Extrait
LA REINE
La véritable reine
Sous le ciel rutilant
Reste toujours sereine
Malgré les goélands.
Les vêtements du Mage
Brillent de cent couleurs
Ils incarnent l’image
De l’incroyable Ailleurs.
Extrait
LA REINE
La véritable reine
Sous le ciel rutilant
Reste toujours sereine
Malgré les goélands.
Les vêtements du Mage
Brillent de cent couleurs
Ils incarnent l’image
De l’incroyable Ailleurs.
Cette rencontre est un poème
Tissé d’extase et de soleil,
Il enchante notre sommeil
Cette rencontre est un poème.
Comme un long verre de Bohême
Il vibre d’âme et de réveil
Quel délire serait pareil
À cette dérive suprême ?
Lorsque je murmure « je t’aime »
La Lune jette un feu vermeil.
Notre rencontre est un poème
Scandé par l’éternel soleil.
Extrait
Que tombe la pluie printanière,
Elle féconde la cité.
Le ciel vif voile sa clarté,
Que tombe la pluie printanière.
Tu retrouveras la lumière
Au coeur noir de l’éternité.
Même le morne cimetière,
Se réveille à l’immensité.
Comme l’ombre de l’homme est le fantôme noir
D’un vivant organisme aux merveilleux pouvoirs.
De même la conscience humaine n’est que l’ombre
D’un dieu prodigieux qu’emplit l’infini sombre.
Extrait
Je veux jouir d’une lumière incomparable
Et la verser, cette lumière, à l’univers
Les éons s’aiment dans l’érable
Floréal caresse l’hiver.
Pas d’enfer éternel ! Pas de maux incurables,
L’esprit saisit le corps et rayonne au travers.
Un sculpteur incommensurable
Remodèle tous les pervers.
Extrait
Le mage osera toucher
Le soleil effarouché
Comme un infaillible archer
De sa flèche inévitable.
Dans les convulsions de l’air
Il ébranle Jupiter
Malgré les anneaux d’éther
Comme un pâle connétable.
Extrait
Il a perdu le nom
De sa première amante
Comme un coup de canon
Sur la mer écumante,
La flamboyante mante
Chasse l’impur démon
Un brigand se lamente
Sur le sein de Ninon.
Extrait
Le coq, dressé sur l’ergot,
Brave la nuit colossale,
La femme est le fandango
Qui fait tressaillir l’étoile …
L’aube portant le fagot
Pour brûler la cathédrale
Pose le puissant argot
Des langues primordiales…
Extrait
L’Avatar est parfait. Il dompte la panthère,
Il console le monde, il trace le chemin.
Même quand il est homme il pense en surhumain
Son âme luit, saphir que nulle ombre n’altère.
Des planètes du gouffre aux jardins de Cythère,
Son rêve est une flamme et son verbe une main
Il montre aux malheureux l’éternel parchemin
D’où le mot Paradis illumine la Terre.
Extrait
Les ultimes années
D’un Maître sont toujours
D’épreuves couronnées
Par l’énigme des jours.
Le terrible séjour
Parmi les fleurs fanées
Lui donne le bonjour
Des fauves destinées.
Extrait
Je prendrai pour monture
L’aventure
Et je m’envolerai
Dans l’arrêt ;
L’oréade cynique
Communique
Son orgie effrontée
A l’athée.
Extrait
Les sonnets de Pétrarque
Roucoulent sur la barque
Ils invitent le ciel
A nous verser son miel
L’iris des marjolaines
Se mêle à nos haleines
Je vais sans hésiter
Vers l’éternel été.
Extrait
Je suis agenouillé,
Devant la Poésie,
Sur le gazon mouillé
Qui, de jasmins d’Asie
À corolle choisie,
Est émaillé.
Extrait
Oui, l’homme passe sur la Terre,
Comme un reflet plaintif sur l’eau !
Le souvenir se désaltère
Dans la fontaine des sanglots !
La splendeur des grands temples tombe,
La perle des plaisirs s’éteint
La croix terrible de la tombe
Luit dans l’implacable lointain.
Extrait
Ceux qui jettent le créateur
Pour adorer la créature
N’ont pas du ciel rénovateur
Ressenti la fine structure.
Ils se livrent à l’aventure
Du vieux diablotin menteur
Et n’aspirent pas la senteur
Du diamant qui transfigure.
Après avoir prié le vrai Dieu, nos douleurs
Nous reviennent parées et couronnées de fleurs
Et la sérénité des étoiles descend
Comme une pluie d’été du ciel adolescent.
La plume des azurs connaît bien la syntaxe
L’immortel vient parler à l’infini des axes.
Extrait
Vais je écrire une diatribe
Contre les rimailleurs du jour ?
Des vérités je suis le scribe
Je brandis le glaive si lourd…
La mer qui chante près d’Antibes
Viendra sans doute à mon secours
Elle me répand son amour
Le soleil flamboyant m’exhibe.
Extrait
Jésus Christ, fils de Dieu,
A perdu son enjeu ;
Il nous captive peu.
Son enfer nous fait rire
Nous réservons nos lyres
Orphée ou Pythagore
Hermès qu’un feu colore
Et les deux Isidore,
Bouddha rempli d’aurore
Nous émerveillent mieux.
Extrait
Toute lumière est une larme
Qui tombe sur les fronts humains.
Le souffle de Dieu nous désarme
Quand nos cœurs pressent ses mains.
Seins de miel, bouches de carmin,
Sceptre d’empereur qui nous charme.
Cela vaut il les bleus chemins
Loin des douleurs et des vacarmes ?
Extrait
J’aime l’aurore aux plis de moire
J’aime le visage des dieux,
À la fontaine où je viens boire
Se réfléchissent les grands cieux.
Météore prémonitoire,
L’énigme caresse mes yeux,
Dans ma transcendante mémoire
Tourne un passé vertigineux.