’est le cas de François Coppée.
F.B. : Oui. C’est le cas de Coppée par exemple, l’auteur de « L’hirondelle du Bouddha ». Il a écrit cette chose prodigieuse et il ne le savait pas. Il a été touché par la grâce, c’est tout ce qu’on lui demande. Vous remarquerez d’ailleurs que la plupart des poètes, quand ils s’entêtent, finissent par écrire un vrai chef-d’Å“uvre, et puis c’est fini, mais enfin, ils l’ont écrit. Par leur entêtement et leur amour pour la poésie ils rencontrent Dieu, si l’on peut dire, car Dieu est toujours là , Il est en train de nous guetter : nous avons beau nous rouler dans l’imperfection, Il est là et Il tâche de nous éveiller en nous tirant l’oreille par exemple. Il se débrouille toujours pour être le chasseur des âmes et quand les âmes sont prises par Lui, elles rentrent dans l’éternité. Mais attention, je redis ce que je disais : il faut être végétarien, non-violent et avoir une foi parfaite dans son Maître, c’est tout mais cela suffit.
François Brousse
Entretien, 26 juin 1993 dans Revue BMP N°198 à 202, mars-juill. 2001
Â
Les Dieux, ou les Anges, entités au corps tissé de fluide, évoluent dans la zone astrale qui entoure la Terre, zone dont la limite s’arrête aux environs de la Lune. Une sorte de respiration permet aux formes divines de se nourrir des flots vivifiants de l’atmosphère astrale.
Ils aspirent les sentiments d’amour et de vénération qui montent de notre globe, si bien que l’homme juste devient le pain vivant des Dieux. Ils aspirent aussi les idées que roule le mental universel, neuves de feu invisibles d’où jaillissent les révélations. Les Dieux se nourrissent d’adoration et de vérité.
Par analogie, le corps astral des prophètes subit le même phénomène.
Le rêveur religieux, purifié par la méditation, rentre en contact avec les rythmes de l’astral et du mental universels. Habituellement, le premier éveil de l’esprit se manifeste par le sens de la beauté des choses, reflet de la Beauté absolue. C’est pourquoi poésie et prophétie se mélangent intimement.
Tous les grands prophètes furent aussi de grands poètes. Chez les Grecs, Apollon donnait à la fois la vision de l’avenir et l’ivresse de l’inspiration.
François Brousse
Les Secrets kabbalistiques de la Bible, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1987, p. 48
La grande obscurité sacrée repose sur la poésie comme un nuage plein de dieux. Mais à la prose, la clarté suffit.
François Brousse
Revue BMP N°109, mars 1993
La beauté […] serait la manière la plus agréable d’arriver à l’infini.
À travers la beauté, à travers l’art, à travers la poésie, on arrive à l’illumination intégrale. Il suffit de rechercher d’un cÅ“ur pur la beauté éternelle pour être enlevé sur les ailes de l’illumination vers le soleil de la vérité intégrale.Â
François Brousse
Commentaires sur les Proverbes de Salomon – t. I,Â
Clamart, éd. La Licorne Ailée, 2015, p. 51 Â
CÅ’URÂ
La haute poésie
Nous verse l’ambroisie
Heureuse, elle nous mèneÂ
Loin des lourds phénomènes.
Tristesses et chagrins
Tentent ses yeux sereins
Notre troisième oreille
Accueille ses merveilles
On goûte la douceurÂ
Des transcendantes sœurs.
Les pires catastrophes
Craignent le vol des strophes
Et le Seigneur nous prendÂ
Sur son cœur transcendant.
18 mai 1994
François Brousse
Rencontre avec l’Être, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1995, p. 392
On se tromperait de croire que le remuement des cieux rayonnants n’influe en rien sur l’orageuse croissance des chênes.
De même la course circulaire, énorme et coruscante de la poésie vivifie et pénètre d’en haut les fronts tumultueux des races.
Un peuple sans poète est une terre sans azur.Â
François Brousse
Carnets 1928 (Bloc Mémo) dans Revue BMP N°253-257, mars-juill. 2006
POÉSIE
La poésie est la musique
Intemporelle des azurs
Elle foudroie les cœurs iniques.
La poésie est la musique.
Sur les éthers hyper physiques
Elle crée un joyau si dur que
Dieu seul peut dans l’ombre unique
Le condenser en soleils purs.
La poésie est la musique
Qui brise la lourdeur des murs.
La poésie est la musique
Transfigurante des azurs.
7 mai 1991
François Brousse
Les Transfigurations, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1992, p. 55
Poésie et occultisme
Une loi aussi vieille que le monde rapproche la poésie et la théosophie. La plupart des grands écrivains sont aussi de grands occultistes. Sans doute parce que beauté et intuition forment les deux faces du Dieu fantastique dont l’univers est l’émanation.
