Conférence, Prades, 19 décembre 1983
« Quand vient l’orgueil, vient aussi l’ignominie » et « la sagesse est avec les humbles » Proverbes (XI, 2). Il s’agit de l’orgueil des hommes puissants et forts qui sont sur la Terre. Que va-t-il se produire ?
Conférence, Prades, 19 décembre 1983
« Quand vient l’orgueil, vient aussi l’ignominie » et « la sagesse est avec les humbles » Proverbes (XI, 2). Il s’agit de l’orgueil des hommes puissants et forts qui sont sur la Terre. Que va-t-il se produire ?
La tête de Jésus dépassait les apôtres
Le front de Pythagore éclipsait les songeurs
Le regard du Bouddha troublait les profondeurs
Le vaste dieu Krishna éclipsait tous les autres.
Le puissant Inspiré déchire les hauteurs
Que bâtirent en vain les sombres millénaires
Le sourire du sage abolit les tonnerres
Il impose la majesté des Rédempteurs.
Sur la terre au coeur froid succombent les espoirs
Mais l’aurore, comme un oiseau de feu, s’envole.
L’homme passe en pleurant, plus sombre que les soirs,
Pourtant sur son front luit l’éclatante auréole.
Des milliers d’arcs en ciel illuminent le pôle
Les escadrons du rêve assaillent les manoirs
Où la face des morts sourit dans les miroirs,
Et la fleur de l’abîme entrouvre sa corolle.
Je m’enfonce dans le lointain
Avec la divine imprudence
Des conquérants du ciel latin
Envoyés par la providence
Pour briser les sceptres hautains
Et ressusciter l’espérance.
La Chine, ce monstre fatal
Qui brûle l’homme en sa fournaise,
Un jour connaîtra l’idéal
De la Révolution française.
Ils demandaient la vie éternelle à genoux.
Et le bonze, attentif au hurlement des loups,
Contemplait un troupeau de démons, yeux de braises,
Dans l’espace où les grands ouragans sont à l’aise
Le don des langues vole en farouches visions.
Je suis le dieu du bien, je suis le dieu du mal
J’erre, étranger masqué, dans la cohue humaine.
Sous un double rayon d’archange et d’animal,
Un caprice inconnu vers les hauteurs me mène.
Par ta torche céleste, ô Dieu, tu m’as brûlé.
Mon esprit, dans le feu, goûta l’intelligence.
Ton mystère de gloire éternelle s’élance
Comme un griffon géant dans le gouffre étoilé.
Le matin déployait sur les montagnes roses
Ses ailes d’écarlate aux frissons éclatants,
Et les gouffres environnaient l’aigle titan
De votre orgue effrayant, ô forêts grandioses !
Si Lucifer est le malin
Le grand Être l’est plus que lui
Le bond fantasque du félin
Dans les commencements reluit.
Tu songes loin de moi, je rêve loin de toi,
Nous vivons solitaires.
Quand viendra le soleil, éblouissant les toits,
Émerveillant la Terre ?
Les oracles venus
Des mondes inconnus
Portent dans nos poitrines
Des danses purpurines
Le Principe sans Cause
Avec les anges cause
J’ai traversé le drap des morts
Et la plainte insensée des mondes
Les cités de naguère et les rondes
M’ont dévoilé tous leurs essors.
Une rose, un baiser, caressant ses flots lents,
Illuminent la mer interminable et sombre
Et des tisons de pourpre aux chocs étincelants
Commencent à rouler sur sa crinière d’ombre.
Les astres alanguis meurent dans la pénombre…
L’humain qui s’unit à lui-même
Peut résoudre tous les problèmes
Les pontifes s’effaceront
Devant la flûte d’Obéron !
Une lettre hébraïque est pleine de mystère
Une lettre française est pleine d’infini.
Elles dominent les lions et les panthères
Une lettre hébraïque est pleine de mystère.
L’homme cherche toujours Dieu en dehors de l’homme, c’est là l’erreur initiale :
l’homme et Dieu sont identiques.
Réponse
F.B. : Le conte est rempli de rêves, d’illuminations, d’étrangetés, d’extases, d’effacements et d’évasions. Toute la poésie n’est qu’un conte. Un conte merveilleux qui nous raconte une multitude d’histoires merveilleuses de façon à ce que nous oublions tout ce que la Terre a pour nous de lourd, de terrible et de pénible. Le conte est donc essentiel. Il n’existe peut être pas un seul grand poème dans lequel il n’y ait un conte, histoire merveilleuse faite pour des enfants. Si nous ne conservons pas jusqu’à la fin de notre vie l’innocence et la pureté des enfants, nous n’arriverons jamais à l’Illumination.
Pour le joindre, pas une adresse, mais plusieurs : rue de la Lanterne d’abord où ses fidèles se rassemblent tous les soirs de 18 à 19 heures. Mais vous pouvez aussi le « choper » en fréquentant le salon de thé de la Rive droite, le café de la Loge et autres lieux publics où il tient son auditoire sous le charme de la conversation. Mais n’allez pas croire que cet admirable orateur à la mémoire phénoménale se contente d’être un conteur d’histoires.
Non ! François Brousse est avant tout un philosophe. Par profession d’abord !