La liberté

La connaissance ultime, c’est qu’il n’y a pas de fatalité et qu’il n’y a que la liberté divine, et nous sommes tous les enfants de l’éternel et de l’infaillible liberté. 

François Brousse

Entretien, 28 juill. 1992

L’État, la religion, le parti, la patrie, la science, idoles aux têtes de feu, mais pleines de fumée. La seule réalité vivante et concrète, c’est l’individu, marchant libre dans la lumière. Centre solaire, autour duquel tout doit graviter. Sans doute, l’individu forme la cellule du Grand Être humain, l’humanité, le Dieu vivant étendu dans les lieux et les siècles de la Terre. Mais le Grand Être humain appelle l’individu par l’amour, la sagesse, la puissance, trèfle de pierreries dont la tige est la liberté.

Toute doctrine qui tend à supprimer la liberté individuelle tend à supprimer l’élan vital qui porte l’homme vers le surhomme, la personne vers le Grand Être humain, la conscience limitée vers la Conscience cosmique. Quand on se fond dans une collectivité, forcément circonscrite, on trahit le feu divin qui vibre en nous et qui n’a pas de frontières. On prend l’illusoire pour le réel, le chimérique pour le vrai, la souffrance pour la joie, la folie pour la sagesse.

François Brousse
Revue BMP, N°154, mai 1997

La liberté, qui est l’une des trois forces du monde, est nécessaire au développement de l’être humain. L’être humain doit être absolument libre pour arriver à l’Illimité et pour arriver à se délivrer de toutes les chaînes qui pèsent sur lui. […]

Le choix n’est déterminé par rien. […] N’étant déterminé par rien, je suis donc en dehors de toute détermination. Je suis absolument, totalement libre, donc totalement responsable. […]

Il n’y pas d’explication rationnelle à la liberté.

François Brousse
Entretien, 29 juin 1991

L’homme est capable d’agir, d’aimer, de désirer et d’aspirer comme un dieu, auquel cas il n’a plus besoin de revenir sur la Terre.

Ou bien alors il agit, il aspire et il désire comme un homme et dans ce cas il reviendra sur la Terre sous une forme humaine.

Ou bien alors il agit, il désire et il aspire comme un animal, auquel cas, j’ai le regret de vous le dire, nous retombons dans le cycle infernal de l’animal, pour en sortir d’ailleurs.

François Brousse
Conf., Perpignan, 5 oct. 1976

Les mages ont d’autres devoirs que les hommes ordinaires. Ils ont aussi d’autres libertés. Les deux cercles s’entrecoupent en un lieu fondamental : « Tu ne tueras Point. » C’est le clou de diamant où sont suspendus les astres.

François Brousse

Revue BMP, N°155, juin 1997

Quand l’homme préfère le glaive des dictateurs à la rose des princes ésotériques, l’heure de la mort sonne lentement. Le cycle de vie se termine et les désintégrations commencent.

François Brousse
Revue BMP, N° 70-71, sept.-oct. 1989

LIBERTÉ

Dans les lis et les mirabelles,

Sous le gouffre bleu de l’été,

Les âmes brodent d’étincelles

La robe de l’immensité.

 

Par les lueurs surnaturelles

Qui tombent d’un ciel enchanté,

Je veux redéployer tes ailes,

Ô grand archange, ô Liberté

 

Bonheur, Amour, Intelligence,

Ta main royale les condense,

En une montagne de feu !

 

Jardin aux éternelles pommes,

Liberté, fier regard des hommes,

Œil irrésistible de Dieu !

François Brousse

De l’autre Cygne à l’un,
dans Œuvres poétiques – Tome II, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1988, p. 373

Celui qui a rejeté les entraves de la souffrance et de la maladie, des passions et de l’égoïsme, des erreurs et de l’orgueil, celui‑là est véritablement libre. Il voit l’esprit du Seigneur, il lui reste à conquérir la liberté suprême. Briser les murs de son individualité et posséder la Conscience cosmique.

François Brousse

Revue BMP, N°126-127, oct.-nov. 1994

PROTESTATION

Envolons‑nous, envolons‑nous !

Les réalistes forcenés

Veulent fermer les noirs verrous

Sur nos élans illuminés !

 

Nous sommes les soleils renés

Dans l’azur aux brûlants remous

Tous les séraphins étonnés

Viennent embrasser nos genoux.

 

Montons, montons, montons encore

Dans l’amour qui chante l’aurore

L’immesurable veut éclore

 

Nos grandes ailes immortelles

Percées de millions de prunelles

Laissent une âme derrière elles.

 

Chevauchons le dragon mystique

Dans les cyclones fantastiques

Des rosaces métaphysiques.

 28 décembre 1989

François Brousse

La Rosée des constellations, Clamart, Éd. la Licorne Ailée, 1991, p. 193

Il existe trois forces errantes dans le monde : la providence, la fatalité et la liberté humaine.

La providence s’exprime par l’amour, la sagesse, la beauté, la justice, toutes les vertus divines, et par l’arrivée des grands maîtres qui prennent le monde dans leurs bras et l’élèvent comme une offrande vers la divinité.

Quant à la fatalité, elle s’exprime par le karma qui nous rive dans le passé à des fautes que l’on a oubliées et qui nous contraignent à corriger des erreurs et des imperfections.

Toutefois arrive la troisième puissance, la liberté humaine. Nous pouvons choisir et l’homme est libre. C’est une des vérités que je qualifierai d’absolue.

L’homme est libre et la liberté humaine est le reflet de la toute-puissance divine, ce qui explique qu’il puisse, malheureusement, parce qu’il est libre, choisir le mal plutôt que le bien. Mais quand il aura choisi le mal des centaines et des milliers de fois, il finira par s’en lasser. D’autant plus que le mal a toujours des arrières goûts amers. Il est très difficile de trouver des êtres heureux parmi les êtres méchants. C’est même impossible. Ils sont presque tous tristes et désespérés ; et même s’ils arrivent à une joie, que l’on peut qualifier de démoniaque, elle ne sera jamais que passagère.

François Brousse

Conf., 30 nov. 1989, Perpignan dans Philosophies, Clamart, Éd. La Licorne Ailée,  2011, p. 291

LIBERTÉ

Sous le temple abyssal des ramures

Ayant pour fidèles les chouettes blanches

Et pour cloches les cris de l’ouragan,

Sur le parvis des montagnes,

Les druides pensifs t’ont érigée,

Ô statue de lumière et de flammes,

Ô déesse qui recrée les peuples

Ô porteuse de stalactites,

Ô Liberté !

François Brousse

L’Enlumineur des mondes
Dans Œuvres poétiques – Tome I, Clamart, Éd. La Licorne Ailée, 1986, p. 272

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