L’art, chemin de la beauté

La science cherche le définitif, mais n’aboutit qu’au fugitif ; l’art prend l’éphémère et lui confère l’éternel.

François Brousse

Revue BMP, N°286, mars 2009

Tout paysage implique un spectateur. Les planètes désertes, avec leurs couronnes de montagnes et leurs manteaux de plantes fantastiques, sont les tableaux que contemplent les esprits. Pas la moindre nuance du moindre crépuscule n’est perdue. L’Éternel ne fait rien en vain. Ses toiles de mondes et ses statues d’univers offrent un musée permanent à l’admiration des invisibles. Quand l’homme est absent devant l’œuvre de Dieu, les impalpables sont présents.

Ainsi, jamais l’Artiste suprême ne manque d’admirateurs.

François Brousse
Revue BMP, N°63, déc. 1988-janv. 1989

La Beauté n’est pas un artifice né d’un instant et d’un lieu, comme une balle qui crève. Elle est le reflet éternel du Maître absolu, le rayon d’or qui brille sur le front de l’Être suprême. Mais cette énergie éternelle a pour visage l’infinité. Le Beau, loin de s’enfermer dans une école, offre à chaque siècle de nouvelles radiations. Il tire de son coffret inépuisable l’art hindou, l’art chinois, l’art maya, l’art égyptien, l’art grec, l’art persan, l’art chaldéen, l’art gothique, l’art classique, l’art romantique, l’art surréaliste, l’art de la Quatrième Dimension, tous les joyaux du gouffre multiforme. Chaque joyau est taillé pour l’éternité, mais le nombre des joyaux n’a pas de limites.

François Brousse
Revue BMP, avr. 1994

C’est à travers le chemin de la beauté suprême que l’on arrive à la libération, par l’exaltation qu’elle nous procure, par la suppression de tout égoïsme.

Lorsque vous avez un adorateur et un adoré, lorsque vous avez un grand artiste d’un côté et un grand admirateur de l’autre, les barrières de l’égoïsme finissent par tomber, il n’y a plus ni envie, ni haine, ni opposition. Alors on se fond dans un soleil radieux et on devient ce soleil lui-même.

C’est un des rares moments où la triste espèce humaine laisse tomber ses barrières, ses préjugés, ses haines, ses vanités, ses orgueils blessés et finit par s’illuminer jusque dans les profondeurs les plus secrètes de son être. Voilà pourquoi la poésie et l’art ont toujours été associés aux aspirations les plus hautes de l’esprit humain en même temps qu’aux sources les plus claires du génie prophétique et religieux.

François Brousse
Conf., 8 nov. 1977

La première chose à créer, ce sont des chefs-d’œuvre, vous devez créer des chefs-d’œuvre sur la Terre ; vous devez être de grands peintres, de grands poètes, de grands écrivains. Qu’importe ! Il faut que vous soyez grand dans quelque chose.

François Brousse

Entretien, 18 janv. 1995

Celui qui contemple l’œuvre d’un grand artiste finit par devenir lui‑même un grand artiste. Qui peut comprendre Homère si ce n’est Homère ?

François Brousse
Entretien, 25 avr. 1992

DELPHINE

Les rossignols surpris cessèrent leur romance

Quand Delphine aux yeux pers se leva pour danser

Les étoiles s’arrêtèrent dans l’ombre immense

Et l’espace ébloui n’osa plus respirer.

Car l’art humain contient plus que l’éternité.

 

16 septembre 1989

François Brousse

La Rosée des constellations, Clamart, Éd. la Licorne Ailée, 1991, p. 116

La contemplation de la beauté, la méditation du grand livre de Dieu et des grands livres de l’homme, la joyeuse création de l’art ou de la science, la bienveillance envers tous, cela peut suffire à transformer un cœur de pierre en un cœur de rayons.

François Brousse

Revue BMP, N°79-80, juin-juill. 1990

MON NOM

Mon nom est maintenant gravé

En Europe et en Amérique

Le jour de grâce est arrivé

Mon nom est maintenant gravé !

 

Sur mes grands poèmes lyriques

Retentissent à mon chevet

Des dithyrambes pindariques ;

N’oubliez pas l’or satyrique…

Athéna rejoint Iahvé

Pour célébrer l’art achevé

 De mes romances éthériques.

L’Asie les commente à l’Afrique

L’Indus en devient hystérique

 

Mon nom est pour toujours gravé

Dans les soleils allégoriques.

4 décembre 1992

 

François Brousse

Le Frisson de l’aurore, Clamart, Éd. la Licorne Ailée, 1993, p. 346

L’art est le chemin le plus direct pour aller à la métaphysique.

[…] Vous voulez créer dans n’importe quel art, immédiatement vous sentez une flamme s’allumer au fond de votre cœur et cette flamme vous indique que vous êtes sur le chemin de l’impossible et du réel. […] Les grands poètes, les grands musiciens, les grands artistes, les grands architectes, tous doivent atteindre l’illumination, même les danseurs, car la danse est une merveilleuse manière d’aboutir à la connaissance intégrale par la recherche intrépide de la Beauté. […]

On vous dit habituellement qu’il faut traverser des ronces, des horreurs, des tristesses, des souffrances. Pas du tout ! Il faut simplement avoir la joie de créer et consacrer cette joie à la divinité. […]

Tous les arts sont supérieurs, mais, en ce qui me concerne, je préfère la poésie à tous les autres.

La musique fait intervenir l’inconscient et le supra conscient, elle ignore le conscient. La danse peut faire intervenir aussi l’inconscient, mais jamais le conscient. Tandis que tout existe dans la poésie : le conscient, l’inconscient et le supra conscient. C’est l’art définitif par excellence. Hugo a déclaré : « Craignant d’être emportés sur de trop rudes faîtes, / Les poètes ont peur de devenir prophètes. »

François Brousse

Entretien, 25 avr. 1992

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