Respect
J’ai pénétré dans l’aventure
Par des passages souterrains.
L’éléphant blanc est ma monture,
Je m’abandonne au vent marin.
Respect
J’ai pénétré dans l’aventure
Par des passages souterrains.
L’éléphant blanc est ma monture,
Je m’abandonne au vent marin.
Présentation
Poésie langage de l’âme réunit cinq conférences de François Brousse sur la poésie
Extrait
Troisième et dernière qualité du poète, il apporte une illumination. Celui qui lit certains poèmes est traversé brusquement par une sorte de profondeur sacrée, il n’est plus sur le plan humain mais sur le plan divin.
L’humanité commence par adorer les héros sauvages qui répandent le sang des victoires.
Elle adore ensuite le technicien dont la fatale science désintègre les peuples et défigure Dieu.
L’humanité adorera dans le futur les poètes, démiurges des mondes surnaturels, et finira son cycle dans l’adoration des sages en contact avec les énergies angéliques.
Les sages sont les yeux de l’humanité, les poètes en sont la voix. Quand les yeux se ferment et la voix se tait, une ère de ténèbres tombe sur les peuples.
L’intuition des poètes précède toujours le travail des savants. Quand les fourmis arrivent dans la forêt, les aigles l’ont traversée depuis longtemps.
Les grands poètes nagent à contre-courant. Le fleuve de la vie sociale les presse et les étouffe. Comment sortir de cette eau gluante ? Un seul chemin : la volonté. Certitude d’une mission surhumaine. Joie de lutter seul contre tous. Volupté de faire scintiller l’étoile dans l’horreur des ténèbres. Orgueil et bienveillance.
L’avenir remplacera le culte des saints par la religion des grands hommes : poètes, écrivains, artistes, philosophes, et rejettera complètement l’idolâtrie des fanatiques ou des conquérants.
Quant aux savants, seuls les astronomes méritent qu’on leur dresse des autels. Les autres ont trop fait de mal à la Terre et à l’homme.
La sagesse est la découverte des secrets essentiels du monde et, en même temps, de pouvoir réaliser dans son corps et dans sa vie… Un sage peut surgir à n’importe quelle période de l’histoire. En Inde, comme en Occident. Ce propos est de François Brousse, le sage catalan.
Un but : la connaissance « intégrale et parfaite » de la Vérité qui est « immuable et invariable », toujours métaphysique. Une éthique : essayer de développer l’Esprit « qui est en nous. » Le développer par tous les moyens, l’intelligence, l’intuition et le sens esthétique…
Pour le joindre, pas une adresse, mais plusieurs : rue de la Lanterne d’abord où ses fidèles se rassemblent tous les soirs de 18 à 19 heures. Mais vous pouvez aussi le « choper » en fréquentant le salon de thé de la Rive droite, le café de la Loge et autres lieux publics où il tient son auditoire sous le charme de la conversation. Mais n’allez pas croire que cet admirable orateur à la mémoire phénoménale se contente d’être un conteur d’histoires.
Non ! François Brousse est avant tout un philosophe. Par profession d’abord !
Des hommes et le roussillon, François Brousse (1913-1995), poète, penseur et philosophe.
On dit de lui qu’il est « l’homme aux cents visages » tant sont vastes les domaines dans lesquels il s’est aventuré et imposé. À la fois poète, philosophe, penseur, romancier, historien, journaliste, astronome, métaphysicien, idéaliste, il fut parfois occulté, traité d’illuminé mais son œuvre ne peut laisser indifférent tout esprit ouvert de notre temps.
Il y a dix ans s’éteignait le poète et philosophe François Brousse, natif du Roussillon. Ces 25 et 26 octobre au Centro español, l’auteur inclassable et son œuvre féconde font l’objet d’un hommage.