On ne peut explorer les gouffres de l’âme, surtout avec la frémissante torche de l’idéal, sans faire étinceler les pierreries couvertes d’inscriptions magiques.
Cette loi se manifeste avec force dans le siècle d’or de la littérature française, je veux parler du XIXe siècle. Dans la période qui va de Chateaubriand à Péladan surgissent, comme des volcans, des colosses de flamme et de savoir.
Les Romantiques, surtout, se jetèrent à corps perdu dans les tourbillons du mystère. Lamartine, voyant pour la première fois Jérusalem, sentait en lui, dans un choc, le réveil des souvenirs d’une vie antérieure. Victor Hugo conversait avec les morts, et avait de grandioses visions sur l’avenir du monde et la gloire de l’Au-delà . Alfred de Musset, malaxé par le feu des passions, se dédoublait. Gérard de Nerval, ayant tenté la terrible aventure de l’absolu, sombra dans le suicide. Balzac suivait avec adoration les théories du vaste visionnaire Swedenborg. Péladan, fondateur de la Rose-Croix catholique, enseigna la magie des fées et des chevaliers à l’élite parisienne. Quant à Mallarmé, l’impénétrable, Antoine Orliac, dans son livre Mallarmé, tel qu’en lui-même, a révélé l’aventure spirituelle où s’engloutit le poète d’Hérodiade. […]
François Brousse
« L’expérience spirituelle de Stéphane Mallarmé » dans Revue BMP N°247, sept. 2005Â
La poésie, cette boîte à miracles, renferme toutes les surprises,
y compris la guérison des maladies physiques.
François Brousse
Revue BMP N°125, sept. 1994
La magie de la poésie procède par transfiguration.
Baudelaire par exemple transforme les désirs les plus ténébreux en chants de lumière vivifiante. Il faut écarter la banalité et la grossièreté du sanctuaire où vivent la splendeur et la culmination. La coupe de l’idéal bouillonne de nectars créateurs. Les poètes y viennent boire comme des abeilles attirées par le pollen de l’infini. Ils doivent essentiellement se nourrir d’idées nobles et de sentiments sublimes…
François Brousse
Lettre manuscrite du 8 mai 1978 Ã Michel C.Â
VERS L’AILLEURS
Mon âme, vers l’Ailleurs, dérive doucement ;
Elle boit le nectar des amours immortelles ;
Son aile prend le bleu lamé du firmament,
Sa robe translucide a la mer pour dentelles.
Mon corps désobéit à l’appel des vigueurs ;
Mon corps, cet étranger, flaire toujours ma trace ;
Mais j’écoute chanter, flots transfigurateurs,
Votre violoncelle où l’infini s’enlace !
Bientôt je quitterai la Terre au front vermeil,
La Terre des humains, amertume et démence ;
Bientôt, je m’en irai vers l’éternel Soleil
Où des poètes saints tonnent le rire immense.
Là , parmi les Aînés, Jésus et Valmiki,
Dans le temple absolu dont s’ouvriront les voiles,
Avec Dieu, j’errerai par les parfums exquis
Et je m’engloutirai dans l’âme des étoiles.
François Brousse
Vers l’Ailleurs, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 2005
La poésie nouvelle
La religion future détruira toutes les religions, c’est à dire le catholicisme, l’islam, le judaïsme, l’hindouisme traditionnel avec ses castes et, peut-être aussi, un certain bouddhisme, réaliste et athée.
Tout cela sera complètement transformé par la religion future et elle s’exprimera comme elle pourra, à travers les fusées invraisemblables de ses génies, lesquels créeront toujours une architecture nouvelle, probablement une peinture nouvelle, une sculpture nouvelle et peut-être une poésie nouvelle.
La poésie nouvelle, je l’ai créée, mais d’autres viendront pour essayer de créer quelque chose de nouveau, parallèlement à cela.
François Brousse
Entretien, 30 juin 1990
Poésie
Toi, fille immortelle remonte
Comme un astre aux sources du feu,
Toi, Poésie ardente et prompte
Pareille à l’haleine de Dieu,
Toi qui décores tous les contes
De ton souffle mélodieux,
Héritière des anciens comtes
Prophétesse du rayon bleu,
Ô Poésie aventurière
Flacon de parfaite lumière
Neige verte d’inspirations,
Tu mélanges dans ta poitrine
Les fantasmagories câlines
Et les suprêmes visions.
9 janvier 1994
François Brousse
Rencontre avec l’Être, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1995, p. 149
Autres textes…



























