Respect
J’ai pénétré dans l’aventure
Par des passages souterrains.
L’éléphant blanc est ma monture,
Je m’abandonne au vent marin.
Respect
J’ai pénétré dans l’aventure
Par des passages souterrains.
L’éléphant blanc est ma monture,
Je m’abandonne au vent marin.
Novateur
Contre les monstres au front morne
Le novateur porte l’assaut
Des étoiles et des licornes
Son sein brûlant contient le sceau.
Il abolit toutes les bornes
Il protège les grands berceaux
Touches
Une touche de lumière sur la mer,
Une touche de sagesse sur les paupières,
Nous quitterons le nid des pierres
Nous quitterons les lourds enfers.
Unité
Sous le flamboiement grandiose
L’univers se métamorphose…
Tout n’est qu’un songe extravagant
Au destin, je jette mon gant.
Démesure
Explorateurs, découvrez‑vous !
Devant Dieu tombez à genoux !
Car c’est Lui qui crée toute chose
Au coeur du chêne et de la rose.
La fente
Lorsque la nuit s’épanche
On dirait que Dieu penche
Son visage vers nous
La gloire se renoue.
AVERTISSEMENT
Je livre au lecteur ces poèmes qui remontent aux premiers âges du monde. Ils furent écrits lorsque j’avais entre dix et seize ans. C’est l’époque de l’aurore primordiale. Le poète enfant hésite au bord du nid avant de s’élancer dans les périls du zénith.
Post face
L’aurore et l’infini sont ses sublimes draps,
Son rêve fait jaillir des tourbillons de mondes
Il attend sur l’abîme, où les étoiles grondent,
Le chevalier futur qui le réveillera.
Car un nouveau Merlin de l’informel viendra
Le 15 mai 1935, François [Brousse] termine un essai, Par le soupirail du rêve. Parmi cinquante-deux de ses rêves qu’il a notés, trente-deux figurent dans cette étude. Certains feront l’objet d’une écriture poétique, qui paraîtront ensuite dans La Tour de Cristal. […]
Dans cet ouvrage, le chapitre le plus important traite des rêves prémonitoires, mais l’auteur développe d’autres aspects du rêve qu’il résume ailleurs ainsi…
Le théorème
Je provoque le transfini,
Je sollicite l’absolu,
Je suis la volupté des nids
Et la majesté des élus…
L’écriture
Par la profondeur glauque
Des rêves équivoques,
J’entrevois la splendeur
Des vastes rédempteurs…
Connaître
Le sourire de l’astre épouvante l’abîme,
Les crapauds ont bavé une sueur d’étoiles,
Le temps râpe mon coeur de bronze sous la lime,
L’épouse du soleil ôte ses sombres voiles
La plainte de l’enfant
J’ai faim, j’ai froid, Seigneur… Je vais de porte en porte
Montrer aux cœurs humains mes habits miséreux
Mon aspect maladif importune, de sorte
Qu’on me chasse souvent du banquet des heureux.
Tous les livres| Poésie | Essais | Romans | Revue BMP | Anciennes éditions | AutresCommentaires sur l’Apocalypse de saint Jean, t. IClamart, Éd. La Licorne Ailée, 2001 – 19 eurosOUVRAGES DU MÊME AUTEUR 3 AVANT PROPOS 7 PREMIÈRE PARTIE 9 JEAN, LE SECOND CHRIST 11 DEUXIÈME PARTIE 29 LE PLAN DE L’APOCALYPSE...
Les cerises
Lorsque reviendra le temps des cerises
La liberté sainte emplira nos coeurs,
Les tyrans fuiront sous le choc des brises
Tous les continents chanteront en choeur.
Dernier poème avant le décès de François Brousse
J’ai traversé les sept cités
La cité de l’inconscience
La cité de l’inconnu
La cité de l’imperfection
La cité de la lumière…
ANTHOLOGIE POÉTIQUE
Une anthologie de la poésie de François Brousse, un choix de 108 poèmes parmi plus de 5 000, écrits entre 10 et 82 ans, par une trentaine de ses proches.
Les dieux du Nord
Calmes dans la lueur nocturne de la neige,
Vieillards au front d’airain, dieux glacés des frimas,
Essor de hérons noirs que la foudre enflamma,
Vous fuyez sous le dais auroral des Norvège ;
Mystérieuse toi
Dans la lumière d’or qui tremble au jour levant
Je vois bondir ton cœur vivant,
Et dans l’éclair d’argent qui luit sur les eaux frêles
Je vois flotter tes mains surnaturelles…
Ses yeux
Est-ce une étoile vagabonde ?
Est-ce un paon bleu qui resplendit ?
C’est une jeune fille blonde
Dans la lumière de midi.
Ses regards, me prenant pour cible,
Sont comme une armée invincible.